Changements climatiques : quels impacts en France ?

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Publié le 10-11-2005

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Avec le concours d'experts français,Greenpeace publie une étude sur les impacts du réchauffement climatique au niveau hexagonal. Cette approche locale des changements climatiques a vocation, pour l'ONG, à informer le public à la veille de nouvelles annonces sur le Plan Climat par le gouvernement.

Plusieurs raisons ont amené Greenpeace à publier ce rapport, réalisé avec Jean Jouzel, directeur de recherches au CEA (Centre de l’énergie atomique) et Hervé Le Treut, responsable du laboratoire de météorologie du CNRS. Tout d’abord, le déficit d’information, puisqu’il n’y avait pas eu d’étude sur les impacts du réchauffement climatique en France depuis 1998. Ensuite, la volonté d’informer les citoyens en rendant concret un sujet qui demeure abstrait pour beaucoup d’entre eux. « Les sondages montrent que les changements climatiques constituent une préoccupation majeure des Français, mais que leurs connaissances sur le sujet restent confuses, observe Laetitia de Marez, chargée de campagne sur le climat chez Greenpeace. Beaucoup d’informations sont données par les médias, mais elles concernent d’autres régions du monde. Les impacts sur la France restent méconnus. »  Autre motif pour l’ONG, l’annonce du Plan climat « 2 » par le gouvernement la semaine prochaine est une occasion de « mettre les enjeux sur la table ». « Si le réchauffement est stabilisé à 2°, les sociétés pourront encore s’adapter et gérer les impacts. Au-delà, les effets de seuil engendrent des conséquences beaucoup plus graves, explique Laetitia de Marez. Les scénarios à 3° prévoient des conséquences directes sur l’agriculture, comme par exemple le déplacement nécessaire des cultures et la disparition, de fait, des Appellations d’Origine Contrôlée. Autre exemple, le manque d’enneigement remettrait en cause l’existence même des stations de ski et des sports d’hiver ». L’approche régionale proposée dans le rapport de Greenpeace a le mérite de mettre en avant des informations concrètes, qui devraient « parler » aux citoyens. Les experts font ainsi des projections sur le tourisme, notamment en Méditerranée, région particulièrement menacée.  « Le confort thermique des touristes pourrait devenir problématique en été dans les régions méditerranéennes, notent-ils. Un « tourisme de fraîcheur » pourrait se développer, et le printemps et l’automne deviendraient alors plus favorables. L’impact le plus marquant pourrait être le manque de neige, le recul des plages et une concurrence accrue pour les ressources en eau nécessaires aux activités de loisirs. » S’agissant du climat lui-même, le rapport estime que « quel que soit le scénario de changements climatiques considéré, il est très probable que les vagues de chaleurs estivales seront à la fois plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Il est également probable que les précipitations intenses augmenteront en hiver, mais surtout qu’elles seront plus longues en été ». Contrairement à une idée répandue, les changements climatiques n’auraient pas, en revanche, d’impacts significatifs sur les tempêtes.

Difficiles négociations sur l’après-Kyoto

Si les scénarios climatiques sont de plus en plus précis et affinés, il reste cependant une grande inconnue pour les experts : l’incertitude sur l’évolution locale des climats, sur la capacité de réaction des sociétés, mais également sur l’inertie –ou non- des décideurs politiques et économiques. A deux semaines du sommet de Montréal, qui rassemblera les pays signataires du protocole du Kyoto pour négocier l’après 2012, date de l’échéance du traité, il est difficile de pouvoir répondre à ces questions. Les ONG demandent à la France de continuer à soutenir le protocole et à « tenir son rang », mais il se pourrait que la position soutenue par Tony Blair, qui se rapproche des Etats-Unis, connaisse un certain succès.
Le premier ministre britannique a en effet affirmé dans un texte intitulé « Get real on climate change », en septembre dernier, « qu’il n’était pas très confiant à propos des chances de mettre en place un accord post-Kyoto », préférant plutôt mettre l’accent sur les accords de partenariat technologique. Affirmant son scepticisme sur un accord contraignant post-2012, Tony Blair a déclaré que les conflits dans ce dossier ne seront « jamais résolus » et qu’ « aucun pays ne réduira de manière importante sa croissance ou sa consommation » pour lutter contre les changements climatiques.

Véronique Smée
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