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Après avoir rejeté le protocole de Kyoto, les Etats-Unis vont-ils finalement s'attaquer aux émissions de gaz à effet de serre ? C'est en tout cas le vœu formulé par Joseph Lieberman, le sénateur démocrate par ailleurs candidat à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle (2004), et son homologue républicain John McCain. Leur proposition de loi, baptisée Climate Stewardship Act (CSA) et qui devrait être débattue dans les prochains jours par les sénateurs américains, prévoit de ramener les émissions nationales de gaz à effet de serre à leur niveau de l'année 2000, et ce en 2010. Avant, dans un second temps, de retrouver les niveaux de 1990. Selon le mémorandum signé conjointement par les deux sénateurs, cet effort représente pour l'économie américaine une réduction de 15% des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2016. Pour parvenir à cet objectif, le CSA propose un cadre et une méthode. Entrent dans le cadre de cette proposition, l'ensemble des secteurs économiques (industrie, transports, services, commerce...). La méthode, elle, s'inspire du système de permis de pollution du Clean Air Act, qui a conduit dans les années quatre vingt dix à une réduction sensible des rejets atmosphériques sulfurés, à l'origine des pluies acides. Les auteurs de la proposition voient dans ce dispositif de marché - mis en place en 1990 sous la responsabilité de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) - le moyen le plus efficace pour inciter les entreprises à réduire significativement leurs émissions, au moindre coût. Leur mémorandum propose la création d'une institution chargée de collecter, de contrôler et d'analyser les données fournies par les entreprises quant à leurs émissions de gaz. Les Etats-Unis, premier " émetteur " du monde Conscients de l'enjeu, Lieberman et McCain rappellent que " depuis le retrait des Etats-Unis de leurs engagements internationaux [le protocole de Kyoto, ndlr], notre pays n'a rien fait pour réduire significativement ces dangereuses émissions ". Selon les chiffres de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques, les Etats-Unis sont le tout premier pays émetteur de gaz à effet de serre. Ils sont à l'origine de 20% du volume de dioxyde de carbone émis par la planète. Lors de la signature du Protocole de Kyoto en 1997, la première puissance économique mondiale s'était engagée à réduire de l'ordre de 7% ses émissions d'une combinaison de six gaz à effet de serre, d'ici à 2008-2012, l'Europe s'étant quant à elle engagée sur une baisse de 8%. Plusieurs ONG, dont l'organisation new-yorkaise Environmental Defense, ont apporté leur soutien à la proposition des sénateurs McCain et Lieberman. Fred Krupp, le président d'Environmental Defense, souligne que plusieurs entreprises - dont DuPont, BP ou Pechiney - se sont déjà engagées avec succès et à moindre coût dans des plans volontaires de réduction de leurs émissions. Ultime argument, Joseph Lieberman et John McCain soulignent que ne rien faire risquerait de " pénaliser les entreprises américaines, celles-ci prenant du retard dans le développement de technologies permettant de contrer le réchauffement de la planète ".
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