Quelle mobilisation contre le changement climatique ?

Planète \Environnement \Réchauffement climatique

Publié le 17-11-2009

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Groupe scolaire aux maldives
Groupe scolaire aux maldives
350.org

Alors que les négociations semblent s'enliser à un peu plus d'un mois seulement du sommet de Copenhague, des actions citoyennes contre le changement climatique commencent à s'organiser un peu partout dans le monde. Mais avec quelle efficacité ?

350 ppm, soit la concentration de CO2 en partie par million dans l’atmosphère qu’il ne faut pas dépasser pour éviter des catastrophes en série. Le chiffre peut paraître technique et pourtant il a mobilisé des milliers de personnes à travers le monde : des centaines de personnes ont ainsi formé le chiffre 350 sur les marches de l’Opéra de Sydney, quand d’autres ont lâché 350 ballons noir, symboles du CO2, à Prague…Sur le site 350.org à l’initiative de ces manifestations ; on recense 5200 actions réparties dans 180 pays du globe et fixées par 22 000 photos visibles sur flikr ! « C’est la journée d’action politique la plus globale réalisée dans l’histoire de la Planète ! », s’enthousiasme Bill McKibben, écrivain et écologiste qui est aussi le fondateur du mouvement 350. Ce réseau, qui compte près de 200 000 membres, avait choisi le 24 octobre, journée mondiale pour le climat, pour organiser ces actions destinées à mettre la « science en avant scène des débats ». « Cela permettra peut-être de rappeler à nos dirigeants que les négociations ne se font pas réellement entre les Etats-Unis, l’Europe et la Chine mais entre des êtres humains d’un côté et la physique et la chimie de l’autre côté », explique Bill McKibben.

Mobilisation molle…

Après la conscientisation notamment opérée par la diffusion de films et autres documentaires sur les causes et l’impact du changement climatique (voir article lié) et dont le point d’orgue a sans doute été la diffusion de Home -en simultané dans 50 pays et devant plus de 100 millions de spectateurs – l’heure de l’action est elle venue ? Depuis quelques mois, on commence en effet à recenser des opérations citoyennes dans le monde entier. En France, on peut observer des actions qui mêlent enjeux locaux et globaux, comme cet été, le « camp action climat » de Notre Dame des Landes, qui a réuni quelque 500 personnes chaque jour près de Nantes. Emanation du premier camp réalisé en 2006 au Royaume-Uni, il avait pour but de lutter contre la création d’un nouvel aéroport très contesté par les écologistes et riverains. En septembre ensuite, à l’appel du collectif « Tck Tck Tck » plusieurs centaines de personnes dans l’Hexagone et des milliers dans une cinquantaine de pays ont tenté de « réveiller » les dirigeants pour leur rappeler leur engagement climatique à l’approche de Copenhague en faisant sonner leur portable à 12h18. Puis, à l’appel de Greenpeace, ce sont 700 militants qui ont posé nus sous l’objectif de Spencer Tunick dans les vignobles du Macônnais pour dénoncer les effets du changement climatique sur les vignes françaises.

« Il y a une prise de conscience générale de la population mais nous avons encore des difficultés à créer des rapports de force », reconnaît Maxime Combes, du collectif « Urgence climatique, justice sociale » qui organisait une après-midi de conférences sur le changement climatique le 24 octobre dernier. « Il est vrai que l’état de la mobilisation n’est pas exceptionnel en France, poursuit-il. En tous cas, beaucoup moins qu’en Belgique ou dans les pays scandinaves ». Ou dans les pays anglo-saxons, comme en Angleterre où la campagne 10 :10, a déjà réuni plus de 12 000 signatures de célébrités, d’entreprises et de simples citoyens qui se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 10% en 2010 (3% pour les entreprises). Mais la surprise vient aussi de la mobilisation dans les pays du Sud, comme le confirme le plus haut responsable du climat à l’ONU, Yvo de Boer, à l’AFP : « Il y a une prise de conscience croissante dans les pays en développement sur le fait que ce problème a un impact aujourd'hui et qu'ils doivent faire quelque chose. Cette prise de conscience est particulièrement forte en Asie ».

…mais qui s’accélère

Ces mouvements restent cependant encore assez faibles numériquement. Lors du dernier round de négociation à Bangkok par exemple, 2 à 3000 personnes ont déjà défilé devant le siège des Nations Unies où se tenaient les débats mais le meilleur indicateur de la mobilisation sera sans doute les manifestations qui auront lieu lors du sommet de Copenhague, à la mi-décembre. Les associations espèrent en effet y réitérer le succès de la mobilisation contre l’OMC à Seattle en 1999 et attendent environ 35 000 personnes le 12 décembre.

A l’approche du sommet, on sent effectivement une accélération des actions de toute sorte, mises en scène par les ONG notamment. Greenpeace, qui possède un vrai savoir faire en la matière, en donne les exemples les plus spectaculaires. L’occupation des toits de Westminster pour interpeller les députés à l’occasion de la rentrée parlementaire, mais aussi les multiples actions contre Total pour sa participation à l’exploitation du pétrole bitumineux, responsable de rejets très importants de GES. Sous le slogan « Total invente la destruction durable », l’ONG a ainsi investi une raffinerie près du Havre, puis plusieurs stations services dans les grandes villes de France.
L’impact médiatique des actions coups de poing jusqu’à présent réservées aux ONG a même inspiré le gouvernement des Maldives, dont le pays est en première ligne face à la montée des eaux due au changement climatique. Le 18 octobre, le Président Mohamed Nasheed et ses ministres ont ainsi tenu une réunion sous marine, par six mètres de fond, pour adopter une résolution symbolique appelant à une action mondiale pour la réduction des émissions de CO2. 

Béatrice Héraud
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