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"A l'ouverture du Forum, voici une semaine, une personne sur six n'avait pas accès à l'eau potable. La déclaration finale du Forum ne vient que renforcer ces statistiques" commente Philippe Weiler, responsable du programme eau douce de la section belge du WWF. Pour lui, la déclaration finale du Forum Mondial de l'Eau n'offre pas de solution tangible à la crise de l'eau dans le monde, les Ministres présents à la conférence de Mexico n'ont pas progressé dans ce dossier et n'ont pris aucun nouvel engagement.
D'un côté il y a la position des autorités internationales selon laquelle, même si les perspectives apportées par le secteur privé ne satisfont pas toutes les attentes des pays du sud, elles doivent être maintenues. De l'autre, les ONG redoutent que le développement des compétences en matière de gestion de l'eau par les Pays du Sud ne soit compromis par la forte incitation à ouvrir leurs frontières aux multinationales du Nord dans le cadre de l'OMC (voir article lié). Force est de constater alors que ce Forum, une fois de plus, n'a pas permis de dégager un consensus ni de solution satisfaisante pour régler le problème international de l'eau. Au moins aura-t-il eu le mérite de poser dès le départ l'un des enjeux majeurs de la question en choisissant pour thème "Un problème global, des solutions locales."
Polémique autour des barrages
Pour autant, il est surprenant que l'une des réponses qui a émergé lors de ce forum fut celle de la construction de barrages, notamment en Afrique. En effet, partant du constat selon lequel les capacités hydroélectriques ne sont quasiment pas exploitées sur ce continent, privant une majorité de la population d'un approvisionnement régulier en énergie et donc de l'utilisation de pompes pour extraire l'eau des puits, plusieurs délégués ont proposé de construire de grands barrages comme solution aux problèmes de ressources et d'accès à l'eau et à l'énergie. Jamal Shagir, de la banque mondiale, a ainsi déclaré "L'investissement dans les infrastructures hydroélectriques n'est plus un choix pour l'Afrique mais une nécessité," rapporte l'agence AP. Haoua Outman Djame, le ministre tchadien de l'Eau, a convenu également que de tels investissements à la fois dans les l'eau et les infrastructures hydroélectriques pourraient à long terme éradiquer la pauvreté.
Pour le WWF, l'engouement accru des gouvernements pour des projets d'infrastructures à grande échelle, comme les barrages, ne répond pas aux besoins immédiats des populations. "On accorde beaucoup d'attention à ce genre de construction, mais trop peu cependant lorsqu'il s'agit de préserver les écosystèmes d'eau douce, vitales pour les populations et la nature," ajoute Philippe Weiler. " Or, quelle sera l'utilité de ces grands barrages sans eau ? " L'ONG regrette que les gouvernements présents à Mexico n'aient pas saisi l'occasion pour apporter des solutions concrètes aux populations du sud. Le WWF plaide ainsi pour la restauration de milliers de petits barrages de village qui pourraient alors profiter aux villages les plus éloignés et demeure convaincu que la solution se trouve dans une meilleure gestion des fleuves, des rivières et des zones humides.
Pour une reconnaissance du "droit à l'eau" ?
Face à l'envergure et l'enjeu du problème de l'eau, Loïc Fauchon a lancé un appel à une mobilisation de tous les acteurs au niveau international pour "mener la guerre à l'eau." Il a souligné la faiblesse des investissements dans le secteur de l'eau et le manque de volonté politique face aux enjeux. Ainsi, il souhaite que le "droit à l'eau" soit reconnu comme un élément de la dignité humaine. Par ailleurs il a clairement invité la communauté internationale à admettre le fait qu'elle devra financer les projets d'infrastructures des pays les plus démunis. La déclaration ministérielle qui sera publiée mercredi dira si cette perspective est retenue. Dans ce contexte d'annonces et d'intentions, le WWF craint surtout que trop d'efforts ne soient consacrées aux grands travaux au détriment de la préservation et déclare toujours attendre du concret.
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