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Malgré la vive opposition du secteur, les autorités européennes vont intégrer les compagnies aériennes dans le protocole de Kyoto, au même titre que l’industrie et le secteur de l’énergie. "Nous allons soumettre au même traitement les compagnies aériennes au départ ou à destination des aéroports européens, sans distinction de nationalité,' avait déjà indiqué le commissaire Stavros Dimas dans une conférence le 9 novembre dernier, ajoutant que l'inclusion du secteur aérien dans le marché carbone "était nécessaire car les gaz émis par les avions sont en constante hausse et risquent de compromettre les progrès réalisés grâce à la réduction des émissions dans d'autres secteurs". La proposition de directive stipule que les plafonds d’émissions de CO2 seront fixés, à partir de 2011, au niveau européen (et non au niveau des Etats membres) et calculées selon la moyenne des émissions du secteur en 2004-2006. La limite des émissions serait fixée pour tous les vols au départ des aéroports européens, y compris les vols internationaux, pour éviter que les compagnies européennes soient désavantagées par rapport à leurs concurrentes étrangères. Cette mesure s'appliquerait par conséquent à tous les transporteurs et impliquerait un surcoût moyen par billet compris entre 4,6 et 39,6 euros selon la distance couverte. Croissance exponentielle Du côté des compagnies, représentées par l'association internationale du transport aérien (AITA, 265 compagnies de 136 pays), l’opposition au projet restait vive. L’association avait publié un rapport fin avril 2006 pour "tuer certains mythes persistants" concernant l'impact de l'aviation sur l'environnement. L'AITA affirmait ainsi que « le transport aérien représente une part modeste des émissions de CO2 au niveau mondial, se situant autour de 2% » et indique qu’au cours des 40 dernières années, les émissions par passager-kilomètre ont diminué de 70%. L'efficacité énergétique du transport aérien aurait, selon son rapport, augmenté de 20% au cours de la dernière décennie. Enfin, elle indique que « 80% des émissions de l'aviation sont liées aux vols de plus de 1 500 kms, pour lesquels il n'existe pas d'autre mode de transport ». Ces arguments avaient aussitôt été réfutés par l’ONG européenne pour le transport et l'environnement (T&E). Selon elle, le chiffre de 2% se réfère aux émissions de CO2 et non aux autres conséquences sur le climat comme les cirrus causés par les avions. Par ailleurs, le chiffre de 2% date de 1992 et ne tient pas compte de la croissance explosive de l'aviation mondiale au cours des quinze dernières années, rappelle l’ONG. T&E estime que la véritable contribution de l'aviation au réchauffement climatique mondial se situe entre 4% et 9%. Par ailleurs, le secteur connaît une croissance explosive, prévue pour les vingt ans à venir entre 3 et 7 %. Si aujourd'hui 1 milliard de personnes et 30 millions de tonnes de fret transitent par les airs, le nombre de kilomètres parcourus devrait tripler et le nombre d'avions doubler sur la même période. Sur le plan géographique, la croissance du transport aérien est par ailleurs plus forte en Europe et en Asie pacifique, ainsi qu'entre ces deux régions. La demande en Chine croît ainsi de 10 % par an contre 2 % aux Etats-Unis.
Des initiatives pour compenser ses émissions
Sachant qu’un aller-retour Paris New York émet près d’une tonne de CO2 par passager, plusieurs initiatives ont vu le jour pour permettre aux voyageurs de compenser leurs émissions de CO2. L’une d’elles, « CO2solidaire.org » a permis à des particuliers, des entreprises et des collectivités de compenser leurs émissions à hauteur de 1 073 tonnes en deux ans. Les sommes recueillies sont destinées à des projets solidaires dans des pays en développement. « Un bilan qui est loin d'être négligeable quand on sait qu'un trajet Paris-Marseille en voiture équivaut à une émission de 0,15 t de CO2. Ces compensations correspondent à 23 300 € de dons affectés à des projets de développement économes en CO2 », indique l’association. En Allemagne, les voyageurs peuvent également contribuer de manière volontaire à la lutte contre le réchauffement climatique via le site internet d’Atmosfair, qui permet d’acheter des certificats d’émission dont le montant est calculé directement sur le site. Dernière initaitive en date, le site Action Carbone lancé en novembre 2006 propose de manière plus globale aux entreprises, aux collectivités et aux institutions de mesurer l’intégralité de leurs émissions grâce à la méthode de bilan carbone de l’ADEME. Elles peuvent ensuite se fixer des objectifs de réduction et de compensation pour arriver à une « neutralité carbone».
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