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Le BTP et les déchets de chantier

Chaque année, 30 millions de tonnes de déchets et d'excédents de chantiers sont produits par l'industrie du bâtiment et 280 millions par les travaux publics. Les enjeux sont énormes. Pour autant, la prise en compte des contraintes environnementales est loin d'être la règle et, aujourd'hui encore, les filières d'élimination demeurent limitées. Depuis plusieurs années pourtant, la législation se fait plus pressante. Elle incite les acteurs du BTP à s'engager plus avant dans une gestion rationnelle des déchets de chantiers. Le salut devrait passer par des solutions collectives d'élimination et de valorisation des déchets. Etat des lieux.

Une fois le chantier achevé, s’ouvre la question du débarras des scories des matériaux employés. Qu’ils proviennent d’opérations de construction, de rénovation ou encore de démolition, les déchets de chantier sont de natures très diverses. La législation distingue ainsi les déchets inertes (pierres naturelles, béton, céramiques, briques, tuiles, verre…) ; les déchets industriels banals (hors emballages) tels que le plâtre, les métaux, les textiles, les bois non traités… ; les déchets d’emballage et les déchets industriels spéciaux (peintures, solvants, amiante, certains métaux, bois traités).

« Les filières d’élimination des déchets de chantiers les plus fréquentes restent encore les décharges et, notamment en Ile de France, la récupération du béton sous forme de granulats recyclés. Certains plastiques et emballages sont recyclés, certains bois non traités le sont également sous forme de combustibles. Pour le reste, rien ou presque n’est prévu » reconnaît Roland Fauconnier, responsable environnement de la FFB (Fédération Française du Bâtiment). Au niveau des artisans et petites entreprises du BTP, la règle, pendant longtemps, était celle « d’une décharge, autorisée ou non, où tout le monde « balançait » un peu tout et n’importe quoi » souligne-t-on à la CAPEB (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment).« Ces décharges ont été fermées petit à petit même s’il en reste encore. Elles ont été remplacées par des déchetteries souvent réservées aux particuliers. Petit à petit, les artisans du bâtiment ont demandé l’accès à ces déchetteries car proches de leurs chantiers. D’autre part, conclure un accord avec un prestataire de services n’est pas souvent intéressant pour un petit entrepreneur qui produit quelque kilos de déchets dans le mois. C’est souvent le système D qui prévaut. ».

Les enjeux sont pourtant énormes : 30 millions de tonnes de déchets et d’excédents de chantiers sont produits par le bâtiment et 280 millions par les travaux publics. Par comparaison, la France produit 26 millions de tonnes d’ordures ménagères chaque année dont le tri et le traitement incombent aux municipalités. Pour le BTP en revanche, la règle est toute autre puisque tout producteur de déchet est responsable de ses rebuts et des conditions dans lesquelles ils sont collectés, transportés, éliminés ou recyclés. L’entreprise de BTP est donc responsable de leur élimination. Pour autant, les infrastructures de stockage, de recyclage ou de valorisation sont encore peu nombreuses et souvent inadaptées afin de répondre aux exigences de la loi et aux besoins des entrepreneurs. Pour mieux prendre en compte les contraintes environnementales dans les opérations de BTP, ses acteurs privés et publics commencent peu à peu à engager une réflexion et à mettre en œuvre des structures dédiées par le biais notamment des plans de gestion départementaux.

Yannick Arrieux (Filigrane Press)
Mis en ligne le : 14/05/2003
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