Planète \Environnement \Climat

Climat : Les villes s'engagent plus que les entreprises

Depuis 2002, Chalon-sur-Saône est la ville française pilote engagée dans le programme européen Privilèges, inscrit dans le projet Life Environnement de lutte contre les changements climatiques. Avec ses partenaires, le WWF, l'Ademe et la Maison de l'environnement de Chalon, l'agglomération de 50 000 habitants a pour ambition de " montrer qu'il est possible en trois ans de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) au moins autant que le prévoient les engagements internationaux sur une période de... dix ans ! ".
Un défi qui associe tous les acteurs locaux, municipalité, services administratifs, établissements publics, entreprises, citoyens... et d'autres villes. Le 13 novembre dernier, une rencontre sur le thème de la ville face aux émissions de GES a d'ailleurs eu lieu à Chalon. A cette occasion, le WWF a remis aux participants un recueil intitulé " 100 initiatives de villes contre le changement climatique. "

Etat des lieux avec Régis Dick, responsable projets européens au WWF France.

Que penser, à l'heure actuelle, de la mobilisation des collectivités en matière de lutte contre le changement climatique ?
Régis Dick : Le nombre d'agglomérations engagées dans la lutte contre le changement climatique est encore insuffisant et rares sont les villes qui ont une vraie politique intégrée. Mais on constate de plus en plus d'initiatives locales concrètes. On a noté depuis quelques temps au WWF une demande très forte de renseignements et d'accompagnement, qui nous déborde presque. Pour prendre l'exemple de Chalon-sur-Saône, nous avons été agréablement surpris par l'engagement réel de la ville, qui avait depuis plusieurs années déjà un plan municipal de l'environnement. Tous les services sont mobilisés autour des économies d'énergie et des énergies renouvelables, grâce à un tableau de bord très efficace, qui permet de quantifier les effets de chaque action, comme le remplacement des ampoules de la ville ou la mise en place d'horodateurs fonctionnant à l'énergie solaire. La quantification est primordiale pour montrer que cela est faisable, et c'est pour cela que nous avons mis au point ce recueil, qui compile des initiatives concrètes, avec le coût, le délai, et le retour d'expérience.

Dans le cadre du programme Privilèges, Chalon-sur-Saône a prévu un plan d'action éco-industriel pour inclure les entreprises dans la démarche. La première étape, celle du pré-diagnostic énergétique, ne concerne à ce jour que 6 entreprises sur plus de 500 recensées à Chalon. Comment expliquer ce très " faible " engagement ?
Régis Dick : Les collectivités sont sans aucun doute plus volontaristes que les entreprises, et je vois deux explications majeures à cela. Tout d'abord, le coût de l'énergie est trop faible,  les entreprises considèrent donc qu'elles n'ont pas d'intérêt économique à se lancer dans des investissements coûteux pour économiser 10 % de leur consommation d'énergie, ce que nous  leur proposons à travers le pré-diagnostic énergétique. Pourtant, grâce à notre participation financière, celui-ci ne leur coûte que 300 euros. Mais la réaction des entreprises à ce jour montre bien le peu d'intérêt. La deuxième explication tient au fait qu'il n'y a pas assez de mesures contraignantes. Et comme les entreprises ne peuvent pas se mettre en avant, comme le fait une collectivité, parce qu'elle lutte contre l'effet de serre, l'approche volontaire est rare. Il faut adopter une politique très " commerciale " avec les entreprises, et c'est que nous allons faire sur Chalon, en distribuant par exemple un guide pour le verdissement des bureaux en 2004, chiffres à l'appui.

Vous placez l'agriculture et les transports en tête des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre. Selon vous, quel est celui sur lequel les collectivités peuvent et agissent le plus ?
Régis Dick : De prime abord, il est plus facile d'agir sur les transports car ils concernent majoritairement les villes. Le milieu rural, lui, est encore assez éloigné des problématiques de l'effet de serre. Pourtant, en matière d'agriculture il y a de quoi faire. Pour donner un exemple, une des initiatives citées est celle du pays des Mauges (Loire) et de son banc d'essai des tracteurs. Pour 100 euros, un agriculteur fait passer un contrôle technique à son tracteur, obtient des conseils d'utilisation et un réglage lui permettant de réaliser jusqu'à 300 euros d'économies de fioul par an, ce qui représente 2 tonnes de CO2 en moins... pour la planète ! 
Pour les transports, l'initiative de Chalon est intéressante : à la fois améliorer l'utilisation et la nature du parc automobile de la ville (révision, conseils de conduite douce, renouvellement avec recours à des véhicules moins polluants), mais aussi promouvoir le transport public et avoir une politique cyclable volontariste avec son inscription envisagée dans le PDU de Chalon. Les choses avancent.

Sylvie Touboul
Mis en ligne le : 14/01/2004
© 2009 Novethic - Tous droits réservés

Média

Média
  • Les publications RSE et ISR
  • S'inscrire à Novethic'info :
  •  
  • Les fils d'infos
  • Les journalistes

Centre de recherche

Centre de recherche

Guides

Guides

Informations

Informations