Dossier exclusif Climat

Planète \Environnement \Réchauffement climatique

Publié le 22-10-2009

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200 pays participent au Sommet mondial sur le climat qui se déroule à Copenhague, du 7 au 18 décembre 2009. L'objectif : négocier de nouvelles mesures pour l'après Kyoto, qui s'achève en 2012, et maintenir le réchauffement climatique à un niveau de 2°, conformément aux recommandations des experts du GIEC.

Il n’y aura pas de nouveau traité international sur le climat à Copenhague. C’est en substance ce que déclare Yvo de Boer, chargé du dossier aux Nations-Unies, dans un entretien au Financial Times publié mardi 20 octobre.  « Le sommet sur le climat n'accouchera pas d'un traité mais d'un cadre politique en vue de la réduction des émissions de gaz à effet de serre », a-t-il souligné, ajoutant : « si vous voyez le peu de temps qui reste avant Copenhague, c'est clair». Il envisage néanmoins une « décision globale qui fixe des objectifs individuels pour les pays industrialisés, qui décide comment les pays en développement les plus importants comptent s'engager à réduire les émissions d'ici à 2020 et, espérons-le, qui place cela dans le contexte d'un objectif à long terme » d'ici à 2050.

Si aucun accord contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne doit être attendu, plusieurs sujets majeurs sont ouverts aux négociations :
• Fixer, pour les pays développés, des objectifs de réduction à court et moyen termes
• Aider financièrement les pays en développement pour l’adaptation aux changements climatiques et leur apporter un transfert de technologies vertes
• Lutter contre la déforestation et créer un mécanisme de compensation des émissions de CO2 évitées grâce aux politiques de lutte contre la déforestation.

Des questions restées en suspens depuis le Sommet de Bali

Lors du Sommet précédent, qui s’est tenu à Bali en 2007, plusieurs questions fondamentales sont restées en suspens et ne figuraient pas dans l’accord final : l'objectif de maintenir l'augmentation globale des températures en dessous de 2°C d'ici la fin du siècle ; la réduction par deux des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050 et l'engagement des pays industrialisés de réduire de 25 à 40 % leur émissions d'ici à 2020, par rapport aux niveaux de 1990 . Seule l’Europe à annoncé un objectif de -20% d’émissions par rapport à 1990, et davantage si d’autres pays s’engagent.

Par ailleurs, seul un grand chantier a pu démarrer depuis, celui de la déforestation et de la création d’un mécanisme de compensation des émissions de CO2 évitées par les politiques de lutte contre la déforestation. Si l’aide internationale pour l’adaptation des pays pauvres semblait acquise à Bali, aucun engagement sérieux n’a été pris par les pays occidentaux et le financement d’un fonds mondial pour l’adaptation reste au point mort.

La position des pays émergents

Le G77 et la Chine sont très critiques sur le refus, de la part des pays développés, d’annoncer  des chiffres de réductions de leurs émissions. 

La Chine. Le pays devenu 1er émetteur mondial des émissions de gaz à effet de serre,  appelle les pays occidentaux, particulièrement les Etats-Unis, à s’engager davantage et demande au président Obama des objectifs de réduction chiffrés. Or, celui-ci ne veut pas s’engager dès lors que sa loi sur le climat n’a pas été adoptée. Le président chinois Hu Jintao s'est engagé mardi 22 septembre 2009 à l'ONU à réduire "notablement" les émissions de gaz à effet de serre rapportées à la croissance économique d'ici 2020 comparativement à 2005. Mais il a également affirmé que pour "les pays en développement la première priorité est maintenant la croissance économique, l'éradication de la pauvreté et l'amélioration du niveau de vie", et non le réchauffement climatique.

Le Brésil: Très critique sur la position américaine, le pays estime que les objectifs de réduction des Etats-Unis restent inacceptables et devraient être de -20% en 2020 par rapport à 1990 ; au lieu des -4% envisagés. Le pays ne s’engage pas sur des objectifs chiffrés de réduction mais il a annoncé des engagements pour lutter contre la déforestation.

L’Inde. Comme les autres pays émergents, le pays considère que la responsabilité historique du changement climatique incombe aux pays industrialisés. L'Inde a ainsi annoncé le 17 septembre 2009 qu'elle appliquerait ses propres objectifs de réduction des émissions de CO2 mais qu’elle refuserait toute demande contraignante imposée par la communauté internationale.

L'Afrique va demander à Copenhague que les pays riches remplissent leur « devoir de solidarité ». "Nous pensons qu'il faut 65 milliards de dollars pour pouvoir faire face à ces phénomènes de changement climatique", a indiqué le ministre de l'environnement du Burkina Faso.


Retrouvez tous les sujets sur le Climat dans notre dossier spécial Copenhague : les avis d’experts, les conséquences du changement climatique, le rôle des entreprises, la mobilisation des ONG, les stratégies d’adaptation, les mécanismes de Kyoto, la finance carbone…

Véronique Smée
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