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Alors que l’enquête « Confiance climatique 2008 », menée dans le cadre du programme HSBC Climate Partnership, a été réalisée en plein effondrement des marchés financiers (entre septembre et octobre 2008), le changement climatique reste la première préoccupation pour 43% des individus interrogés - un score qui atteint 54 % en France. A l’heure où les négociations de Poznan s’achèvent sur un bilan très mitigé, les populations dans les pays développés comme dans les pays émergents attendent plus d’engagements de la part des gouvernements. 48% estiment qu’ils doivent jouer « un rôle majeur », contre 25% qui pensent le contraire. Ils se prononcent également à une forte majorité pour une répartition équitable des efforts. 78 % souhaitent voir leur pays prendre une part proportionnelle, dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la place qu’il occupe dans ce domaine au niveau mondial. Dans les pays émergents, seulement 4% des individus estiment que leur niveau d’émission devrait être augmenté pour développer l’économie de leur pays, à l’inverse des positions souvent prises par leurs gouvernements dans les instances internationales…
Les populations identifient bien, par ailleurs, les priorités de l’action publique et attendent des mesures ayant un impact direct : l’investissement dans les énergies renouvelables arrive en tête de leurs attentes dans 7 pays sur 12, puis la lutte contre la déforestation, la préservation des ressources hydriques et la protection des écosystèmes. Les actions « indirectes », comme les taxes sur les énergies fossiles ou le marché carbone, sont en revanche peu plébiscitées, quel que soit le pays. Les individus moins disposés à faire des efforts Dans la plupart des pays développés, les consommateurs pensent que le rôle demandé aux individus pour réduire le changement climatique est trop important, alors que dans les pays émergents (Brésil, Inde, Malaisie surtout), on attend davantage d’efforts des individus. Au Royaume–Uni, au Canada et en Australie, les personnes interrogées estiment au contraire que « les individus font trop ». Un consensus surprenant apparaît dans tous les pays, émergents comme développés, sur le rôle des ONG : elles « font trop ». Quasiment 40% des personnes le pensent aux Etats-Unis, au Brésil, en Inde… En revanche, aucun pays n’estime que les entreprises « font trop », tous pensent qu’elles ne font pas assez. De manière générale, la crise climatique et les façons d’y répondre révèlent un manque de confiance élevé. En France, seulement 5% de la population interrogée estime que « les gens et les organisations qui devraient faire quelque chose vis à vis du changement climatique font ce qu’il faut », 12% aux Etats-Unis, 19% en Inde… Dans tous les pays, les gouvernements sont pointés du doigt car ils « ne font pas assez » : 40% des britanniques le pensent, presqu’autant aux Etats-Unis et en Australie. Le manque d’action des Etats influence–t-il les comportements individuels et dans quelle proportion ? L’enquête n’étudie pas cet aspect mais révèle néanmoins que les comportements individuels ne sont pas brillants ! « Il semble que sans une implication plus importante des gouvernements, l’engagement de la population face au problème n’évolue pas », constate l’enquête. A la question « Etes-vous disposé à adopter des changements dans votre de vie pour réduire votre impact environnemental ? », les individus sont moins nombreux en 2008 à répondre « oui », par rapport à l’enquête 2007, dans les pays émergents comme dans les pays développés. « La volonté individuelle de modifier les décisions d’achat ou le mode de vie faiblit. En France uniquement, les chiffres ont chuté de 48 % et de 25 % respectivement par rapport à 2007 », note l’étude. Et lorsque les questions entrent dans le vif du sujet, en l’occurrence « êtes–vous disposé à y consacrer du temps et à dépenser plus d’argent » [pour réduire votre impact], le taux de réponses positives chute considérablement. Notamment au Brésil, en France et à Kong Kong, pays dans lesquels les gens sont les plus réticents à dépenser plus d’argent pour l’environnement. A l’opposé, l’Inde est le pays où ils semblent les plus disposés à un effort financier. Globalement, la volonté de changer leur style de vie pour aider à réduire les effets du changement climatique a chuté de 58 % à 47 % , celle de “consacrer plus de temps”, est passé de 45 % à 37 % et “dépenser plus d’argent” a chuté de 28 % à 20 %. « Cette tendance à un degré d’engagement et de préoccupation moindres indique le manque de dynamique pour motiver les consommateurs, soulignant également le besoin d’un leadership [politique] décisif », conclut l’étude. Pour autant, ils sont 28% en France à affirmer « faire un gros effort pour aider à réduire le changement climatique par mon mode vie », 24% aux Etats-Unis et même 40% au Mexique… De quoi s’interroger sur ce qu’ils considèrent être « un gros effort ».
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