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D’après les calculs du site d’Atmosfair, un aller-retour Paris-San Francisco est à l'origine de 6 160 kg de gaz carbonique rejeté dans l'atmosphère. En comparaison : un réfrigérateur émet 100 kg de CO2 par an, un automobiliste, 2 000 kg de CO2 par an et un habitant de l’Inde, en moyenne, 900 kg de gaz carbonique par an. Le passager de ce type de vol est alors invité à verser 110,50 euros pour financer des projets contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays en développement. Trois mois après le lancement du projet, la formule semble avoir trouver des adeptes. « Nous sommes positivement surpris» se réjouit Dietrich Brockhagen, coordinateur du projet chez Germanwatch. Plus de 1000 passagers ont accepté de jouer le jeu ce qui a rapporté autour de 20,000 euros. Cet argent sert à financer des projets comme l’installation de fours solaires pour les grandes cuisines en Inde, en remplacement du diesel et du bois, ou la production d’électricité à partir des déchets au Brésil. Dietrich Brockhagen prévoit qu’environ 20 000 clients auront souscrit des compensations d’ici la fin de l’année. Pourtant, le projet ne fait pas l’unanimité. Les agences de voyage alternatives y voient un moyen de se dédouaner de comportements non écologiques. « Il ne s’agit pas de délivrer des certificats de bonne conscience. Nous considérons toujours que la voie terrestre est la meilleure alternative pour voyager» rétorque-t-on au ministère de l’environnement. Il précise que le but premier du programme Atmosfair n’est pas pécunier : « Le réchauffement de la planète a déjà lieu. Il s’agit avant tout de sensibiliser les voyageurs à la question des changements climatiques. On ne saurait couvrir tous les frais liés à la lutte contre la pollution de l’air uniquement par ces compensations financières. » Selon Dietrich Brockhagen, le transport aérien contribue pour 5 à 12% au réchauffement climatique. « La disproportion ne peut être plus grande lorsque l’on compare cette fourchette avec les 95% de la population mondiale qui n’ont jamais volé. » s’indigne le militant environnementaliste. Il faut également ajouter que les compagnies aériennes ne paient aucune fiscalité sur le carburant utilisé, au contraire des automobilistes, et ne sont pas concernées par les traités internationaux comme le protocole de Kyoto (voir article lié). Or, durant les trois premiers mois de l’année, le nombre de passagers en Allemagne a augmenté de 12% par rapport à la même période de l’année précédente, et atteint les 11,1 millions de passagers. Principaux responsables : le succès des compagnies aériennes bon marché de type Ryan Air, les tarifs concurrentiels proposés par les grandes compagnies aériennes comme Lufthansa...et, spécificité allemande, l’impopularité de la Deutsche Bahn, les chemins de fer allemand. C’est peu de dire que la « Bahn », comme on l’appelle ici, n’a pas bonne presse outre-Rhin, particulièrement ces derniers temps. Le cahier des doléances des usagers et associations de défense des consommateurs est chargé : négligence des transports métropolitains au profit de longs trajets prestigieux comme le Francfort-Berlin, hausses régulières des prix des billets que ne compense pas une politique de réduction des tarifs, jugée par ailleurs chaotique, insuffisante et inefficace, obsession de la direction actuelle sur l’entrée en bourse de la « Bahn » - entreprise privatisée - alors qu'elle est déficitaire, etc... « Contrairement à la SNCF en France, la Bahn ne représente pas, ou pas encore, une véritable alternative à l’avion, » regrette le porte-parole du ministère de l’environnement.
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