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Les abeilles françaises peuvent se féliciter de la protection dont elle bénéficie de la part des services du ministère de l'agriculture. Depuis avril 2003, plusieurs fonctionnaires ont été mobilisés pour lutter contre des pratiques agricoles conduisant à la mort de plusieurs centaines d'abeilles appartenant à sept ruchers, localisés en Midi-Pyrénées. Les premières études montraient que les insectes morts affichaient une teneur très élevée en Fipronil, un insecticide utilisé dans le traitement des semences. "De tels taux ne pouvaient pas être le résultat du simple passage d'un nuage toxique", commente Stéphane Vaxelaire, responsable de la communication à la direction générale de l'alimentation (DGAL). Au cours de l'été, la DGAL a donc décidé de mettre en place une expérimentation afin de trouver la cause de cette soudaine hausse de la mortalité. Des agents ont ainsi utilisé une parcelle de terrain et ont semé toutes les sortes de graines de tournesol commercialisées en Midi-Pyrénées et pouvant contenir du Fipronil.
Le 4 septembre 2003, les résultats de ces analyses ont été publiés. Selon les experts, ce sont les graines préparées par une usine de traitement de l'entreprise suisse Syngenta Seeds qui est en cause dans la hausse de la mortalité des abeilles. Ou plus exactement, c'est le procédé de fabrication de cette usine qui conduirait à une mauvaise isolation du Fipronil. "La direction générale de l'alimentation a donc notifié à Syngenta Seeds son intention d'interdire le procédé et l'utilisation des lots ainsi traités dont le rappel doit en outre être organisé", explique-t-on au ministère. De son côté l'usine Syngenta Seeds affirme être en contact avec la direction générale de l'alimentation pour préciser les actions à mener.
Dans cette affaire, l'entreprise BASF est également en cause puisqu'elle est le principal fournisseur de Fipronil en France. La DGAL a d'ailleurs demandé à l'entreprise allemande la liste de l'ensemble de ses clients en France afin de contrôler les procédés de fabrication de ces derniers. De manière plus globale, toutes les usines de traitement des semences par enrobage seront soumises à des tests spécifiques visant à vérifier la qualité de leurs procédés industriels. "Car si cette affaire montre une chose, c'est bien qu'en matière de pollution agricole, il faut s'intéresser non seulement aux caractéristiques intrinsèques des produits utilisés en amont, mais aussi à leur utilisation en aval", souligne-t-on à la DGAL. Rappelons que Syngenta est issu de la fusion de Novartis et d'Astra Zeneca, en 2000, et que cette multinationale, dont le siège social est à Bâle, est le premier groupe agro-chimique mondial. Elle produit notamment des pesticides et des semences et utilise des organismes génétiquement modifiés (OGM).
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