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Dans son livre l’Imposture climatique ou la fausse écologie, paru en février dernier, Claude Allègre avait non seulement mis en doute l’existence du réchauffement climatique, mais il accusait les experts du climat d’avoir «cadenassé» les revues scientifiques à l’aide d’un système «mafieux» et «totalitaire» visant à imposer leurs thèses. La polémique avait alors été largement relayée dans les médias, au moment même où le GIEC devait faire face à de sévères critiques sur son fonctionnement et sur des erreurs figurant dans ses rapports. Depuis le début de l'année, le groupe d'experts sur le climat a en effet fait l'objet de 6 rapports (voir article lié). Le dernier en date, commandé par l'ONU et rendu public début septembre, a préconisé une réforme en profondeur de son fonctionnement mais a validé le contenu de ses travaux, et a donc réhabilité le GIEC en tant que source légitime et fiable d’expertise. Réchauffement climatique depuis la seconde moitié du 20ème siècle Une seconde victoire des experts contre les « climato-septiques » a été remportée aujourd’hui, avec la publication du rapport de l’Académie des Sciences, saisie par Valérie Pécresse à la demande de scientifiques de différentes disciplines indignés par les thèses de Claude Allègre. Celui-ci avait nié l’existence du réchauffement climatique en étayant certains faits et chiffres, qui se sont révélés faux, voire totalement inventés par la suite. Dans son rapport, l’Académie des sciences réaffirme « l’existence du réchauffement climatique depuis la seconde moitié du XIXe siècle, démontré par plusieurs indicateurs indépendants, avec une augmentation de 1975 à 2003 ». Il souligne que la banquise est un « indicateur fort » de l’accélération de l’évolution du climat. De 8,5 millions de km2 stable dans la période 1950?1975, la surface des glaces de mer a connu une décroissance très rapide jusqu’à 5,5 millions de km² en 2010. Le recul des glaciers continentaux est observé de façon quasi généralisée depuis 3 à 4 décennies, avec une nette augmentation au cours des 20 dernières années. "Incontestablement lié aux activités humaines"
Sur l’augmentation des émissions de CO2, il indique que « sa concentration augmente continûment depuis le milieu du XIXème siècle, en raison principalement des activités industrielles », passant de 280 ppm vers 1870 à 388 ppm en 2009. Le taux de croissance mesuré depuis 1970 est environ 500 fois plus élevé que celui observé en moyenne sur les 5 000 dernières années. L’origine de cette augmentation est due pour plus de la moitié à la combustion des combustibles fossiles, le reste aux déboisements massifs et pour une faible part à la production de ciment. La concentration de méthane (dû notamment aux fermentations diverses : zones humides, ruminants, déchets domestiques, biomasse, …), s’est accrue de 140 % sur la même période. Enfin, le protoxyde d’azote, dû en grande partie aux activités agricoles a vu sa concentration augmenter de 20 % sur la même période. Bilan : l’augmentation de l’effet de serre induit pour l’ensemble de ces trois composants est de 2,3 W/m2. « L’augmentation de CO2 et, à un moindre degré, des autres gaz à effet de serre, est incontestablement due à l’activité humaine. Elle constitue une menace pour le climat et, de surcroît, pour les océans en raison du processus d’acidification qu’elle provoque », conclut l’Académie. Claude Allègre a réagi en déclarant à l’AFP que le rapport le satisfaisait « pleinement ». Avant d’expliquer : « ce que je dis depuis le début, c'est qu'il y a de grandes incertitudes et qu'on ne peut pas prévoir le climat à un siècle. Je n'ai pas évolué, je dis toujours la même chose, je dis que le rôle exact du CO2 sur le climat n'est pas démontré ».
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