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Téléphones portables et agendas électroniques, caméscopes, appareils photo numériques, jouets, baladeurs, outils sans-fil… Le développement des appareils mobiles induit la production et la consommation de plus en plus importante de piles, batteries et autres accumulateurs auprès du grand public.
Selon la dernière estimation de l’Observatoire des piles et accumulateurs, mis en place par l’Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie (Ademe), 20 301 tonnes de piles et 104 155 tonnes d’accumulateurs ont été mis sur le marché en 2002, dont, respectivement 46 % et 55 % ont été vendus à des ménages.
Dans le même temps, la filière de recyclage de ces déchets spéciaux commence à peine à se développer. Dans le même rapport, l’Ademe indique qu’en 2002, le taux de collecte des piles dépassait tout juste les 30 % (en 2001, 17 % !), soit 6 460 tonnes récupérées. Ainsi, près de 70 % des piles vendues en France sont jetées dans les décharges, les ordures ménagères ou tout simplement dans la nature…
Une situation européenne contrastée
Epilogue du cas Zimaval
Un an après la faillite de la société de recyclage Zimaval qui avait abandonné pas moins de 3 500 tonnes de piles, accumulateurs et déchets, l’Ademe indique que la quasi-totalité des déchets a été recyclée. Conformément à la législation, les piles qui restent sous la responsabilité du fabricant et de l’utilisateur jusqu’à leur fin de vie, ont été renvoyées vers les anciens clients de Zimaval. Avec la Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement (Drire), ils ont dû prendre en charge leur recyclage. A l’heure actuelle, il reste environ 200 tonnes à traiter. « La véritable leçon à en tirer revient à fiabiliser les filières mises en place avant de communiquer dessus », indique Sarah Martin de la direction de l’industrie - département prévention et valorisation des déchets de l’Ademe.
A titre de comparaison, en Belgique alors que 3 955 tonnes de piles et accumulateurs ont été mises en vente en 2002, 59 % ont été récupérées. En Allemagne, en 2001, sur 33 378 tonnes vendues, 39 % ont été collectées. D’autres pays de la communauté européenne comme la Grèce, l’Italie et le Portugal, n’ont toujours pas mis en place les directives européennes.
Pourtant les obligations légales au niveau européen datent du début des années 90. A l’origine, une directive de 1991 rend obligatoire le recyclage des piles contenant des substances dangereuses (mercure et cadmium). Ce n’est pourtant qu’en 1997 qu’elle est transcrite en droit français pour donner naissance au décret n°99-374 du 12 mai 1999 complété par l’arrêté du 26 juin 2001 et généralisant le principe de collecte et de valorisation à l’ensemble des piles et accumulateurs. Sur ce point, au moins, la France est en avance : en décembre 2003, un projet de directive européenne prévoit d’étendre le recyclage à tous types de piles et accumulateurs.
Un train sans locomotive
Pour le reste, le retard français s’explique d’autant moins que les structures de collectes et de valorisation existantes sont suffisantes pour couvrir la consommation en piles et accumulateurs de toutes sortes. En effet, sur l’ensemble de l’Hexagone, on dénombre environ 20 000 points de collecte et 11 sites de recyclage capables de traiter ces déchets en fonction de leur nature (piles alcalines, salines, bouton et bâton avec mercure, lithium, zinc air, accumulateurs et batteries au plomb). Enfin, pour coordonner les processus, une vingtaine d’entités, financées par les fabricants et importateurs, est conventionnée par les pouvoirs publics.
Justement, le grain de sable ne serait-il pas la multiplicité des acteurs en place et le manque de coordination nationale ? Eux-mêmes le reconnaissent. « Le système est très atomisé, regrette Philippe Oudeyer, directeur général de la Screlec (Société de collecte et de recyclage des équipements électriques et électroniques), avec environ 14 organisations qui mènent une succession d’initiatives particulières, sans véritable moyens nationaux ».
Un message pour mobiliser
Difficile dans ce cas de sensibiliser le consommateur-citoyen à un message fédérateur. Pour preuve, les fabricants de piles et accumulateurs restent très discrets sur le sujet : ils doivent parvenir à s’entendre afin d’élaborer et fournir un message cohérent auprès du grand public.
Toutefois, une tentative émane du Fonds Français pour la Nature et l’Environnement soutenue par EDF et ONYX (filiale de Veolia Environnement) pour mobiliser l’ensemble des opérateurs de la filière sans oublier le grand public. Cette opération est relayée auprès des écoles avec l’appui des magasins Leclerc, et dans les mairies de Paris avec PlasticOmnium.
La capacité de la société française à traiter ces déchets spéciaux est un enjeu majeur car « le problème des piles et accumulateurs est en fait le prémisse à un problème bien plus important auquel nous serons confrontés à l’horizon 2005 : celui du recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques », avertit Philippe Oudeyer.
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