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Planète \Environnement \BiodiversitéQuel prix pour la nature ?Alors que l'Union européenne souhaite mettre fin à la perte de la biodiversité en 2010, économistes et experts environnementaux multiplient les études destinées à évaluer financièrement l'apport de la biodiversité et le coût de sa destruction pour atteindre ou du moins se rapprocher de cet objectif. Grâce à ces travaux, quelques initiatives commencent à voir le jour en France pour permettre des mécanismes de compensation.
23 500 milliards d’euros par an, soit environ la moitié du PIB mondial, voilà la valeur des services rendus par les écosystèmes au niveau mondial, selon l’économiste Pavan Sukhdev, auteur d’un rapport sur le coût économique de la perte de biodiversité. Pourtant ce capital est en péril. Malgré sa volonté de mettre fin à la perte de la biodiversité en 2010, l’Union Européenne n’atteindra probablement pas cet objectif. Le 25 juin dernier, les ministres européens de l’environnement ont ainsi appelé à une meilleure évaluation des politiques européennes de protection de la biodiversité ainsi qu’à une intégration des « services écosystémiques » dans les politiques des 27 afin de mesurer ce qui cause la diminution de la biodiversité. De son côté, l’Agence européenne pour l’environnement souhaiterait mettre en place une tarification des biens et services en fonction de leur véritable impact sur l’environnement. Un marché en devenir De quoi inciter entreprises et politiques à prendre en compte ce coût dans leurs investissements. C’est en tout cas ce qui ressort des déclarations de nombreux Etats, comme la France qui devrait pouvoir l’intégrer dès l’an prochain, selon Nicolas Sarkozy. Pour l’instant, l’Hexagone n’en est pourtant qu’aux balbutiements de la compensation alors même qu’une loi de 1976 oblige théoriquement les acteurs économiques à compenser les impacts environnementaux de leurs infrastructures. L’initiative la plus probante est aujourd’hui la création en 2008 d’un fonds de compensation pour la biodiversité doté par la Caisse des dépôts et consignation de 15 millions d’euros. La CDC Biodiversité est ainsi chargée de constituer des actifs naturels pour permettre aux maîtres d’ouvrages de pouvoir effectivement compenser en aidant à la réhabilitation d’un terrain spécifique et non plus se contenter d’un dédommagement financier. Son premier programme a vu le jour dans les Bouches du Rhône, dans la « steppe provençale » de Saint Martin de Crau où 357 hectares d’anciens vergers ont ainsi été réhabilités par ce biais pour permettre la reconstitution d’ensembles végétaux et la présence d’espèces animales.
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