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Plusieurs mois après la transcription dans la loi allemande de la directive européenne sur les déchets électroniques, la Deutsche Städtetag, une fédération qui représente près de 4700 communes, dénonce le manque de coopération de la part de l’industrie électronique : "Ce sont les industriels qui ne remplissent pas leur devoir," tempête-t-on au siège de la fédération à Berlin, "les communes ont rempli le leur."
La nouvelle législation allemande prévoit que les consommateurs doivent ramener leurs déchets électroniques dans des conteneurs municipaux mis gratuitement à leur disposition par les communes, à charge pour les industriels de ramasser ces conteneurs et d’assurer le recyclage de leurs contenus.
Manque de transparence, manque de contrôle
Les conteneurs municipaux ne sont pas ramassés par les industriels, rapporte-t-on du siège berlinois, en ajoutant que plus d’un tiers des communes se sont officiellement plaintes auprès de leur fédération. De plus, les communes, tout comme les entreprises de ramassage des ordures, dénoncent la complexité et le manque de transparence du ramassage des containers municipaux.
Cependant, les industriels de l’électronique ne sauraient être les seuls fautifs selon l’organisation environnementale Deutsche Umwelthilfe (DUH). Pour la DUH, les Länder se montrent trop laxistes quant au contrôle de l’application de la loi. Car, dans l’organisation fédérale de l’Allemagne, les compétences législatives, notamment celles relevant de la protection de l’environnement, sont partagées entre le gouvernement, les Länder et les communes.
"Il est tout à fait essentiel qu’un monitoring et un contrôle régulier soient mis en place afin de garantir les standards de qualité dans le recyclage des déchets électroniques," observe la DUH dans un communiqué. Or, l’organisation relève que les industriels négocient les coûts de recyclage au plus bas prix, entraînant par ces pratiques une baisse de la qualité du recyclage, une qualité que les Länder se doivent de faire respecter. "Les photos montrant des téléviseurs renversés, cassés, avec des écrans d’ordinateurs traînant dans les arrière-cours des entreprises qui doivent les recycler est une bien mauvaise publicité pour la nouvelle loi," déplore encore la DUH.
Faire des émules du recyclage des déchets électroniques
Si l’organisation gouvernementale a pris les Länder à parti, elle a également mis sur pied un projet récompensant chaque mois des initiatives, qu’elles soient communales ou industrielles, qui gèrent avec succès le recyclage des déchets électroniques. Par ces récompenses, la DUH veut présenter à un public plus large des initiatives pouvant faire des émules. C’est ainsi que la "Werkstatt Frankfurt", un atelier de recyclage créé en 1989, a été récompensé cette année.
En 2005, l’atelier a recyclé près de 5600 tonnes de déchets électroniques pour la seule ville de Francfort, un chiffre à mettre en comparaison avec les 2000 tonnes recyclées dix ans auparavant. La ville ne fonctionne pas avec les conteneurs municipaux qui posent de si grands problèmes de logistique. Les habitants de Francfort n’ont besoin que d’appeler le service communal de ramassage des ordures, qui envoie un camion au jour et heure fixés au préalable pour ne ramasser que les déchets électroniques. Ceux-ci sont directement acheminés vers l’atelier, qui les démonte, puis trie les pièces différentes, pour ensuite réparer les appareils ménagers pouvant être revendus dans le magasin de seconde main, jouxtant l’atelier.
L’atelier en question occupe un immense terrain dans un quartier industriel de la ville. En fait d’atelier, qui est la traduction de Werkstatt, il s’agit là d’un véritable site industriel. Pour chaque étape, du démontage à la réparation, se trouve un atelier spécifique. En plus du recyclage, se trouvent également des ateliers pour l’industrie du bâtiment, ainsi que des ateliers de couture, réutilisant les textiles ramassés et triés préalablement.
Le recyclage des objets électroniques a paru la meilleure des solutions pour former un tryptique a priori peu compatible, alliant le social, l’économique et l’écologique dans un même projet. Le projet, mené en coopération avec la ville de Francfort, la chambre de commerce et de l’industrie ainsi que le service communal de ramassage des ordures, s’est peu à peu imposé comme un véritable projet économique viable. Selon les propos de Britta Seifert, responsable du département environnement de la Werkstatt, le centre de recyclage des déchets électroniques génère suffisamment de bénéfices pour fonctionner de manière économiquement autonome, autrement dit sans subventions financières.
"Dès le départ, l’accent fut mis sur la vocation sociale du projet, l’aspect écologique venant après," insiste Britta Seifert. Le but initial du projet francfortois consistait, et consiste toujours, à fournir un emploi, même si celui-ci est a duré déterminée, ainsi qu’une qualification aux chômeurs de longue durée afin de faciliter leur réintégration sur le marché du travail. "Nous employons entre 300 et 350 personnes, auxquels nous pouvons offrir un CDD de six à neuf mois. Une fois formés, nous essayons de les réintégrer sur le marché du travail," explique Britta Seifert. La tâche est difficile, concède-t-elle : "Seulement 16 à 17% des personnes retrouvent un emploi à durée indéterminée."
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