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La température terrestre ne devra pas augmenter de plus de 2°C d'ici 2050. Ce seuil minimal, préconisé par les scientifiques du monde entier, a été adopté pour la première fois par l'ensemble des membres du G8, lors de leur dernière réunion à Aquila, début juillet 2009. Un engagement inédit validé par le Japon, qui entend bien prendre les rennes de la lutte contre le changement climatique. Le pays s'est d'ailleurs fixé comme objectif propre une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 15% d'ici 2020, par rapport à 2005. Divisions autour du choix de l'année de référence Cet objectif nippon est loin de faire l'unanimité. Le choix de 2005 comme année de référence est en effet souvent perçu comme un moyen de minimiser les efforts. En comparaison, l'engagement japonais équivaut à 8% de diminution des émissions par rapport à 1990, année de référence du protocole de Kyoto. Or, le protocole imposait justement au Japon une réduction de 6% d'ici 2012... Autrement dit, l'effort porterait sur 2% supplémentaires à l'horizon 2020. De nombreuses voix s'élèvent donc pour dénoncer un manque d'ambition. Notamment celle de Kim Cartensen, responsable climat du WWF International, pour qui « les pays qui prennent 2005 comme année de référence sont ceux dont les émissions ont singulièrement augmenté depuis 1990. » Celles du Japon ont progressé de 9% entre 1990 et 2007. À cette querelle de chiffres, le Premier ministre Taro Aso répond que l'année 1990 n'a jamais fait consensus : « l'Europe n'est-elle pas la seule à s'obstiner à choisir 1990 comme année étalon ? Les États-Unis ont pris 2005, le Canada 2006 et l'Australie, 2000. » Quant à ceux qui jugent cet objectif de moyen terme insuffisant au regard des données scientifiques, le premier ministre objecte qu'il « serait très difficile d'engager une réduction linéaire des émissions jusqu'en 2050, en s'appuyant seulement sur la techonologie existante. » Et promet de développer et de diffuser massivement ces technologies propres, et l'énergie nucléaire. « Des études montrent que la combinaison de tels efforts permettra une réduction de 30% des émissions d'ici 2030. L'objectif de 2020 n'est que la première pierre de l'édifice. » Devenir un leader de la lutte contre le réchauffement
L'édifice entamé par le gouvernement devrait donc le conduire à réduire les émissions nationales de 60 à 80 % d'ici 2050. Le plan de relance économique de 116 milliards d'euros, adopté en avril 2009, prévoit ainsi des mesures en faveur du secteur environnemental, dont l'octroi de subventions à la filière solaire. Le gouvernement se félicite par ailleurs de ne compter que sur des mesures effectives pour atteindre son objectif, sans miser sur un système d’échange de crédits carbone. Une stratégie récemment saluée par le rapport de l'Institut pour les sciences, l'innovation et la société de l'université d'Oxford (InSIS), selon lequel la politique nippone est bien plus prometteuse que les mécanismes de marché du carbone mis en place par l'Europe et les Etats-Unis. D'après Steve Rayner, directeur du InSIS, «le Japon est le leader mondial en matière d'amélioration de l'efficacité énergétique. » Dans son discours du 10 juin 2009, Taro Aso a d'ailleurs exprimé l'ambition de devenir leader de la lutte contre le changement climatique, et de fédérer tous les pays émetteurs dans les engagements internationaux post-Kyoto. Miser sur le développement du solaire
Le Premier ministre a également précisé les engagements du gouvernement, sans toutefois fixer de date butoir. Il souhaite ainsi porter la part d'électricité d'origine renouvelable à 20% de la production globale. Et surtout, soutenir massivement la filière photovoltaïque, dans l'espoir de devenir « la première nation solaire du monde », en multipliant par 20 la production d'énergie solaire. Premier producteur de cellules photovoltaïques, le Japon est aujourd'hui dépassé par l'Allemagne et l'Espagne en terme de capacité installée. Le gouvernement souhaite donc restaurer les subventions accordées à la filière, interrompues depuis 2006, soutenir ainsi l'installation de 340 mégawatts en 2009, et équiper plus de 70 % des nouvelles maisons à l'horizon 2020. En outre, deux centrales devraient ouvrir leurs portes en 2011 et 2012, aux puissances respectives de 10 et 18 MW. Ces subventions sont pour l'heure davantage destinées à l'installation de panneaux chez les particuliers. Une orientation stratégique qui n'a rien de surprenant : l'industrie et le gouvernement japonais prétendent que la majorité des émissions sont d'origine domestique. Or, d'après le WWF Japon, l'industrie nippone est responsable de 64% des émissions directes du pays. Le WWF Japon regrette d'ailleurs le manque de politique contraignante à l'égard des entreprises, dont le seul outil « règlementaire » est le Volontary Action Plan, crée en 1997 par la fédération du commerce nippon. 35 entreprises l'ont signé, avec pour objectif de réduire leurs émissions, selon des critères qu'elles établissent elles-mêmes... Quelles que soient les mesures prises par les dirigeants japonais, l'objectif de 15% de réduction reste difficile à atteindre sans l'achat massif de crédits carbone. Conscient de cette nécessité, le Japon a créé un marché d'échanges volontaires en janvier 2009, et acheté des crédits carbone pour un montant de 40 millions d'euros à la République Tchèque en mars 2009.
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