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Quelque 4.000 délégués négocient à Barcelone sur les sujets qui continuent d’opposer pays riches, pays émergents et pays en développement. Fin octobre, l’Union européenne a envoyé plusieurs signaux positifs à la communauté internationale, notamment en affichant un objectif de réduction des émissions de GES de 80 à 95% d’ici à 2050, et de 30% d’ici à 2020, à condition toujours, que d’autres pays prennent des engagements d’ampleur comparable. L’UE a par ailleurs réaffirmé sa volonté d’obtenir à Copenhague un accord contraignant, afin d’éviter la situation de vide juridique qui menace de succéder au Protocole de Kyoto, dont l’échéance arrive en 2012. Cette annonce devrait satisfaire les grands pays émergents, qui reprochent aux pays du Nord de vouloir échapper à leurs obligations à Copenhague en ne reconduisant pas un traité post-Kyoto… Reste cependant une question cruciale qui semble loin de faire consensus entre pays membres : celle de l’aide économique aux pays pauvres pour les aider à s’adapter aux conséquences du changement climatique.
La France propose un plan "justice-climat"
Dans un entretien au JDD, Jean-Louis Borloo dévoile une initiative française pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique. Un programme « Énergie pour l'Afrique », propose, par l'intermédiaire d'un fonds, de financer l'accès de 100 % des populations à l'énergie, la lutte contre la déforestation et les problématiques d'eau et d'érosion côtière .Son coût total est évalué à plus de 300 milliards de dollars. Le coût de ces programmes pour les petits États insulaires et pour les PMA est estimé respectivement à 30 milliards de dollars et à 115 milliards de dollars. La France propose de les financer par un fonds public abondé par une "allocation universelle" versée par les pays riches et émergents ou par une taxe de 0,01% sur les transactions financières, soit environ 20 milliards de dollars par an.
Le chiffre de 100 milliards d’euros par an, (à partir de 2020) pour aider les pays du Sud, a bien été acté par la Commission européenne, mais l’UE reste divisée sur le montant de sa participation à l’enveloppe globale , qui est aujourd’hui répartie en trois parties : l’aide internationale Nord/Sud, les financements privés et le marché carbone, ainsi que les financements des pays du Sud eux-mêmes. La Pologne et la Roumanie, chefs de file des 9 pays de l’Europe centrale, sont montés au créneau pour affirmer qu’ils « ne souhaitaient pas payer pour les pays en développement ». «Aucun pays ne veut payer pour Copenhague», a ainsi affirmé Mikolaj Dowgielewicz, le ministre polonais des Affaires européennes. Vous connaissez un Chinois qui veut payer ? Il n’y a que l’Union qui veut payer ». Bilan : Paris et Berlin ont réaffirmé que les engagements européens étaient conditionnés à ceux d’autres grands « blocs » comme la Chine et les Etats-Unis.
Après Copenhague, Mexico en 2010 Pourtant, comme l’a souligné Yvo de Boer, directeur de la Convention cadre des Nations unis sur le changement climatique, "Le temps est presque écoulé". Celui-ci a mis en exergue les quatre points clés du Sommet : les objectifs de réduction des pays riches ( de l’ordre de 15% à 20% d’ici à 2020), des engagements nationaux de la part des pays émergents pour limiter leurs émissions, de nouvelles aides financières et des transferts de technologies pour les plus pauvres, ainsi qu’un système de financement de la lutte contre le changement climatique. Alors que l’hypothèse, optimiste, d’un accord juridiquement contraignant semble de plus en plus s’éloigner, c’est finalement un accord « politique » qui devrait être conclu à Copenhague. Les experts et les délégations envisagent davantage une déclaration des chefs d’Etat, lors de la dernière journée du sommet, qui pourrait ensuite servir de base durant l’année 2010 à l’élaboration d’un cadre juridique pour succéder au Protocole de Kyoto . Les négociations devraient donc se poursuivre jusqu’au prochain sommet, qui se tiendra à Mexico fin 2010.
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