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L’ACAP (Action Citoyenne pour les Alternatives aux Pesticides), collectif d’associations lancé en octobre 2004, à l’initiative du MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) compte aujourd’hui plus de 100 organisations parmi lesquelles la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique (FNAB) ou encore la Confédération paysanne. Elle organise du 21 au 29 avril la première "Semaine sans pesticides" dont l'objectif est de communiquer auprès du grand public sur l’impact néfaste des pesticides sur l’environnement et la santé et mettre en avant les alternatives existantes à leur utilisation.
Ainsi, partout en France, des experts, des jardiniers amateurs, des professionnels de l’agriculture, des espaces verts et du jardinage vont se mobiliser. Au programme : visites de fermes bio, de jardins écologiques, ou encore de vergers bios avec des explications sur les méthodes de protection des plantes sans pesticides de synthèse, les formations d’agriculteurs à la réduction de l’utilisation des pesticides, des conférences débats autour des cantines bios, des projections de films comme "Pesticides, non merci" ou "Témoin gênant" et des expositions thématiques sur l’impact des pesticides.
Mobilisation contre la nouvelle campagne de l'UIPP
Lors du salon de l'agriculture en mars 2006, l'Acap avait dénoncé le dépliant distribué par l'UIPP (Union des Industries de la protection des plantes) et l'UPJ (Union des entreprises pour la Protection des Jardins et des espaces verts) destiné aux enfants et qui se nomme "Comment ça pousse ?". On pouvait y lire "Comme nous, les plantes ont besoin d'être protégées. Il existe des techniques naturelles (coccinelles qui mangent des pucerons) et aussi des produits adaptés à chaque type d'agression : les pesticides" suivi d'explications sur le rôle des fongicides, des insecticides et des herbicides. Pour l'ACAP, "Ce document d'aspect sympathique est loin de remplir sa supposée mission d'information. Nulle part, il n'est réellement expliqué comment les plantes poussent," et selon elle "(…) ce document a une vocation cachée de "persuasion management" donc en clair de manipulation. C'est d'autant plus scandaleux que l'on s'adresse à des enfants qui ne possèdent pas les clés de décryptage de ce type de techniques qui échappent bien souvent, aussi, à la plupart des adultes."
Face à la nouvelle campagne de publicité de l'UIPP "Qui sème des réponses, récoltent des réponses", le MDRGF et l'ACAP se mobilisent donc à nouveau. "Une fois de plus l'UIPP refuse de comprendre la nécessité de réduire la dépendance de notre agriculture aux pesticides. Elle fait de la "com" sur les pesticides en pensant que cela va suffire pour améliorer l'image de ces toxiques auprès du grand public. Pourtant les faits sont têtus et tous les jours de nouvelles études scientifiques montrent les dangers des pesticides pour la santé et l'environnement," commente François Veillerette, Président du MDRGF.
Une expertise de l'INRA et du Cemagref
Une expertise menée par l'INRA et le Cemagref à la demande des ministères de l'Agriculture et de l'Ecologie, rendue publique en décembre 2005, invite elle aussi à une utilisation limitée des pesticides. S'il est reconnu que l'utilisation des pesticides a participé à l'augmentation des rendements et à la régularité de la production dans le cadre du développement d'une agriculture intensive, l'expertise fait remarquer qu'aujourd'hui leur importante utilisation est "remise en question par la prise de conscience de leurs impacts négatifs sur l’environnement, voire sur la santé de l’homme, qui se traduit par un renforcement progressif de la réglementation." Face à une contamination des milieux et une dégradation des écosystèmes avérées, elle pose donc comme première nécessité de réduire la dispersion des pesticides dans l'environnement et expose différents moyens nécessaires à une politique de réduction des pesticides.
Mais l'Inra et le Cemagref souligne que les informations concernant la consommation de pesticides et la manière dont ils sont utilisés, la contamination des milieux et les impacts sur les écosystèmes, et éventuellement sur la santé publique, sont encore trop lacunaires ou incertaines pour pouvoir réaliser à court terme une analyse coûts/bénéfices globale de l’utilisation des pesticides sur laquelle reposerait une éventuelle politique de régulation. Aussi la synthèse de cette expertise précise que "l’objectif de réduction des utilisations de pesticides doit-il être envisagé comme un objectif volontariste. D’autant plus qu’il va à l’encontre d’un système dont la cohérence technico-économique explique le succès. Tenter de faire évoluer ce système nécessite de modifier le contexte réglementaire et économique (…) et au-delà, de mobiliser les différents acteurs concernés, agriculteurs, industriels, pouvoirs publics, consommateurs."
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