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A l’extérieur du Bella Center, les militants de Greenpeace interpellent la presse et les détenteurs d’un badge d’accès : « On a besoin de vous pour peser sur les négociations", nous dit un militant. "Greenpeace International avait 220 badges, aujourd’hui on a seulement 4 ». Bilan : les ONG sont « invitées » depuis mercredi à suivre la conférence devant des écrans installés dans un batiment situé à quelques stations de métro… Ce qui ne les empêche pas de continuer leurs actions, banderoles bien visibles à l’appui : « Les politiciens parlent, les leaders agissent ». Mais l’état d’esprit reste amer. Sur les stands du hall d’accueil, désertés, on peut lire des affiches avec ce message: « Civil society has been removed from the negociations ». La question du statut des ONG, dans de telles instances, n’est pas nouvelle, mais elle se pose avec une grande acuité depuis le début du Sommet de Copenhague. Leur travail de mobilisation est considérable, mais quelle est leur légitimité face aux chefs d’Etat élus au suffrage universel ou en tout cas démocratiquement ? Les ONG sont-elles vouées à se rassembler dans des contre-sommets, comme c’est le cas avec le Klimaforum de Copenhague ? Ou doivent-elles être plus étroitement associées aux débats des représentants politiques ? En France, le Grenelle de l’environnement a montré que cette participation était possible. Le travail d’information et d’alerte, l’expertise développée sur un grand nombre de sujets leur vaut aujourd’hui d’être écoutées. La conférence de Copenhague leur doit en grande partie sa couverture médiatique dans le monde, même s’il « faut faire attention au risque de saturation », note le porte-parole de FNE, Arnaud Gossement. Il est vrai que la première semaine du Sommet a connu une forte mobilisation grâce à la présence des militants venus du monde entier, tandis qu’à l’intérieur du Bella center, elles continuaient leur travail de lobbying…En dehors des actions spectaculaires de certaines qui ont eu un fort relais médiatique, les chargés de mission des grandes ONG ont en effet œuvré de l’intérieur, en étant de toutes les discussions qui leur etaient ouvertes meme en tant que simples observateurs. Plus que 6 représentants d'ONG françaises
Leur exclusion, le 16 décembre 2009, à 3 jours de la fin du sommet n’en est que plus décevante et a été totalement incomprise: « Nous comprenons les exigences de sécurité, notamment en vue de l'arrivée des chefs d'Etat (...) mais Oxfam s'inquiète du fait que la restriction brutale du nombre d'accréditations pour la société civile nuise à la transparence et à l'exigence de ces discussions", a déclaré Jeremy Hobbs, directeur exécutif de l'ONG Oxfam International, dans un message à l'AFP. De fait, les ONG ont quasiment disparu du Bella Center. Pour la France, ils sont 6 seulement (FNE, WWF, Greepeace et RAC) tandis que les Amis de la Terre ont disparu…Les militants restants ne doivent leur présence qu’à Jean-Louis Borloo et ne sont donc plus badgées comme ONG mais comme représentants de la délégation francaise, ce que certains ont refusé. Sandrine Mathy, du RAC International, ne cache pas sa déception : « Alors qu’on prépare le post-Kyoto depuis des années, ils ont pris les ONG pour des agitées…Tout a pourtant été géré de façon calme et sans incidents dans nos manifestations », explique-t-elle dans le hall désert, où se trouvaient de nombreux stands de la société civile maintenant abandonnés.
A l'intérieur et à l'extérieur Corinne Lepage, croisée au Pavillon européen, ne décolère pas : « Où est la démocratie ? Pas d’ONG, pas de représentants de la délégation européenne admis en séance plénière, alors que la salle est à moitié vide ! La société civile est peut-être entendue, mais pas écoutée ! ». Arnaud Gossement, porte-parole de FNE et présent lui aussi dans le Bella Center grâce au cabinet de Jean-Louis Borloo, admet « qu’il est impossible de travailler dans l’institution onusienne », mais reconnaît qu' «être présent permet de s’adresser aux responsables politiques, aux parlementaires européens, à la délégation française…Certes, il ne faut pas surestimer notre rôle car aucune ONG ne pèse a elle seule mais notre poids vient du fait que nous avons parlé d’une seule voix, quel que soit le pays ». De fait, les ONG françaises sont écoutées et bénéficient d’un accès facile au ministre : « Nous avons des échanges réguliers avec le ministère. Nous avons préparé la conférence ensemble et notre travail les fait avancer, c’est certain, » confirme Sandrine Mathy. Pour la responsable du RAC, être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du processus de décision « n’est pas un problème. On peut très bien faire les deux, ce n’est pas incompatible ». Certes, les plus radicales ne veulent pas en entendre parler, mais beaucoup pensent aujourd’hui qu’il faut agir au sein des instances elles-mêmes.
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