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« Les entreprises ne sont pas seulement des sources de destruction de la biodiversité, elles peuvent aussi devenir des leviers incontournables pour la restaurer et la préserver. » Directrice des partenariats entreprises au WWF France, Julia Haake présentait hier la dernière étude de l'ONG « Les entreprises face à l'érosion de la biodiversité ». Le message est clair : « pour appréhender ce sujet complexe, il existe des solutions très simples, relevant souvent du bon sens. » L'étude de WWF s'adresse en effet prioritairement aux dirigeants d'entreprises et se veut un guide pratique d'aide à la décision pour limiter les impacts de chacun sur la diversité du vivant. L'ONG a analysé huit filières*, déterminant pour chacune les impacts négatifs sur la biodiversité, les enjeux et les risques que ces impacts font peser sur les entreprises et les leviers d'actions pertinents pour les limiter. Quelques exemples. Industries : aller au-delà des études d'impact Le WWF pointe notamment les risques liés aux activités industrielles, tant en termes de destruction des écosystèmes que de difficultés opérationnelles pour les entreprises. L'industrie extractive, les transports ou encore le secteur de la construction riment souvent avec déforestation, destruction des sols, détournement des cours d'eau, mais aussi pollution des milieux, émissions de gaz à effet de serre, prélèvements excessifs d'eau douce... La réhabilitation des sites et la compensation écologique sont donc de plus en plus souvent intégrées dans le coût global des projets. Un surcoût forcément variable selon les propriétés des terrains et leur richesse en biodiversité. En 2004, l'Institut International de l'Aluminium estimait par exemple à 9600 euros par hectare le coût de la réhabilitation de 19 anciennes mines de bauxite à travers le monde.
Ce qu'en pensent les Français
A l'initiative du WWF, l'IFOP vient de publier le baromètre « Entreprise et biodiversité », qui illustre la perception des Français quant aux actions de préservation engagées par les entreprises. 81% jugent ainsi que les entreprises ont un impact négatif sur la biodiversité, et 48% pointent l'industrie chimique comme la plus dévastatrice. Si 91% des Français estiment cependant que les entreprises peuvent jouer un rôle dans les années qui viennent en matière de protection de la biodiversité, 67% jugent leurs actions et communication actuelles comme relevant du greenwashing.
Le WWF recommande donc aux industriels français d'anticiper au mieux la réglementation, notamment celles relatives aux installations classées, à l'image du cimentier Lafarge, qui a mis en place des programmes de maintien et de protection de la biodiversité dans 35% de ses carrières. Une anticipation d'autant nécessaire que le durcissement de la réglementation peut générer des pertes économiques pour les entreprises qui ne se seraient pas montrées actives. Banques et Assurances : inciter les clients à l'investissement socialement responsable « Si la responsabilité directe des impacts n'incombe pas aux établissements bancaires et aux sociétés d'assurance, ceux-ci peuvent néanmoins influencer l'activité de leurs entreprises clientes. » Côté secteur financier, le WWF insiste largement sur la co-responsabilité des investisseurs, et estime que le secteur « aurait tort de minimiser sa dépendance à la biodiversité et aux services écologiques qui lui sont offerts. » L'association engage donc banques et assurances à investir sur les marchés qui prennent en compte la biodiversité. Celui de la certification alimentaire (agriculture et pêche) passerait d'ailleurs de 16,9 milliards d'euros en 2006, à 161 milliards en 2050, celui du bois certifié de 4 à 40 milliards et celui de la bioprospection -inventaire des propriétés de la biodiversité, et notamment de celle des plantes – de 24 à plus de 404 millions d'euros. Agriculture, pêche et bois : privilégier les labels et certifications
Quant secteurs aux impacts les plus directs – surtout les plus évidents – ils sont invités à recourir aux labels et certification existants, bien que certains aient pu décevoir, comme l’ont montré les récentes critiques à l’égard du label MSC pour la pêche. Les milieux impactés par les activités agricoles, halieutiques et forestières abritent une biodiversité toujours plus fragile, comme en témoignes les nombreux exemples d'espèces menacées mentionnés dans l'étude. Julia Haake le concède, « certes, les certifications sont perfectibles, mais elles sont devenues incontournables dans la lutte contre l'érosion de la biodiversité. » Les recommandations formulées par le WWF n'ont rien de neuf. Julia Haake le reconnaît. Mais elle ajoute que si ces leviers d'actions relèvent du bons sens, « nous n'en sommes qu'à l'état embryonnaire des pratiques qu'il faudrait mettre en place dans chaque entreprise. Or, la fenêtre de tir pour éviter une catastrophe écologique se resserre.» *Culture et Élevage, Pêche et Aquaculture, Bois Extraction, Infrastructure et Transport, Chimie et Santé, Tourisme et Loisir, Banque et Assurance.
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