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En 2006, 90% des Français affirmaient trier leurs déchets (source : TNS Sofres). En pratique, la réalité est différente. L’organisme Eco-emballages traite en moyenne 47 kg de déchets triés par an et par habitant, sur les 360kg de déchets que produit chaque Français annuellement. Cependant, les habitudes évoluent, dans les foyers comme dans les usines. « La production d’emballage a diminué de 10% en 10 ans, tandis que la consommation augmentait » explique Bernard Hérodin, directeur général d’Eco-emballages. Les emballages sont devenus un poids que les industriels tentent de limiter, et que les particuliers supportent de plus en plus mal. Le manque d’information continue cependant de nuire à une meilleure gestion des déchets d’emballages. Alors la question posée par Eco-emballages, dans une série de débats, est légitime : « 75% des emballages ménagers recyclés en 2012, c’est possible ? » L’emballage n’a plus la cote dans les foyers. Il y a quelques années encore, il était considéré comme indispensable, pour protéger les produits et les transporter, par 65% de la population (source : étude Sociovision). Aujourd’hui, 47% de la population le trouve envahissant, et 37% préfèrerait s’en passer. « Le changement de regard sur l’emballage est très massif. C’est loin d’être un objet neutre » affirme Fabienne Simon, directrice du département stratégies d’opinion à TNS Sofres. Elle explique que, depuis 2007 et le pacte écologique de Nicolas Hulot, les mentalités ont changé. « Les Français ont compris le double bénéfice d’une consommation durable : respecter l’environnement et faire des économies ». Il était temps, aux dires de Bernard Casnin, chargé de mission pour le développement durable à la Confédération générale du logement (CGL). « Les consommateurs doivent comprendre que ce sont eux qui payent le trop plein d’emballages. Les Français versent 1 milliards d’euros par an pour le traitement des déchets. Comparés aux 5 à 6 milliards investis par les collectivités, ça n’est pas négligeable ». Recyclé, recyclable ou triable ? La désinformation concernant les emballages plombe le potentiel de leur traitement. L’image des produits recyclés également. 84% des Français déclarent acheter des produits recyclés, ce qui est fort peu probable ! La plupart prend probablement le Point Vert (deux flèches vertes imbriquées qui indiquent que l’entreprise verse une contribution financière à Eco-emballages) pour une preuve que le produit est recyclé. Pour éviter toute méprise à l’avenir, Eco-emballages va ajouter à son logo l’adresse de son site internet, où le consommateur pourra vérifier si l’emballage est triable ou non. Le même sondage montre que 73% des Français plébisciteraient des produits recyclés. « Donc si les industriels informaient plus les consommateurs, ils pourraient tirer un atout du recyclage » affirme Bernard Hérodin. L’information avant tout, donc. C’est déjà le crédo de plusieurs distributeurs, comme Leclerc et Auchan sur le développement durable. Hubert Hémard, directeur marketing et développement durable de Monoprix, explique que l’enseigne souhaite « donner l’information au client pour qu’il décide par lui-même de changer ses comportements ». Plusieurs marques ont également sorti et promu des produits aux emballages réduits : le petit électroménager de Babyliss, les produits ménagers de Rainett, et les lessives d’Unilever notamment. « Notre but est de proposer des produits qui répondent aux attentes du consommateur, tout en intégrant l’intérêt environnemental à l’acte d’achat » explique Sylvie Siest, directrice scientifique et relations extérieures d’Unilever. La firme néerlandaise a développé de nouvelles lessives liquides concentrées, nécessitant des emballages trois fois plus petits. La démarche a obligé Unilever à éduquer les consommateurs à ce nouveau produit qui se dose différemment d’une lessive liquide classique. Car fondamentalement, ce sont les habitudes qui doivent changer. « A l’heure où les Français sentent leur pouvoir d’achat diminuer, il faut entrer dans leurs vies pour leur expliquer les enjeux de la gestion des déchets ménagers » affirme Bernard Casnin. Son association a prévu d’installer des points d’information dans les Monoprix, pour toucher les consommateurs à la source. Malgré tout, le tableau sombre s’éclaircit à vue d’œil. « La norme est passée du côté de la pratique de l’écogeste » rassure Fabienne Simon. Les consommateurs ont pris conscience de l’omniprésence des emballages. 1 Français sur 2 affirme avoir déjà remarqué des emballages trop grands, trop lourds ou trop luxueux. Bettina Laville, présidente de l’association Vraiment durable, prévient de l’importance également de l’implication des autorités : « Si les Français réalisent qu’ils font beaucoup de petits gestes alors que le gouvernement et l’Union européenne ne font pas assez… »
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