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Après 11 jours de négociations marquées par de profonds désaccords entre pays industrialisés et pays en développement, un accord global mais a minima a pu être trouvé, ratifié le 11 décembre 2010 par tous les états à l’exception de la Bolivie, comme ce fut déjà le cas en 2009 à Copenhague. Plusieurs avancées figurent dans cet accord : premièrement, il sauvegarde le principe des négociations multilatérales sur le climat, alors que de nombreux observateurs craignaient l’implosion du cadre onusien,. Ce consensus ouvre donc la voie des futures négociations de Durban en 2011. Deuxième avancée : la création d’un Fond vert mondial, proposition soutenue depuis le sommet de Copenhague par le Mexique. Ce fonds doit permettre aux pays en développement de s’adapter aux changements climatiques et d’accéder aux technologies vertes, via un transfert de technologies Nord/Sud. Adossé à la Banque mondiale, gouverné par 24 membres (à égalité, des représentants de pays développés et pays en développement), il doit à rassembler 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020 ; dont une part de financements dits « précoces » ou « fast start » de 30 milliards de dollars entre 2010 et 2012. Aujourd’hui il est abondé par les l'Australie (20 millions de dollars), l’Union européenne (cinq millions de dollars), la Norvège (cinq millions de dollars) et les États-Unis (cinq millions). Reste à savoir si oui ou non, il s’agira de financements additionnels, et non d’un recyclage des aides au développement comme le craignent les ONG (voir article lié) Le processus Redd+ confirmé Sujet clé depuis Copenhague, le processus REDD+ (voir articles liés) destiné à endiguer la déforestation et à récompenser financièrement les états qui s’y engagent a également connu des avancées positives à Cancun. Le texte « encourage les pays en développement à mettre en œuvre des actions d'atténuation dans le secteur forestier », à « établir un plan d'action » tout en reconnaissant « les droits et savoirs des peuples indigènes » qui vivent des ressources forestières. Reste une question majeure en suspens : Cancun n’a pas permis de poursuivre l’engagement du Protocole de Kyoto, seul traité qui fixe aux pays industrialisés des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions jusqu’en 2012. Les pays signataires du Protocole ont d'ailleurs reconnu que leurs engagements de réduction d’émissions ne permettent pas de maintenir l’augmentation des températures en deçà de 2°C d’ici à 2050. Pour autant aucun engagement n’a été pris pour le prolonger au-delà de 2012. L’Union européenne est restée en retrait alors qu’elle s’était prononcée en faveur d’une seconde période d’engagement. Le texte indique certes qu'il faut « s'assurer dès que possible et à temps qu'il n'y ait pas d'écart entre la première et la seconde période d'engagement au protocole de Kyoto », mais le Japon, la Russie et le Canada refusent de prolonger Kyoto en indiquant vouloir un nouveau traité, qui inclurait les grands émetteurs de gaz à effet de serre : Etats-Unis, Chine et Inde. Bilan : l’avenir post-Kyoto est renvoyé au sommet de Durban fin 2011. Par ailleurs, le texte adopté à Cancun ne permettra de respecter l’objectif recommandé par les experts du GIEC, comme l’a souligné Christiana Figueres, responsable de l'ONU chargée des changements climatiques : « Si tous ces objectifs et mesures [adoptés à Cancun] sont entièrement réalisés (…) ils ne pourraient produire que 60% de réduction des émissions, qui d'après les scientifiques sont nécessaires pour rester en dessous des 2 degrés ».
Une « bonne base » pour la suite
Si l’optimisme semblait régner à l’issue du sommet, de nombreuses questions restent en suspens et occuperont les négociations internationales en 2011. Rien ne laisse en effet présager d’un accord mondial et contraignant à Durban (Afrique du sud), où se déroulera fin 2011 la COP 17. Cancun est d’ailleurs perçu comme une étape dans la négociation, dans une logique de consolidation de l’accord de Copenhague, qui a certes été décevant, mais qui a pu tout de même être pris comme base (Voir article lié). Stéphane Hallegatte, chercheur au Cired-Météo France, et l’un des auteurs du 4ème rapport du Giec en 2007, estime que « Copenhague a permis de faire le travail qu’il y avait à faire, en tuant la méthode européenne de négociation qui ne marchait plus. Au lieu de partir du haut, des grands schémas, nous repartons donc sur un travail sur les fondations, sur les projets : la déforestation, les transferts de technologies, l’architecture financière qui permettra enfin de pouvoir réellement engager les moyens financiers ».
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