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L'état de la planète : L'air

Planète \Environnement \Réchauffement climatique

Publié le 03-03-2004



Alors que les fumées noires des usines tendent à disparaître du paysage industriel mondial, la pollution atmosphérique prend un visage plus insidieux car invisible. Les mesures prises par nos gouvernements prouvent régulièrement leurs insuffisances comme le démontre la croissance des pollutions urbaines ou du trou dans la couche d'ozone, tandis que les causes du réchauffement planétaire commencent à peine à être clairement idéntifiées et prises en compte.

Cette ressource planétaire et indispensable à la vie est très certainement celle que nous maltraitons le plus. Les responsabilités individuelles ne sont pas toujours simples à identifier et les conséquences de nos actes portent plus souvent atteinte à la vie d'autres personnes qu'à celle nos proches. La concertation inter-étatique sur la gestion durable de cette ressource est au mieux balbutiante, et peu prometteuse d'avancées significatives à court terme. Cette dégradation constante de la qualité de cet élément vital tire son origine de l'inadaptation environnementale du modèle de développement occidental, et ne semble pas prête de cesser.


Pollutions urbaines en hausse


Alors que les sociétés occidentales ont quasiment éradiqué ses manifestations visibles, le célèbre "Smog" à la londonienne sévit toujours de Mexico City à New Delhi. Cette fumée riche en suies et autres particules toxiques à longtemps illustré l'ampleur de la pollution urbaine. Les nouvelles technologies utilisées ainsi qu'un durcissement relatif des niveaux d'émissions ne doivent toutefois pas cacher l'inexorable croissance de la pollution atmosphérique en zones urbaines. L'explosion du nombre d'urbains, on dénombre presque 3 milliards de citadins, et la démocratisation de l'automobile contribuent à concentrer une part croissante des émissions carboniques dans les villes. La pollution au carbone s'accompagne généralement d'émissions de gaz soufrés ou azotés, ainsi que d'une production d'ozone et de microparticules.


Couche d'ozone, un trou béant


La découverte en 1985 d'un énorme trou dans la couche d'ozone au dessus de l'Antarctique marqua réellement le début de la mobilisation des Etats afin de lutter contre les causes communes de pollutions atmosphériques. En 1987, la signature du Protocole de Montréal introduisit l'interdiction de la production et de l'usage du CFC dans les pays développés. Le moratoire planétaire ne prenant effet qu'en 2015. Le Protocole de Montréal a réussi à stabiliser le taux de CFC dans la stratosphère, mais la taille du trou devrait encore croître pendant une à deux décennies. La taille maximale du trou d'ozone antarctique est stable à 26 millions de kilomètres carrés tandis qu'il continuerait à s'étendre dans l'hémisphère nord. Le prix Nobel de chimie Sherwood Rowland a prédit que le trou d'ozone allait continuer à croître durant la première décennie du 21ème siècle, puis allait progressivement se refermer sur une période de cinq décennies.

Cet exemple est emblématique de la nécessité de précaution en matière de rejets atmosphériques. Les résultats de la négociation et de l'implémentation pourtant rapide de ce protocole international ne prendront effet que 75 ans après sa signature. D'ici à 2060, des millions de personnes contracteront un cancer de la peau en Amérique du sud et en Océanie. Certains spécialistes estiment que dans certaines régions du monde, comme le Queensland (Australie) ou la Patagonie (Argentine), le cancer de la peau touchera 80% des personnes au cours de leur vie.


Réchauffement planétaire, une fatalité


Les scientifiques semblent enfin avoir trouver un consensus sur le rôle effectif des gaz à effet de serre (GES) sur le réchauffement planétaire. La principale discorde réside encore sur l'ampleur de l'augmentation de la température à la surface du globe dans les années à venir. D'ici à 2100, les scenarios envisagent en effet un réchauffement planétaire moyen allant +1,4° à +5,8°C. Les répercussions du réchauffement climatiques promettent d'être catastrophiques. Nos systèmes climatiques deviendraient chaotiques et plus extrêmes, l'approvisionnement en eau douce dans de nombreuses régions deviendrait problématique, la production agricole plus imprédictible et les famines plus courantes.

Notre niveau actuel d'émissions de GES dans l'atmosphère tend à faire penser qu'un réchauffement planétaire ne pourra être évité. Il est toutefois très certainement possible d'en modérer les effets en adoptant une politique volontariste de réduction de nos émissions de GES.

Les difficultés à mettre en place les réductions -pourtant insuffisantes- proposées par le Protocole de Kyoto illustrent parfaitement l'impossibilité actuelle d'une telle politique. Ce quasi-échec est d'autant plus préoccupant que la croissance mondiale, et notamment asiatique, va entraîner une importante croissance de la demande énergétique. Selon le groupe pétrolier Exxon, cette demande sera essentiellement satisfaite par une augmentation de 80% de la production d'hydrocarbures en 2020. Une prédiction prometteuse de profits à moyen terme pour les groupes pétroliers mais potentiellement catastrophique pour notre planète.

Pierre-Marie Coupry
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