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Europe versus Etats-Unis : les contours du débat international en matière de climat ne changent pas. Alors que le Protocole de Kyoto, qui entrera en vigueur le 16 février 2005, est déjà considéré comme « insuffisant » par les pays européens, les Etats-Unis continuent à refuser toute négociation sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La délégation américaine a en effet indiqué, lors de la conférence internationale de Buenos Aires, qu’elle estimait prématuré d’évoquer l’après 2012, dans la mesure où les progrès technologiques permettraient certainement, dans un avenir proche, de réduire les émissions de gaz carbonique. Par conséquent, aucune contrainte ne doit peser d’ici là sur les entreprises et sur l’économie en général…Cette position a coupé court aux espoirs des négociateurs européens, qui avaient pour objectif de préparer des discussions en 2005. Les Etats-Unis ont tout juste accepté le principe d’un « séminaire informel » au printemps prochain et ont réussi, une fois de plus, à faire échouer les négociations internationales sur les changements climatiques. Ce séminaire devra être limité à "un échange d'informations sur l'application pratique des politiques nationales existantes" pour combattre l'effet de serre et "ne devra pas traiter de la question de négociations futures" ni de "mandats" de négociation. Enfin, il "ne devra faire l'objet d'aucun rapport, ni écrit ni oral", qui pourrait servir de base à de futures négociations. Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans un message, a "pressé" la communauté internationale d' "aller au delà du protocole de Kyoto". "Nous devrons faire davantage pour atténuer les conséquences du changement climatique. Et sans une réduction appropriée (des émissions de gaz à effet de serre), l'adaptation (aux conséquences du réchauffement) deviendra une tâche insurmontable".
Maintenir le réchauffement à 2° De fait, le récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), rendu public le 26 octobre dernier, a de quoi inquiéter. Il montre que la demande d’énergie devrait croître de 60% d’ici 2030 et que 85% de cette augmentation sera fournie par les combustibles fossiles, entraînant de facto une croissance des émissions de GES. En outre, les deux tiers de cette augmentation de la demande viendront des pays émergents comme la Chine et l’Inde -non concernés par Kyoto-, dont les émissions dépasseront, en 2020, celles des pays industrialisés…La Chine générerait à elle seule 25% de cette augmentation d’ici 2030 , pour atteindre 18% des émissions mondiales de GES,contre 13,1% actuellement et 6% en 1994. Dès lors, seule une stratégie permettant de réduire de 50% les émissions mondiales de GES d’ici 2050 pourrait stabiliser le réchauffement climatique à 2°c par rapport à la période pré-industrielle, seuil adopté par l’Union européenne. « Maintenir le réchauffement climatique à un niveau supportable nécessite des réductions rapides et radicales des émissions des pays industrialisés d'ici la moitié de ce siècle, souligne Laetitia De Marez, chargée de la campagne Climat pour Greenpeace .Nous ne pouvons pas passer sept ans de plus à pinailler alors que le climat commence à changer et pourrait s'emballer si nous n'agissons pas" . Notons que l’UE a toutefois obtenu une avancée lors de ce sommet, puisque les pays du « G77 » -groupe des pays émergents- se sont ralliés à sa position en acceptant de prendre des engagements de réduction de leurs émissions, en échange d’une aide des pays industrialisés pour acquérir des technologies moins polluantes.
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