Protocole de Kyoto : la Russie ne signe toujours pas

Planète \Environnement \Réchauffement climatique

Publié le 29-09-2003

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La conférence sur les changements climatiques planétaires, qui se tient à Moscou du 29 septembre au 3 octobre, s'est ouverte sur une mauvaise nouvelle pour les défenseurs du Protocole de Kyoto, -qui vise à réduire les émissions de gaz des pays riches de 5,2 % à l'horizon 2008-2012, par rapport à leur niveau de 1990. Vladimir Poutine, qui avait affirmé lors du Sommet mondial de Johannesburg, en septembre 2002, que son pays ratifierait le protocole, revient un an plus tard sur ses engagements. Peu convaincu par les arguments environnementaux des pays européens et des Nations-Unies, le président russe s'est donné un délai de réflexion " pour examiner minutieusement cette question (...) La décision sera prise après la fin de ce travail et en conformité avec les intérêts nationaux ", a-t-il déclaré, sans plus de précisions, en ouvrant la conférence à laquelle participent les experts du monde entier.
Le refus des Etats-Unis de ratifier Kyoto donne à la Russie un pouvoir très stratégique pour " sauver " le protocole. Kyoto ne peut en effet entrer en vigueur que si un ensemble de pays représentant 55% des émissions de gaz le ratifient. Or, les pays signataires représentent actuellement 44% des émissions totales. La Russie, dont les émissions s'élèvent à 17% , peut donc permettre -ou non - l'entrée en vigueur du Protocole. Pour l'heure,  Moscou exige avant toute prise de décision des garanties financières, en contrepartie d'une éventuelle chute des cours du gaz et du pétrole, induite par les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre...
 Très critiqué à la fois par les organisations écologistes et par les représentants des gouvernements et institutions présents à cette conférence, Vladimir Poutine a ironisé sur la question du réchauffement planétaire. " Les gens disent que nous sommes un pays du nord et que deux ou trois degrés supplémentaires ne seraient pas inquiétants. Peut-être que ce serait bénéfique", a-t-il dit selon une dépêche de l'AFP." On pourrait dépenser moins d'argent pour des manteaux de fourrure et autres vêtements chauds. Des spécialistes de l'agriculture disent que notre production agricole augmente et va continuer à augmenter. Dieu merci " a-t-il ajouté avant de reconnaître que les changements climatiques constituaient une préoccupation légitime pour les autres pays.

Véronique Smée
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