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Qualité environnementale, sécurité alimentaire, volatilité des cours, contraintes économiques...La grande réforme de la PAC prévue pour 2013 s’annonce difficile compte-tenu de ces impératifs divergents. C’est pourtant un objectif central de l’Union. En 2007, la Commission européenne a souhaité " rationaliser " la politique agricole commune, afin que les subventions redeviennent un filet de sécurité et d'ajustement, voulant réduire la dépendance des agriculteurs aux subventions. La France, qui est la première bénéficiaire de la PAC, et dont les subventions représentent plus de 50% du revenu des agriculteurs, est en première ligne. Depuis 20 ans, l'Union a consacré 1000 milliards d’euros à la PAC, soit 41% du budget européen. Pour autant l’aspect budgétaire n’est pas le seul conflit à résoudre, la réorientation des aides vers une politique agricole plus « durable » étant également au cœur des négociations. Or, la baisse prévue de ces subventions pour financer à la place des projets de protection de l'environnement ou de développement rural est moins importante que prévu. La proportion d'aides directes réaffectées aux campagnes au sens large est portée à 14% pour les exploitations recevant plus de 300.000 euros d'aides par an, contre 22% envisagés dans un premier temps. Les agriculteurs recevant entre 5.000 et 100.000 euros verront quant à eux 10% de ces aides redirigées, contre 13% dans la version initiale. Peu de moyens pour le second pilier C’est certes un progrès, puisque l'UE ponctionne actuellement 5% des aides directes pour ces projets. Par ailleurs, une partie de ce financement pourra être affectée au financement d’initiatives liées au changement climatique, aux énergies renouvelables, à la gestion de l'eau et de la biodiversité. Pour autant le premier pilier (aides directes) conserve toujours l’essentiel des montants versés au détriment du second, dont font partie l’environnement et la conversion vers l’agriculture biologique. En France, 87% des dépenses de la PAC relèvent du premier pilier, contre seulement 13% pour le second. Pourtant, le contexte a changé et la PAC, pour être légitime, doit évoluer vers le soutien aux services rendus par les agriculteurs à la société. En matière d’alimentation, le consommateur est devenu une partie prenante à part entière. Un sondage "Eurobaromètre" consacré à cette question, enfonce le clou : les citoyens de l'Union Européenne considèrent à 90% que la priorité de la PAC est de garantir des produits agricoles sains et sûrs, de promouvoir le respect de l'environnement et d'aider les agriculteurs à adapter leur production aux attentes des consommateurs. La Commission estime également que « les citoyens ne sont pas uniquement intéressés par les exigences non négociables en matière d’hygiène et de sécurité des aliments, ils prêtent également attention à des questions telles que le changement climatique, le bien-être des animaux et l’impact de l’agriculture sur le développement durable ». « Dans un monde de plus en plus compétitif, les agriculteurs européens doivent miser sur leur atout majeur : la qualité », ajoute Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne en charge de l’Agriculture et du développement rural. Face aux marchés mondiaux, l’Union européenne est en effet mieux placée que ses concurrents grâce à un niveau de sécurité plus élevé. Une valeur ajoutée que la Commission a placé au cœur de son « Livre vert » sur l’agriculture, adopté le 15 octobre 2008.
Côté agriculteurs, cette orientation vers le développement durable est toutefois vécue comme une « nouvelle contrainte » infligée par Bruxelles. La FNSEA rejette ainsi « tout transfert des aides du premier vers le deuxième pilier de la Politique Agricole Commune », estimant que les réglementations environnementales et sociales européennes « nuisent » à leur compétitivité sur les marchés internationaux. Un dialogue de sourd auquel s’ajoute une donnée jusqu’ici sous-estimée : l’agriculture durable n’est pas un luxe et les coûts de la dégradation environnementale pourraient devenir considérables si le deuxième pilier reste un axe marginal de la PAC.
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