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Annoncée comme une étape de transition dans la politique internationale sur le climat, la conférence de Nairobi n’avait pas pour objectif d’aboutir à de nouvelles négociations mais plutôt de consolider les mécanismes existants. Les avancées permises en deux semaines peuvent donc paraître dérisoires, compte-tenu de l’ampleur et de l’urgence de ces questions, mais les négociations ont toutefois permis d’obtenir quelques résultats. Tout d’abord, la communauté internationale reconnaît unanimement la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et se fixe l’objectif de les diviser par deux à l’horizon 2050. Par ailleurs, l’avenir du Protocole de Kyoto a été largement débattu pour admettre, in fine, que son processus doit être poursuivi au-delà de 2012, date qui marque la fin des premiers engagements. Pour Greenpeace, « les progrès réalisés ici à Nairobi sont importants. La décision de réviser le Protocole de Kyoto d’ici 2008 devrait nous permettre d’éviter toute discontinuité entre la période d’engagement de 2008 à 2012, et la seconde période démarrant en 2012 » explique Laetitia De Marez , chargée des questions climatiques au sein de l’ONG. Pragmatique, Friends of the Earth International a estimé que "de toutes façons, nous n'avons ni le temps ni le choix de négocier autre chose. Le cadre existant peut fonctionner et nous ne pouvons pas nous permettre d'en négocier un autre", a ajouté FOEI Les négociations ont également permis de prendre en compte la situation des pays en développement, et notamment l’Afrique sub-saharienne, plus sévèrement touchée par les changements climatiques que les pays du Nord. Le Secrétaire général des Nations-Unies, Kofi Annan, a proposé que ces pays gèrent désormais le « fonds pour l’adaptation », destiné à financer des projets permettant de lutter contre le réchauffement. Le fonds sera abondé par une taxe sur le Mécanisme de développement propre, outil qui consiste pour les pays industrialisés à financer des projets d’énergie propre dans les pays émergents pour compenser leurs émissions de CO2. Le MDP connait depuis 2005 un certain succès (1000 projets sont en cours), mais ces projets sont restés jusqu’ici concentrés en Inde, en Asie et au Brésil, l’Afrique n’en ayant attiré que 3. Permettre à l’Afrique d’en bénéficier était par conséquent l’un des enjeux de Nairobi et les Nations-Unies ont donc proposé un « Plan cadre » pour renforcer les capacités des pays africains d’accéder aux projets MDP. Adoptée sur le principe, cette proposition est cependant toujours en négociation sur ses modalités, notamment pour savoir qui en assurera le contrôle. S’agissant de la Chine et l’Inde, dont les émissions cumulées devraient dépasser celles des Etats-Unis en 2012, leur position reste inchangée. Les deux pays ont fait valoir leur « droit à la croissance économique » et se refusent à tout engagement contraignant de réduction de leurs émissions. Ils ont également rappelé aux pays industrialisées leur "responsabilité historique" dans le réchauffement climatique et ont souligné que leurs émissions par habitant resteraient inférieures aux leurs, et ce "pendant encore au moins une génération", a indiqué le ministre indien de l'Environnement. Enfin, les Etats-Unis et l'Australie ont réitéré leur refus d’adhérer au protocole de Kyoto tant que les pays émergents n’y seront pas soumis eux-mêmes. Le gouvernement canadien, qui a récemment présenté un texte de loi visant à abandonner le protocole de Kyoto, a confirmé de son côté qu’il ne pourrait pas en atteindre les objectifs. Tout en appuyant le Protocole dans son principe, la ministre de l’environnement a indiqué que le Canada «respectera ses obligations, mais pas sa cible» autrement dit les objectifs de réduction prévus. Le manque de volonté politique, dénoncé par Kofi Annan quelques jours avant la fin de la conférence, sera probablement évoqué une fois de plus le 1er février prochain, date à laquelle le Groupe international d'experts sur le changement climatique (GIEC) remettra à Paris son 4e rapport. Il confirmera en effet un réchauffement de 2°C au moins de la planète d'ici à la fin de siècle.
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