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![]() Planète \Environnement \ClimatEurope : tollé contre le paquet énergie climatUn non-sommet pour Greenpeace, un soutien aux dinosaures de l'industrie pour le WWF, des intérêts économiques qui priment sur la protection de l'environnement selon les verts européens... L'issue du conseil européen de printemps qui s'est tenu les 13 et 14 mars suscite un tollé du côté des environnementalistes.
Le conseil européen qui réunit les chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne et le président de la Commission avait, outre la croissance et l'emploi, l'environnement à son programme et, en particulier, la politique européenne de lutte contre le réchauffement global. Faisant suite à la présentation d'un plan en janvier 2008 par la Commission européenne (voir article lié), ce conseil avait pour tâche de mener les discussions nécessaires à un accord qui doit aboutir d'ici la fin de l'année afin d'être adopté au début de l'année prochaine. Ce calendrier est essentiel si l'Europe souhaite présenter un front uni dans le cadre des discussions de la Conférence internationale sur le climat qui se tiendra au Danemark en décembre 2009 et qui définira les modalités de l'après-Kyoto. Mais les conclusions de ce conseil ne sont pas à la hauteur des attentes des ONG environnementales. Ainsi pour Mahi Sideridou en charge à Greenpeace des politiques climatique et énergétique de l'UE : "Le Conseil européen de printemps a été un non-sommet. Malgré les grands espoirs de progrès sur le climat et l'énergie, ce que nous avons eu était une copie carbone des propositions de l'an dernier, complétée par un langage protectionniste déplacé afin d'apaiser l'industrie lourde." Alors que le plan initial prévoyait un durcissement du marché d'échange des quotas d'émission de gaz à effet de serre, la chancelière allemande Angela Merkel a soutenu les industriels, ce qui s'est traduit par la formulation suivante dans les conclusions du Conseil : "Le Conseil européen reconnaît que la fuite de carbone dans les secteurs à forte intensité énergétique exposés à la concurrence internationale a besoin d'être traitée d'urgence." Objectif de 30% ? Même impression chez Rebecca Harms et Claude Turmes, Vice-présidents des Verts au Parlement européen : "En comparaison avec le climat du Sommet en 2007, ce sommet semble petit d'esprit, comme si l'engagement européen en matière de lutte contre le changement climatique avait disparu. Au lieu de cela, les dirigeants de l'UE se sont permis une frénésie de négociation en faveur d'exceptions et autres compromis. Ce demi-succès des tentatives pour accorder des exemptions aux industries à forte intensité d'énergie, avant de savoir s'il y aura un ambitieux régime international post-Kyoto, est un signal fatal." Ils ajoutent qu'ainsi "Le Conseil de printemps a prouvé que les intérêts économiques restent rang supérieur à la protection de l'environnement." En effet, sur ce sujet, le conseil reprend la position de la Commission, à savoir : "la conclusion d'un accord international reste la meilleure façon de traiter cette question." Alors que ce conseil conlut également qu' "Il faudra intégrer l'objectif plus ambitieux d'une réduction de 30 % (des émissions de GES), dans le cadre d'un accord mondial global, de manière claire, équilibrée, transparente et équitable, en tenant compte des travaux entrepris au cours de la premièrere période d'engagement du protocole de Kyoto," ses prises de position qui apparaissent en faveur du lobby industriel semblent contredire cette volonté. Serge Orru, directeur du WWF France, "attend de la France qu'elle soit - dès maintenant et pendant sa présidence de l'UE - un moteur ambitieux et résolu à emmener l'Europe dans une dynamique positive vers le Sommet de Poznan* fin 2008 où les négociations internationales sur le climat doivent impérativement franchir une nouvelle étape."
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