Cap l'Orient réduit ses déchets grâce au compost

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Publié le 11-03-2009

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Première agglomération française de 200 000 habitants à déployer la collecte sélective des biodéchets, les 19 communes bretonnes ont dynamisé du même coup la collecte des emballages, atteignant des taux deux fois supérieurs à la moyenne nationale.

« Terre ! » le salon sur le développement durable de Lorient qui s’est tenu du 7 au 9 mars, est une vitrine pour les projets pilotes du territoire dont le recyclage des déchets. Et c’est bien sa terre qui fait la fierté de la communauté d’agglomération de Lorient. Celle qui sort d’Adaoz (recycler en breton) son usine de traitement de déchets organiques est un compost de qualité Ecolabel. Sans odeur, sec, il est prêt à être épandu par les agriculteurs locaux qui l’achètent. L’an dernier, il est même parvenu à répondre aux critères plus stricts encore de l’agriculture biologique.

Déchets : où en est-on?
Sur les 47,5 millions de tonnes de déchets ménagers entrant dans une usine de traitement : 22,9 millions sont stockés, 13 millions de tonnes sont incinérés avec valorisation énergétique, 6,4 millions de tonnes sont triés pour recyclage matière, 5 millions de tonnes sont compostés dans 511 unités , 580 000 kg sans incinérés sans valorisation énergétique, 47 000 kg font l’objet d’une méthanisation.
Source : Ademe 2006

Si une soixantaine de municipalités en France a opté pour la valorisation des déchets organiques, aucune n’a la taille de l’agglomération de Cap l’Orient ni sa technologie, importée d’Allemagne. Communauté pilote, Cap l’Orient présente l’intérêt de combiner la collecte en milieux urbain, rural et touristique. « Pour les élus, la décision a été simple : les gens ne voulaient pas d’incinérateur et les coûts étaient identiques», témoigne Sébastien Lejal, chargé des déchets de la communauté. Cap l’Orient a donc opté pour la valorisation matière. Les déchets ménagers résiduels sont « stabilisés » par fermentation, avant d’être stockés. Ce traitement a l’avantage de les réduire de 30% et de les rendre moins émissifs en biogaz et eaux de décharge (lixiviats)*.

Le compost dynamise l’ensemble du tri

Installée tardivement en 2003, la collecte sélective en porte à porte a depuis rattrapé et même dépassé de moitié la moyenne nationale en taux de collecte, soit 34 kg d’emballages et 37 kg de biodéchets par habitant et par an. Potentiellement, la partie compostable peut encore doubler. Chaque année, le taux des déchets recyclables s’améliore, faisant reculer d’autant celui des déchets ménagers résiduels. Ceux-ci sont passés de 75% du gisement à 55% entre 2002 et 2007. Sébastien Lejal explique un tel succès notamment par la mise en place de la collecte des déchets organiques en porte à porte : « La collecte des biodéchets a fait faire un bond à l’ensemble des flux [ndlr : papier, verre et emballages] » a-t-il remarqué. Le tri des épluchures dans la cuisine ferait-il davantage prendre conscience de l’importance du tri aux familles ? 

Une collecte porte à porte de qualité

L’effort de participation est en tout cas réel et a l’avantage d’être pédagogique pour la réduction à la source, à l’opposé d’un système de traitement par incinération ou même d’un système de traitement mécano-biologique, qui est le modèle le plus en vogue actuellement, selon André Le Bozec, spécialiste de la gestion environnementale et du traitement biologique des déchets à l’institut de recherche Cemagref. « Beaucoup d’installations de traitement mécano-biologique des déchets devraient ouvrir dans les trois ans. Face à l’hostilité vis-à-vis des incinérateurs, les collectivités y voient une solution pour réduire les quantités de déchets organiques dans les décharges ». Le principe de ces usines de traitement confinées est de réduire les déchets ménagers par la fermentation des parties fines organiques. Mais celles-ci sont triées mécaniquement, dans l’usine. « Quid alors des piles, peintures et autre déchets dangereux qui peuvent entrer dans ce compost agricole ? » s’interroge André le Bozec. La norme Afnor NF 44-061 pour ce compost a été renforcée et peu d’usines peuvent actuellement y répondre. La collecte sélective en porte à porte, telle que pratiquée à Cap l’Orient est sans doute plus chère (116 €/habitant/an) mais plus fiable pour la qualité du compost.
La communauté Cap l’Orient a multiplié les moyens pour son succès : bacs dédiés, poubelles de 35 litres pour l’habitat urbain, bio-seaux pour la cuisine, sacs biodégradables… ajoutée à cela une communication multi-supports et des agents de suivi qualité qui vont chez l’habitant quand ils constatent un problème de tri dans les bacs. Résultat : moins de 5% de refus.

*Le  Grenelle prévoit une diminution de 15% d’ici 2012 des déchets incinérés ou stockés. Le recyclage matière et organique devra atteindre 35% en 2012 et 45% en 2015, contre 24% en 2004, « ce taux étant porté à 75% dès 2012 pour les déchets d’emballages ménagers » notamment. 

Hélène Huteau
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