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Climat : les scientifiques s'apprêtent à rendre un rapport alarmant

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Publié le 29-01-2007



500 experts scientifiques sont réunis à Paris pour approuver le 4ème rapport du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat). Ce travail, qui a duré 6 ans et mobilisé plus de 2500 scientifiques de 130 pays, devrait confirmer des prévisions alarmantes sur le réchauffement climatique. A l'occasion de cet événement, Greenpeace publie un rapport dans lequel il propose un scénario pour réduire de 50% les émissions de GES d'ici 2050.

Créé en 1988 à la demande du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Canada et Italie), le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) travaille sous l'égide de l'ONU et du PNUE.  Il a publié son 1er rapport en 1990, devenu depuis un outil de décision pour les gouvernements. En 1995, son second rapport servira de base scientifique à la création du protocole de Kyoto. Le dernier, en 2001, a confirmé le rôle des activités humaines dans le réchauffement planétaire et a fait état d’un réchauffement probable compris entre 1,4 et 5,8° de 1990 à 2100. Le niveau moyen de la mer devrait par ailleurs augmenter de 9 à 88 cm entre 1990 et 2100.
Pour son très attendu 4ème rapport, le GIEC réunit, en janvier 2007, 500 experts internationaux à Paris, qui doivent en approuver les conclusions. Le contenu, qui est déjà annoncé comme très alarmant, doit être révélé vendredi. D’ores et déjà, les auteurs ont annoncé qu'il est désormais inévitable que les phénomènes climatiques extrêmes (fortes chaleurs, précipitations, tempêtes) deviennent plus fréquents. Le document évoque par ailleurs  une hausse de la température de 3 degrés d'ici 2100 et n’exclut pas des hausses supérieures à 4,5 degrés.

L’alternative Greenpeace

Quelques jours avant l’ouverture du GIEC, Greenpeace et le Conseil européen des énergies renouvelables (Erec) ont publié un rapport intitulé "[R]évolution énergétique. Vers un avenir énergétique propre et durable », qui comprend une série de propositions pour réduire de 50% les émissions mondiales de CO2 d’ici 2050, sans compromettre la croissance économique mondiale ni recourir au nucléaire. « C'est l'objectif minimum auquel nous sommes tenus pour maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 2°C, température au-delà de laquelle tous les experts s'accordent à dire que ses effets seraient absolument dévastateurs, rappelle Laetitia de Marez, de Greenpeace international. La [R]évolution énergétique que nous proposons tord enfin le coup à un vieux préjugé selon lequel il n'est pas réaliste d'imaginer que l'on peut réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 tout en maintenant un approvisionnement énergétique sécurisé abordable, et un développement économique en progression régulière. » Le rapport préconise un investissement massif dans les énergies renouvelables, qui permettrait de satisfaire la moitié des besoins mondiaux d'énergie d'ici 2050, à condition qu'un effort soit parallèlement mené pour améliorer l'efficacité énergétique.
Entreprises et ONG font pression sur le gouvernement américain

 L’U.S. Climate Action Partnership (USCAP), qui regroupe des entreprises et des ONG américaines, a présenté le 22 janvier à Washington un plan d'action pour réduire les émissions de GES dans le pays. L’USCAP regroupe notamment Alcoa, BP America, Caterpillar, Duke Energy, DuPont, FPL Group, General Electric, Lehman Brothers, PG&E ainsi que 4 ONG : Environmental Defense, Natural Resources Defense Council, Pew Center on Global Climate Change et World Resources Institute.  Ils demandent au gouvernement américain d’adopter des mesures contraignantes pour réduire les émissions de GES. Le plan d’action, présenté dans le rapport « A Call for Action », préconise une réduction de 10 à 30% des émissions de gaz à effet de serre dans un délai de 15 ans et une réduction de 60 à 80% d'ici 2050. Il s’appuie sur des mécanismes proches de ceux du protocole de Kyoto, en particulier la mise en œuvre d’un système d’échange de quotas de CO2. L’USCAP s’est dit « prêt à discuter de cette position avec le Président américain, le Congrès et toute autre partie prenante ».


"Le marché global des énergies renouvelables peut se développer selon un taux à deux chiffres jusqu'en 2050, confirme Arthouros Zervos, président du Conseil européen des énergies renouvelables (Erec). Avec les marchés de l'éolien et du solaire, qui affichent un chiffre d'affaires de 38 milliards de dollars et doublent en taille tous les trois ans, la croissance des énergies renouvelables suit le même chemin de développement que les technologies de l'Internet et du téléphone portable." Pour mettre en ouvre un tél scénario, Greenpeace préconise l’adoption de normes internationales strictes plafonnant la consommation des appareils électriques de consommation courante, une meilleure isolation des bâtiments, une limitation de la consommation des véhicules, et une refonte des modes de production et de distribution d'électricité. L’ONG appelle à substituer aux grosses centrales de production des systèmes décentralisés de proximité pour fournir chaleur et électricité.
Greenpeace reconnaît que cette « révolution énergétique » aura un coût, mais que la hausse du prix des énergies fossiles rendra d’ici 15 ans les énergies renouvelables plus compétitives. Le mot révolution est bien choisi puisque, actuellement, la combustion d'énergies fossiles assure encore 80% de la production d'énergie mondiale, laquelle progresse chaque année de 3%...Pour appuyer leur action, des militants de Greenpeace ont grimpé la Tour Eiffel pour déployer deux banderoles géantes. La première représente un thermomètre qui indique la nécessité de maintenir le réchauffement de la planète en dessous de +2°C et la seconde affirme: "It's not too late".

Le réchauffement climatique également discuté à Davos

Enfin, il a été également question de changements climatiques à Davos, où se sont réunis 2500 décideurs économiques et politiques. Le Forum économique mondial a consacré une partie de ses débats au rapport de Vattenfall, entreprise suédoise du secteur énergétique figurant parmi les leaders dans la lutte contre le changement climatique. Cette étude aborde le sujet sous un angle positif, montrant que la lutte contre le changement climatique est non seulement faisable, mais en outre moins coûteuse que les chiffres habituellement annoncés. Les coûts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre représenteraient environ 0,6% du PIB mondial, contre 1% pour le rapport Stern. Par ailleurs, 40% des mesures nécessaires dans les pays industrialisés seraient rentables. Enfin, Davos a été l’occasion de réunir entreprises, dirigeants politiques et représentants d’ONG pour examiner les coopérations possibles en la matière. Plusieurs grands décideurs se sont prononcés pour des limitations des émissions de gaz à effet de serre, afin de stimuler la production d’énergies alternatives, mais aussi pour davantage de régulation et d’incitations gouvernementales. Plusieurs d’entre eux se sont dits favorables à une taxation sur le CO2. 
Véronique Smée
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