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![]() Planète \Environnement \ClimatBerlin : haro sur les champignons chauffantsDonner un air méditerranéen aux terrasses des cafés d'Europe du nord, c'est courant grâce aux radiateurs thermiques. Or, ces radiateurs aux allures de lampadaires surmontés d'un champignon font l'objet d'une polémique à Berlin. Les uns fustigent l'égoïsme de ceux qui privilégient leur bien-être sur la lutte contre le réchauffement climatique, les autres pestent contre un activisme écologique jugé outrancier.
La polémique prend de l'ampleur à mesure que la vente de ces " Heizpilse ", les champignons chauffants, connaît une courbe positive. De fait, l'arrivée du froid combinée avec la mise en application de l'interdiction de fumer dans les bars et restaurants assurent les fournisseurs de chaleur de belles perspectives commerciales - chez les restaurateurs, mais aussi chez les particuliers. On trouve en Allemagne des radiateurs d'une puissance de 14,000 kw pour 99 euros. Or, des voix s'élèvent à Berlin contre la prolifération des " Heizpilse ", tueurs de climat : les chiffres varient selon les institutions quant aux calculs des émissions de CO2 qu'émettent ces champignons chauffants, devenus de facto vénéneux pour le climat, mais leurs hautes consommations en énergie ne fait pas débat. A Berlin, on estime qu'un seul de ces radiateurs émettrait trois kilos de CO2 par heure, quatre de ces exemplaires émettraient autant de CO2 que six voitures stationnées avec le moteur qui tourne. Dans une ville où des " Ökoaktivisten " dégonflent la nuit les pneus de véhicules dont la consommation dépasse les 10 litres au cent, tout particulièrement les 4x4 et les Porsche Cayenne, les luttes entre les pour et les contre n'ont pas tardé à émerger. Les uns dénoncent une atmosphère d' " hystérie " entourant les discussions sur le réchauffement climatique, où chaque appareil est désormais jeté dans le même panier estampillé " tueurs de climat ". Les autres fustigent ces radiateurs extérieurs comme appartenant à la catégorie de produits industriels inutiles et agaçants, destinés à la seule fin de satisfaire un besoin de confort. Klima-Killer La polémique a gagné la sphère politique berlinoise : le parti des Verts berlinois a déposé une motion d'interdiction pour ces " Klima-Killer " au parlement de la ville. Felicitas Kubala, responsable des questions environnementales chez les Verts de Berlin, a déclaré à cette occasion au quotidien berlinois Tagesspiegel qu'elle n'était pas une rabat-joie, mais que chauffer de l'air extérieur, " c'est de la folie. " Or, il s'avère que l'organisation fédérale du pays fait qu'une telle initiative ne peut venir de la commune mais du Bund, c'est à dire du gouvernement. Aussi, si interdiction il y a, elle devra être appliquée sur tout le territoire. Si la polémique entourant ces radiateurs extérieurs cadre bien avec la tradition contestataire de la ville de Berlin, les activistes de la capitale allemande ont repris cette fois celle qui a eu lieu en Grande-Bretagne : en avril dernier, la plus grande chaîne de vente de produits de jardinage Wyevale a annoncé qu'elle retirait tous les radiateurs extérieurs de la vente, suite aux protestations, outre-manche, sur la nocivité climatique de ces appareils. D'après Wyevale, la vente annuelle de radiateurs extérieurs atteignait 250 000 livres, un chiffre qui reflète la popularité de ces appareils parmi les particuliers, estimé à 630 000 selon la presse britannique. La chaîne de jardinage a annoncé parallèlement qu'elle offrirait une alternative écologique aux clients souhaitant un chauffage extérieur, par exemple des cheminées fonctionnant au bois recyclé. Et Wyevale de mettre les fournisseurs au défit de proposer des moyens de chauffage sans émissions de carbone. Avec cette décision, Wyevale participe aux initiatives déjà prises par d'autres distributeurs, en Grande-Bretagne, de réduire l'empreinte écologique de leurs produits. En Allemagne, la discussion peine pour le moment à dépasser la sphère berlinoise.
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