Vers un accord politique à Copenhague ?

Planète \Environnement \Réchauffement climatique

Publié le 16-11-2009

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Ultime « round » avant Copenhague, le sommet de Barcelone a confirmé les profonds désaccords qui continuent d'opposer pays riches, pays émergents et pays en développement. Les engagements des différents « blocs » de pays sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le financement de l'adaptation pour les pays pauvres restent en suspens. Un accord politique pourrait cependant être trouvé à l'issue du sommet.

« Près de 40 chefs d'État sont attendus au sommet de Copenhague, dont le Premier ministre britannique Gordon Brown, la chancelière allemande Angela Merkel, le président de la République française Nicolas Sarkozy et de  nombreux chefs d'État africains », assurait à Barcelone Yvo De Boer, le  directeur de la Convention cadre des Nations unis sur le changement climatique, lors de l’ultime rencontre officielle avant Copenhague. S’il se félicite de plusieurs avancées portant sur l'adaptation, les transferts de technologies et les mécanismes pour lutter contre la déforestation, il s’est avoué inquiet sur deux points essentiels du futur sommet : les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment des Etats-Unis, et le financement de l’adaptation des pays en développement au changement climatique. Or, a-t-il rappelé, « sans ces deux pièces essentielles du puzzle, il n'y aura pas d'accord à Copenhague ».

Pour l’ heure, les Etats-Unis n’ont annoncé aucun objectif chiffré. Comme il l’a souligné dans une interview à l’agence Reuters, Barak Obama attend des engagements fermes de la part de la Chine : "L'essentiel aujourd'hui est que les Etats-Unis et la Chine, les deux principaux pays émetteurs du monde, soient capables de s'entendre sur un cadre auquel tous les autres grands émetteurs, comme les Européens et des pays comme l'Inde, qui seront de grands émetteurs dans le futur, pourront adhérer », a-t-il déclaré, ajoutant :  "Si je suis sûr que tous les pays impliqués négocient de bonne foi, que nous sommes au bord d'un accord significatif et que ma présence à Copenhague nous ferait basculer du bon côté, alors je le ferai assurément".


L’Union européenne divisée sur le financement

Fin octobre, l’Union européenne a envoyé plusieurs signaux positifs à la communauté internationale, notamment en affichant un objectif de réduction des émissions de GES de 80 à 95% d’ici à 2050, et de 30% d’ici à 2020, à condition toujours, que d’autres pays prennent des engagements d’ampleur comparable. L’UE a par ailleurs réaffirmé sa volonté d’obtenir à Copenhague un accord contraignant, afin d’éviter la situation de vide juridique qui menace de succéder au Protocole de Kyoto, dont l’échéance arrive en 2012.… Reste cependant une question cruciale qui semble loin de faire consensus entre pays membres :  celle de l’aide économique aux pays pauvres pour les aider à s’adapter aux conséquences du changement climatique.
Le chiffre de 100 milliards d’euros par an, (à partir de 2020) pour aider les pays du Sud, a bien été acté par la Commission européenne, mais l’UE reste divisée sur le montant de sa participation à l’enveloppe globale , qui est aujourd’hui  répartie en trois parties : l’aide internationale Nord/Sud, les financements privés et le marché carbone, ainsi que les financements des pays du Sud eux-mêmes. La Pologne et la Roumanie, chefs de file des 9 pays de l’Europe centrale, sont montés au créneau pour affirmer qu’ils « ne souhaitaient pas payer pour les pays en développement ». Bilan : Paris et Berlin ont réaffirmé que les engagements européens étaient conditionnés à ceux d’autres grands « blocs » comme la Chine et les Etats-Unis. 

Après Copenhague, Mexico en 2010

Pourtant, comme l’a souligné Yvo de Boer, "Le temps est presque écoulé".  Celui-ci a mis en exergue les quatre points clés du Sommet : les objectifs de réduction des pays riches ( de l’ordre de 15% à 20% d’ici à 2020), des engagements nationaux de la part des pays émergents pour limiter leurs émissions, de nouvelles aides financières et des transferts de technologies  pour les plus pauvres, ainsi qu’un  système de financement de la lutte contre le changement climatique.
Alors que l’hypothèse, optimiste, d’un accord juridiquement contraignant semble de plus en plus s’éloigner, c’est finalement un accord « politique » qui devrait être conclu à Copenhague. Les experts et les délégations envisagent davantage une déclaration des chefs d’Etat, lors de la dernière journée du sommet, qui pourrait ensuite servir de base durant l’année 2010 à l’élaboration d’un cadre juridique pour succéder au Protocole de Kyoto . Les négociations devraient donc se poursuivre jusqu’au prochain sommet, qui se tiendra à Mexico fin 2010.

Véronique Smée
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