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La nouveauté du Plan Climat porte surtout sur les bâtiments, l’un des principaux postes d’émissions de carbone de la ville (1,75 million de tonne équivalent carbone ou 35000GwH d’énergie consommés annuellement), à égalité avec le transport des personnes et des marchandises, selon le Bilan Carbone de l’Ademe. L’objectif de 25% de réduction des émissions de GES dues au trafic automobile a été décidé dans le Pan de déplacement de Paris, en février dernier. Le bâti ancien de la capitale, qui fait son charme, fait aussi de la ville lumière une passoire énergétique l’hiver avec le chauffage. Le plan d’envergure qui s’impose est donc celui de l’isolation. D’autant qu’avec le réchauffement climatique, la déperdition énergétique risque d’être bientôt aussi préoccupante l’été, avec la climatisation artificielle. Face à cette situation, la ville adopte un programme de rénovation et de modernisation de son patrimoine municipal et social. Mais plus largement, Paris veut inciter les copropriétés privées et les locataires à faire de même, grâce à des incitations financières et une simplification des démarches. Exemplarité du parc public
Sur son propre parc, la ville se veut exemplaire, avec des bâtiments basse consommation, à 50 kwh/m²/an dans le neuf -soit moins que le label français le plus exigeant - et un maximum de 80 kwh/m²/an pour les rénovations lourdes. En agissant sur l’isolation, le renouvellement des appareils de chauffage et de ventilation, la gestion performante de l’éclairage public et un accroissement de la part des énergies renouvelables (30% d’ici 2020), la ville prévoit d’atteindre sur son patrimoine une baisse de 39% d’ici 2020 (hors transport).Ce discours est appuyé par des projets d’ « éco-quartiers » déjà en cours, qui visent la neutralité carbone ou presque comme l’opération Clichy-Batignolles (17è ardt) alimenté en solaire, géothermie et biomasse ; la ZAC Pajol (18è ardt) qui comprendra la plus grande unité photovoltaïque en centre ville de France et cinq autres quartiers à vocation mixte. En dehors du parc qu’elle administre, la ville entend également promouvoir la réhabilitation de 100 000 immeubles parisiens d’ici 2050, en mobilisant les habitants et les professionnels du bâtiment. Cela dit, cette démarche, si elle lance une certaine dynamique, «doit associer l’Etat, la Région et des partenariats financiers innovants permettant de dégager les moyens nécessaires ». Un premier dispositif d’aide expérimental sera testé sur 300 immeubles, en partenariat avec l’Ademe et l’Anah (Agence nationale de l’habitat) dès la fin de l’année. Dores et déjà les organisations professionnelles du bâtiment ont signé une convention avec la Ville de Paris et l’Anah pour inciter les Parisiens à passer à l’action, en clarifiant l’offre disponible, les multiples subventions à leur disposition et en les assistant sur le bilan énergétique de leur logement ou propriété. Les Espaces Info Energie existants seront redimensionnés et serviront de guichet unique pour le particulier, ainsi qu’un portail internet accessible depuis paris.fr. Quatre « bouquets de travaux » sont préconisés, à partir de techniques existantes pour faire baisser la consommation énergétique des bâtiments d’un facteur 2 à 3. La Ville de Paris propose aux copropriétés de subventionner 70% du bilan énergétique de leur immeuble, puis 20% des travaux préconisés. Avec les subventions déjà existantes (Anah, crédit d’impôt, Ademe, etc), 70% des coûts de réhabilitation peuvent être au total couverts. Les artisans peinent à suivre
Cette mesure devrait bénéficier au secteur du bâtiment régional, pour qui la réhabilitation est un gros marché à développer. Malheureusement, entrepreneurs et artisans sont peu formés aux enjeux du développement durable et aux techniques nouvelles d’intervention sur le bâti. La Fédération française du bâtiment régionale, la CAPEB Paris et petite couronne et la Fédération parisienne des S.C.O.P. du BTP se sont donc engagées à sensibiliser 10% de leurs adhérents à se former (3000 entreprises en 3 ans). Sur l’immobilier privé, la Ville ne peut que proposer et inciter. « Le Plan Climat n’a rien d’obligatoire. Etablir un lien avec les documents d’urbanisme qui eux sont obligatoires serait plus efficace » commente le CLER (Comité de liaison des énergies renouvelables). Par exemple, « il serait plus simple de créer un réseau de chaleur. Aujourd’hui, cela demande 4 ans » illustre Guy Simonnot de l’Ademe. La Ville, qui a pour ses bâtiments une exigence supérieure à la réglementation nationale en vigueur, la RT 2005, n’a pas le pouvoir d’imposer les mêmes exigences à ses administrés. La première RT sur la réhabilitation, qui tarde à sortir au niveau national « ne sera pas à la hauteur du facteur 4 » déplore Guy Simonnot. Le Grenelle de l’environnement est très attendu pour accélérer les mesures.
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