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Le gouvernement Harper vient ni plus ni moins d’enterrer le Protocole de Kyoto, estiment les environnementalistes canadiens. Le chef libéral Bill Graham a dénoncé "l'enterrement" de Kyoto par un premier ministre qui "se contrefout de l'environnement" tandis que l'ancien ministre libéral de l'environnement, Stéphane Dion, a parlé d'"abdication honteuse ». Très attendu, le plan de réduction des émissions de GES présenté par la ministre de l'Environnement, Rona Ambrose, a provoqué un tollé parmi les ONG qui y voient une « incitation à polluer davantage ». De fait, le « Plan vert » n’établit pas d’objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, si ce n’est celui de diviser par deux, d’ici 2050, les émissions canadiennes, par rapport au niveau de 2003. C'est un objectif lointain, à l’opposé des mesures exigées par le protocole de Kyoto dont le Canada est pourtant signataire. D’ici là, la loi n'impose aucune nouvelle contrainte de réduction. Elle se contente de demander pour 2010-2015, des réductions basées sur l'"intensité" des émissions, et non sur le volume. Ainsi, une entreprise dont la production a augmenté sera jugée sur les efforts de réduction qu’elle a mis en œuvre mais pas sur ses émissions proprement dites… Par ailleurs, le gouvernement se réserve trois années supplémentaires pour consulter l'industrie canadienne sur cette question. Conséquence : les objectifs canadiens de réduction des émissions de gaz à effet de serre, - 6 % d'ici à 2012 par rapport au niveau de 1990- sont abandonnés alors que le pays connaît une augmentation de 30% de ses émissions depuis 1990. Pour l’opposition, il s’agit en réalité d’un projet purement électoraliste, un « cadeau » fait par le gouvernement à ses électeurs de la province Alberta, où les émissions de CO2 des entreprises sont de très loin les plus importantes du pays. « C'est un projet de loi qui est fait sur mesure pour l'industrie pétrolière au Canada. Alors que les glaciers fondent, le gouvernement a décidé de consulter les entreprises. C'est probablement l'un des plus grands reculs environnementaux au Canada», a déploré Bernard Bigras, porte-parole du Bloc québécois sur l’environnement. La coalition d’ONG écologistes au Canada estimait déjà, avant l’annonce du plan, que « le gouvernement Harper est à la croisée des chemins : ou bien il cesse de jouer à l’autruche, ou bien il fait la démonstration publique de son incompétence à gérer l’un des plus grands défis environnementaux de ce siècle » a-t-elle déclaré. La partie n’est toutefois pas gagnée pour le gouvernement, l’opposition ayant annoncé qu’elle ferait tout pour bloquer le texte, à moins qu'il connaisse des changements majeurs avant sa deuxième lecture qui devrait avoir lieu avant Noël. Minoritaire au sein du Parlement, le gouvernement conservateur risque de se voir opposer un nouveau texte par les libéraux, qui ont déjà présenté un autre projet de loi visant à respecter les objectifs de Kyoto.
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