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Faisant le pari de réunir toutes les parties prenantes, Serge Lepeltier avait fait venir industriels, associations, acteurs de la grande distribution, élus locaux et représentants de différents ministères pour former un groupe de travail sur le sujet des sacs de caisse (voir article lié). L'objectif était de trouver un compromis propre à mettre en place des actions concrètes. La dernière réunion de ce groupe de travail a eu lieu le 12 juillet dernier. Pour Nathalie Villermet de France Nature Environnement (FNE), qui y a participé, le résultat n'est pas au rendez-vous : "Ce groupe de travail s'est avéré décevant car aucun consensus n'a été atteint alors que c'était le but. Par exemple, aucun objectif de réduction n'a été fixé." Manifestement le compromis est quasi impossibel tant divergent les intérêts de chacun. Les industriels de la plasturgie continuent de vouloir préserver à tout
Message ambigü de la plasturgie
" Le sac plastique, c'est écologique, mais gardez-le pour vous" Tel est le message de fin d'un communiqué que les auditeurs de France Info ont pu entendre au mois de juillet 2005. Réalisé par une filiale de Publicis pour le compte du regroupement d'industriels de la plasturgie Plastics Europe France ( www.lesplastiques.com), ce message ambigu qui invitait les consommateurs à ne pas jeter leur sac dans la nature a valu quelques réactions d'auditeurs à la station de radio. Rappelant qu'en termes de fabrication et de transport ou de poids de déchets, le sac plastique n'est pas le plus polluant, ce communiqué mettait aussi en avant les vertus "écologiques" du sac plastique à produire de l'énergie. "Donc, celui qui me jette dans la nature, jette de l'énergie. Et c'est moi qu'on traite de pollueur ! je rêve !" pouvait-on également entendre. Cet épisode d'une communication au double discours invitant à la fois à respecter l'environnement et vantant les mérites du sac plastique illustre bien toute la complexité d'une situation où chacun défend ses intérêts plutôt que de chercher une solution globale.
prix leur activité, les élus locaux défendent leur bassin d'emploi et les tenants du sac plastique ordinaire et du sac biodégradable défendent chacun leur filière. "Le chantage à l'emploi a été l'argument récurrent des industriels. Même les élus locaux l'ont utilisé. Or, il va de soi qu'aucune ONG présente ne souhaite la destruction d'emplois. Nous demandons au contraire aux industriels d'être innovants, tant sur les plans économique, social et environnemental. C'est leur rôle," commente Nathalie Villermet. Incompréhension de fond Lors des différentes réunions de ce groupe de travail, les débats semblent avoir été souvent enrichissants même si l'incompréhension régnait. Outre la question de l'emploi, les industriels du plastique ont longuement insisté sur le matériau de fabrication des sacs. Or, pour les associations la question centrale était celle de l'usage unique du sac de caisse et l'existence d'un meilleur matériau, même biodégradable, ne résout pas le problème de cet usage unique. "Clairement, les participants n'avaient pas le même objectif " constate Nathalie Villermet. Un constat d'autant plus regrettable que la question du sac plastique face à celle de la réduction des déchets est aussi symbolique. Pour Nathalie Villermet, "la question du sac plastique vise surtout à sensibiliser les citoyens sur les déchets dans leur ensemble. Si nous insistons autant sur la nécessité du sac réutilisable, c'est pour œuvrer à un changement des comportements et parvenir à une réduction des déchets." La taxe, seule solution efficace ? FNE milite donc pour la disparition totale des sacs de caisse d'ici 2007, en soutenant les distributeurs qui proposent des sacs réutilisables pour en faire une règle nationale et en favorisant les solutions biodégradables pour les sacs plastiques difficiles à supprimer (surtout ceux du petit commerce), et en mettant fin à la gratuité des sacs de caisse au moyen d'une taxe. "C'est la seule solution connue pour son efficacité aujourd'hui. L'Irlande a diminué de 90% sa consommation de sacs plastique à usage unique en un an. En France avec les actions de prévention et de sensibilisation, nous n'en sommes qu'à 15%," explique Nathalie Villermet. Le groupe de travail étant clos, le problème est aujourd'hui entre les mains de Nelly Olin, actuelle ministre de l'Ecologie. "Elle a prêté une oreille attentive à nos remarques. C'est maintenant à elle de prendre une décision politique courageuse et ambitieuse de réduction des déchets." Les 19 et 20 octobre 2005 auront lieu les deuxièmes rencontres nationales de la prévention des déchets, une occasion à saisir ?
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