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« Le changement climatique n’est pas qu’une question technique, de réduction des émissions de CO2. Il a aussi et surtout des conséquences sur les populations. Il faut impérativement mettre un visage humain sur les questions climatiques », plaide Yves Bergevin, coordinateur pour la santé maternelle à l’UNFPA (Fonds des nations unies pour la population) lors de la présentation du rapport annuel sur l’état de la population mondiale 2009. Et ce visage est souvent celui d’une femme, pauvre. Car nous ne sommes pas tous égaux devant le climat et ses dérèglements, loin s’en faut. « Les femmes supportent une partie écrasante du fardeau lié aux changements climatiques, mais elles ont été jusqu’ici en grande partie oubliées dans le débat sur la manière d’aborder les problèmes liés à la hausse du niveau des mers, aux sécheresses, à la fonte des glaciers et aux phénomènes météorologiques extrêmes », indique le rapport. Si les femmes, en particulier dans les pays pauvres, sont plus vulnérables, c’est en grande partie parce qu’elles sont moins autonomes. Certes, certains facteurs biologiques les rendent plus fragiles lors des fortes chaleurs ou des tempêtes mais c’est surtout leur statut social qui handicape leur capacité d’adaptation. « En raison d’une pauvreté plus profonde, d’un moindre contrôle sur leur propre vie, du fait que leur productivité économique est moins reconnue, et de leur fardeau en matière de procréation et d’éducation des enfants, les femmes affrontent des défis additionnels à mesure que le climat change », estime l’UNFPA qui demande à ce que la dimension « sexo-spécifique » du problème soit bien prise en compte dans le document qui sortira de Copenhague. Car si les femmes sont plus exposées, elles peuvent aussi représenter une force de « 3,4 milliards d’agents de changement », estime la directrice exécutive du fonds Thoraya Ahmed Obaid. Libre choix des naissances Parmi les principales pistes, l’agence avance le fait d’investir dans l’émancipation des femmes (éducation, meilleur accès aux soins, intégration dans les processus de décision, etc) et la planification familiale pour freiner la croissance de la population, notamment en Afrique où le nombre de grossesses non désirées est encore très élevé (35 à 45 %). Et revoilà la dérangeante question démographique remise sur la table, l’UNFPA estimant en effet que « l’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif (…) exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable. » Par ailleurs, la multiplication des grossesses représenterait un risque supplémentaire pour les femmes qui, en plus d’être plus exposées aux complications mortelles, seraient ainsi moins disponibles pour se déplacer et même migrer, en cas notamment de problème climatique. Pour autant, « il ne s'agit pas de réglementer le nombre de naissances, mais d'offrir un libre choix », précise Yves Bergerin. Pour l’UNFPA en effet, il existe un lien réel entre le fait d’offrir un accès universel à la santé reproductive via la contraception, de donner une meilleure éducation aux filles, d’obtenir une meilleure santé et un meilleur développement avec, à terme, la réduction des émissions des gaz des effets de serre. Or, il existe encore 200 millions de femmes dans les pays en développement qui ont des besoins en contraception non satisfaits…Cependant, alors qu’en Amérique latine ou en Asie, le taux de fécondité a énormément baissé, celui-ci s’est réduit dans une proportion bien moindre en Afrique et le continent vient de dépasser le milliard d’habitants. Pour Patrick Dauby, chef de projet « santé de la reproduction » à l’Agence française de développement, dans le cas où la question du planning familial ne serait pas suffisamment prise en compte, il faudrait peut-être alors revoir à la hausse l’hypothèse d’une population de 9,2 milliards à l’horizon 2050…Depuis la publication du rapport, les Etats-Unis, qui avaient marqué le pas sur l’aide au planning familial en Afrique pendant l’administration Bush, ont décidé de débloquer 12 millions de dollars pour la promotion de la contraception sur le continent africain et asiatique.
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