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C’est sous l’égide du PNUE (programme des Nations Unies pour l’environnement) qu’a été fondé le « Réseau climatiquement neutre » (CN Net), le 22 février 2008. Il est composé de cinq Etats -Monaco, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, la Norvège et le Costa Rica-, cinq villes -Arendal (Norvège), Rizhao (Chine), Vancouver (Canada), Växjö (Suède)- et cinq entreprises -Co-Operative Financial Services (Royaume-Uni), Interface Inc (États-Unis d'Amérique), Natura (Brésil) Nedbank (Afrique du Sud), Senoko Power (Singapour). « Ce réseau international d’échanges invitera dans les prochains mois la société civile et les particuliers à y prendre part, a précisé Achim Steiner, président du PNUE. Il cherche à fédérer le nombre, encore petit mais grandissant, de nations, autorités locales et sociétés qui s'engagent à réduire fortement leurs émissions pour arriver à des émissions neutres ». Audacieux, ces engagements varient toutefois d’un pays à l’autre, selon les contextes économiques et les efforts déjà entrepris. "Pour la Norvège, ce sont les émissions du pétrole et du gaz qui dominent, tandis qu'en Nouvelle Zélande, l'agriculture représente 50 % des émissions actuelles de gaz à effet de serre » souligne Achim Steiner. L’Islande, qui s’est fixé une réduction de ses émissions à plus de 75 % d'ici 2050, devra porter ses efforts sur le transport, dont les émissions ont augmenté depuis 1990. Sa production d'électricité, l'une des plus propres du monde, lui permettrait cependant d’atteindre cet objectif selon le PNUE. La Nouvelle Zélande s’est, quand à elle, fixée l’objectif d'obtenir 90% de son électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici 2025. Le pays va également mettre en place un système de marché carbone, élargi aux six gaz à effet de serre régis par le protocole de Kyoto. D’ici 2040, il prévoit de réduire de 50 % les émissions par habitant générées par le transport, « en introduisant des voitures électriques et l'obligation d'utiliser des biocarburants ». Un tel objectif soulève cependant des interrogations : plusieurs rapports récents émanant des ONG comme d’organismes institutionnels ou de la Banque Mondiale, restent très critiques sur les impacts des biocarburants, remettant notamment en cause leur capacité à réduire les émissions de GES. La Norvège dépasse ses objectifs Kyoto Plus tangibles, les objectifs norvégiens de neutralité climatique sont fixés pour 2030, le pays ayant déjà annoncé qu’il dépasserait ses engagements pris le cadre du protocole de Kyoto, avec une réduction supplémentaire de 5 millions de tonnes de CO2. La Norvège va, par ailleurs, rejoindre le marché du CO2 européen et investit dans les mécanismes de compensation carbone (MDP) à hauteur de 730 millions de dollars. Enfin, le pionnier de la neutralité climatique qu’est le Costa Rica a annoncé y parvenir d'ici 2021, année qui coïncide avec l’anniversaire de ses 200 ans d'indépendance. Le pays a mis en œuvre depuis plus de 10 ans un programme de « financement des services environnementaux » via une taxe sur les énergies fossiles, qui consiste à rémunérer la gestion écologique, par les propriétaires terriens, des forêts. Il s’appuiera également sur les énergies renouvelables, pour atteindre une part de 90%. Poursuivre le « Road Map » de Bali S’agissant des entreprises membres du réseau, les engagements varient là aussi, allant de la simple déclaration d’intentions à l’affichage d’objectifs chiffrés. Ainsi, Co-Operative Financial Services (groupe bancaire, Royaume-Uni) annonce « aller au-delà de la simple neutralité carbone en compensant 110 % de [ses] émissions chaque année." A Singapour, Senoko Power (producteur d’énergie) a réduit son intensité carbone de 40 % par rapport au niveau des années 1990. « En équipant nos centrales à cycle combiné des technologies économes en énergie les plus récentes et en remplaçant le pétrole par du gaz naturel entre autres », explique son président, Roy Adair. Au-delà de l’effet d’annonce, le PNUE entend avec cette initiative donner une suite au "Road Map" de Bali. « Les gouvernements doivent suivre la feuille de route de Bali pour arriver à une bonne conclusion à Copenhague en 2009, rappelle Achim Steiner. La transition vers un futur à faible carbone, voire sans carbone, est possible si les actions inspirantes et pratiques sont élargies au monde entier." Depuis quelques années, plusieurs réseaux se sont constitués sur la question climatique. Le Réseau des investisseurs sur le changement climatique, lancé en 2003, réunit aujourd’hui 50 investisseurs institutionnels. Peu avant la conférence de Bali en décembre 2007, une coalition internationale réunissant des pays européens et des états américains, entre autres, a été lancée à Lisbonne. Le « Partenariat international pour une action carbone » (International Carbon Action Partnership) veut agir comme un « forum » qui « coordonnera et partagera les informations sur les initiatives régionales de limitation et d’échange de quotas », qui existent en Europe, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et entre états américains et provinces canadiennes. L’initiative, qui milite clairement pour un système contraignant au niveau mondial, affirme qu’un marché international du CO2 garantirait « des chances égales à tous les secteurs concernés ».
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