Bretagne : des eaux malades de la pollution

Planète \Ressources naturelles \Eau

Publié le 07-01-2003

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Personne ne le conteste, la qualité des eaux bretonnes est mauvaise.En février 2002 la Cour des comptes rappelait qu'à lui seul, le programme de lutte contre la pollution des eaux en Bretagne a coûté 310 millions d'euros entre 1993 et 2000, sans apporter d'amélioration notable.

Il y a d’abord les nitrates. Un dépassement du seuil réglementaire de 50 mg/l est observé dans un captage sur cinq. Ensuite, les rivières bretonnes – dont la Cour des comptes rappelle qu’elles constituent 80% de la ressource en eau des Bretons – sont surchargées en produits phytosanitaires (contamination quasi-chronique par l’atrazine et l’isoproturon). Enfin, souligne la Cour des comptes, « la prolifération des algues vertes sur le littoral a pris en Bretagne une ampleur considérable, tant par sa régularité que par son extension sur les côtes au cours de ces vingt dernières années ». Aujourd’hui 40 à 80 sites bretons sont victimes de « marées vertes ».

Personne ne conteste non plus le lien entre ces pollutions et le développement des activités agricoles. « La formidable croissance de l’agriculture a permis de fixer des emplois dans la région. Mais la modernisation des techniques s’est aussi traduite par une croissance forte des intrants et la taille faible des exploitations a poussé à un développement des élevages hors sol. La pression excessive sur les ressources de l’espace rural est aujourd’hui manifeste : la ressource en eau bien sûr, mais aussi les autres ressources naturelles en sont affectées », exposent les chercheurs Louis-Pascal Mahé et Philippe Le Goffe, dans un rapport de l’Inra remis à la Préfecture de Bretagne en juin 2002.
Pour remédier à cette situation, Louis-Pascal Mahé et Philippe Le Goffe propose de fixer des objectifs économiques et sociaux à long terme. Il faut, disent-ils, « un niveau d’activité et d’emplois, viables économiquement et en harmonie avec les ressources de l’espace rural et avec la société. Il s’agit de rendre compatible la durabilité économique et la durabilité environnementale ». La Charte pour une agriculture bretonne pérenne prend en compte ces préoccupations. La préfète de Bretagne, Bernadette Malgorn, a reçu des ministres de l’agriculture et de l’environnement mandat pour l’application des principes de cette charte, en essayant d’accorder les préoccupations des agriculteurs, des organisation de protection de l’environnement et des élus locaux. Mais, prévient le rapport de Louis-Pascal Mahé et Philippe Le Goffe, ces objectifs ne permettent pas de « conclure a priori qu’il faille maintenir les volumes de production. Tant que le secteur agricole produit de la valeur permettant la rémunération convenable d’emplois dans le secteur sans créer de dommages excessifs, il n’y a pas de raison de le freiner ».

W.B.
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