2005, un mauvais bilan carbone

Planète \Environnement \Réchauffement climatique

Publié le 27-12-2005

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La Conférence de Montréal sur le climat s'est achevé sur une note optimiste, mais le Programme des Nations-Unies pour l'Environnement a rappelé à cette occasion que l'année 2005 avait battu « une série de records climatiques ». La FAO (agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation) souligne de son côté « une aggravation du problème par la déforestation », à l'origine de 2 milliards de tonnes de CO2 chaque année. En 2005, le coût des catastrophes naturelles d'origine climatique s'élève à 200 milliards de dollars.

Les catastrophes d'origine climatique n'ont jamais coûté autant d'argent, selon les estimations de Munich Re, société allemande de réassurance. L’année 2004, considérée jusqu’ici comme « l’annus horribilis » des changements climatiques, a représenté des pertes économiques atteignant 145 milliards de dollars, dont 45 milliards de dollars en biens assurés. Ce triste record est désormais battu, puisque 2005 coûtera plus de 200 milliards de dollars, dont 70 milliards en valeur assurée, a confirmé le PNUE.  « Les chiffres de cette année, dus en partie au plus grand nombre jamais enregistré d'ouragans et de tempêtes tropicales depuis que de tels relevés existent - à partir de 1850 -, reflètent une tendance croissante, que beaucoup dans l'industrie expliquent comme des changements climatiques liés aux émissions générées par l'activité humaine », indique le communiqué. Le PNUE souligne que « les tempêtes tropicales les plus importantes dans l'Atlantique et le Pacifique ont augmenté d'environ 50% en intensité et en durée depuis les années 1970 ». 2005 a en outre été marquée par le plus haut niveau de précipitations jamais enregistré, -à Mumbai, Inde-, ainsi que par le premier ouragan qui a approché l'Europe (l'ouragan Vince, qui atteint la côte espagnole en octobre) ou encore l'apparition de l'ouragan le plus violent jamais enregistré (Mexique). Pour Thomas Loster, directeur de la Fondation Munich Re, ces données « indiquent de façon très forte que nous sommes en train de nous déplacer du domaine de la prédiction d'impacts probables, à celui de la preuve irréfutable que cela est déjà en train de se produire ».
La multiplication des coûts liés aux sécheresses, inondations, tempêtes, etc… liées aux changements climatiques, donne aux assureurs un rôle de premier plan dans le débat sur le réchauffement de la planète. Dès 1973, Munich Re avait établi les impacts des changements climatiques sur l’économie et sur le secteur de l’assurance en particulier. La fréquence et l'impact des désastres naturels ont connu une croissance soutenue durant le siècle dernier qui s’est accélérée au cours des 50 dernières années. Selon les études de Munich Re, il y aurait eu moins de 200 désastres naturels liés aux changements climatiques dans les années 50, contre 1600 dans les années 90. Les pertes économiques occasionnées par ces sinistres ont décuplé au cours de ces quatre décennies, passant de 4 milliards de dollars dans les années 50 à 40 milliards dans les années 90, et …200 milliards cette année. Les chiffres de l'Insurance Services Office (le bureau des compagnies d'assurances américaines), indiquent qu’entre 1985 et 1999, 14 % des catastrophes naturelles se sont produites aux Etats-Unis et ont entraîné 58% des pertes mondiales pour les assureurs. A titre d’exemple, les experts évaluent à 50 milliards de dollars les dommages occasionnés par un ouragan frappant une ville de la taille de Miami. Rappelons que l'ouragan Katrina, qui a détruit la Nouvelle Orléans, a coûté 125 milliards de dollars.
 
Déforestation : 25% des émissions de GES

Le Burundi interdit la coupe de sapins

La coupe de sapins de Noël a été interdite cette année par le nouveau gouvernement burundais, dans le cadre d'un programme de reforestation visant à introduire 30 millions d'arbres chaque année. "Nous estimons que chaque année, quelque 80.000 jeunes plants, soit 80 hectares environ, étaient perdus pour chaque fête de Noël", a indiqué le ministère de l'environnement. La couverture forestière du pays est actuellement de 4 à 5 %, alors qu'elle était de 8% avant la guerre, qui a débuté en 1993.



Outre les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation contribue largement aux changements climatiques, rappelle la FAO (Food and Agriculture Organization). La déforestation représente en effet 25% des émissions mondiales de CO2, dans la mesure où les forêts constituent des « puits de carbone » éliminant le CO2 de l’atmosphère.
"Il existe un certain nombre de stratégies que les pays peuvent utiliser pour surveiller de près les réductions de la déforestation et l’accroissement du stockage du carbone, en particulier dans les pays tropicaux où les forêts sont essentielles pour éliminer le dioxyde de carbone de l’atmosphère”, rappelle la FAO. Son rapport 2005 indique que les forêts du globe constituent un réservoir de 283 gigatonnes de carbone, ne serait-ce que dans leur biomasse, tandis que le carbone total stocké dans la biomasse, le bois mort, la litière et le sol réunis est supérieur d’environ 50% à la quantité présente dans l’atmosphère, soit un million de tonnes.
Mais le rapport évalue également la destruction des forêts à 2 milliards de tonnes de CO2 supplémentaires chaque année. Le carbone de la biomasse forestière a reculé en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud durant la période 1990-2005, mais a augmenté dans toutes les autres régions. La FAO préconise la création de nouvelles réserves de carbone par l’extension des forêts et le reboisement, notamment dans les régions tropicales, où la croissance de la végétation étant très rapide, la plantation d’arbres peut absorber de grandes quantités de CO2 en un laps de temps relativement court. La reforestation pourrait ainsi compenser environ 15 % des émissions de carbone dues aux combustibles fossiles au cours des 50 prochaines années.

Véronique Smée
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