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En France, en 1990, le secteur des transports était déjà responsable de 22 % des émissions de GES (96% de CO2, 3% N2O, CH4 et gaz frigorigènes). Il est passé aujourd'hui à 26 % et pourrait représenter 34 % en 2010. Par l'énorme quantité de carburant qu'ils consomment, les transports et en particulier les véhicules, sont les premiers responsables en France de l'aggravation de l'effet de serre. " Les constructeurs ne parlent que de s'améliorer au niveau de la pollution locale. Ils concentrent tous leurs efforts sur la réduction des émissions de monoxyde de carbone, ou de particules. Il y a de belles avancées dans ce domaine, mais l'émission de CO2 progresse de manière inquiétante " explique Olivier Louchard, militant du RAC (Réseau action climat). En effet, si les constructeurs automobiles ont signé un accord avec l'Union européenne prévoyant la réduction des émissions de CO2 de 186 à 140 grammes par km en 2008 et 120 g/km en 2012 pour les véhicules neufs, ces efforts risquent d'être annihilés par deux facteurs : la forte croissance du parc automobile et des déplacements d'une part, la systématisation de la climatisation d'autre part, qui, selon le RAC, annule à elle seule l'accord de l'Association des constructeurs européens (ACEA). Réduire les émissions de gaz à effet de serre (dont plus de la moitié sont dues aux particuliers) est également incompatible avec le développement de la climatisation, l'électricité étant l'énergie la plus polluante en termes de production de CO2 et de contribution à l'effet de serre. Or, EDF lance régulièrement des campagnes de publicité dirigées vers les commerçants et propose également aux particuliers d'équiper leurs résidences en climatiseurs, ce qui, en France, semble pourtant superflu. " On installe environ 200 000 climatiseurs par an dans l'habitat, en France, alors qu'en 2001, la moitié de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre de notre pays ont été dues au gaz réfrigérant utilisé dans les systèmes de climatisation, observait Jacques Rilling, directeur scientifique du Centre scientifique et technique du Bâtiment lors du débat national sur les énergies. De plus, la plupart des climatisations ne sont pas installées par des professionnels. Le problème est donc sérieux et aigu ". " Un bâtiment qui nécessite absolument un système de climatisation est mal conçu, confirme Benoît Lebot, administrateur de l'Agence Internationale de l'énergie. A mon sens, la climatisation n'a pas sa place en France dans les logements résidentiels ". Un constat partagé par de nombreux experts et par les associations de protection de l'environnement, d'autant que la France doit impérativement réduire sa vulnérabilité et à sa dépendance à l'égard des énergies fossiles, domaine dans lequel elle accuse déjà un certain retard.
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