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Les terres arables se sont constituées avec le temps. Cette couche superficielle composée essentiellement d'humus est un savant mélange de matières organiques, d'organismes vivants, de minéraux et d'air. La pérennité de sa fertilité dépend grandement de l'apport nutritionnel de son environnement immédiat et des interactions chimiques avec la flore qui la couvre. L'introduction des techniques de productions agricoles intensives a contribué à déstabiliser cet équilibre naturel.
Appauvrissement des sols
La traversée de la Beauce est un condensé de la spécialisation apportée par l'agriculture moderne : la monoculture à outrance. Les différents producteurs mettent à profit les caractéristiques climatiques de leur région afin de tirer le rendement maximum de leurs terre. Cette politique productiviste repose sur un emploi généralisé des engrais artificiels et des pesticides afin d'apporter aux sols des éléments indispensables à leur fertilité et protéger les récoltes des fléaux naturels. L'apport des engrais chimique se borne toutefois essentiellement à trois nutriments minéraux : l'azote, le potassium et le phosphore. On constate ainsi dans les aliments produits industriellement une diminution de la concentration d'éléments nutritifs essentiels comme le calcium, le manganèse ou le fer.
D'autres facteurs concourent également à cet appauvrissement des sols. La disparition des haies autours des parcelles assortie de la mécanisation de la production contribuent conjointement à une accentuation extrême de l'érosion des sols. Alors que la surface exposée au vent et au ruissellement augmente, le phénomène de tassement des sols engendré par les machines outils contribue à limiter la capacité d'absorption des sols. Dans certaines régions, il peut se former d'énorme nuages de poussière rappelant le désormais célèbre "Dust Bowl" qui a entraîné un exode massif à l'intérieur des Etats-Unis au cours des années 30.
Déforestation constante
Cet appauvrissement des sols entraîne directement une intensification de la déforestation. Ce phénomène est en effet particulièrement sensible dans les zones tropicales où les sols sont moins riches que dans les pays du Nord. Dans certaines régions, la monoculture d'exportation ou le surpâturage peuvent contribuer à stériliser un terrain nouvellement défriché en quelques années. Les habitants de la zone délaissent ces parcelles vidées et déboisent de nouveaux terrains.
L'impact de cette déforestation vivrière apparaît toutefois marginale quand on considère les ravages de l'exploitation forestière non raisonnée. La technique de défrichage complet d'un terrain, dite de " coupe à blanc ", est ainsi toujours couramment utilisée dans les forêts boréales canadiennes et russes. Le principal risque réside toutefois dans la déforestation des forêts tropicales. Le World Ressources Institute estime que 75% des forêts primaires de ces régions sont aujourd'hui menacées. Ces zones vitales ne sont toutefois toujours pas exploitées en fonction des normes édictées par le label FSC (Forest Stewardship Council). Les 2% des forêts mondiales couvertes par ce label sont de plus généralement situées dans les pays du nord.
Progression de la désertification
Le risque de désertification de certaines régions concerne tous les continents. L'Afrique et l'Asie centrale sont toutefois les régions les plus vulnérables à ce phénomène. L'aridité accrue du climat, les pressions démographiques, les cultures d'exportation mangeuses d'eau et le surpâturage contribuent à créer le cercle vicieux de la désertification. Ce phénomène est particulièrement visible dans les régions sub-sahariennes, qui se détériorent rapidement en raison de la fragilité extrême de leurs écosystèmes.
La désertification a également des causes plus paradoxales. L'irrigation extensive dans les zones arides est ainsi un facteur important dans la désertification de certaines zones. Contrairement à l'eau de pluie, l'eau utilisée pour l'irrigation artificielle est souvent riche en sels minéraux. Ces sels minéraux tendent à rester en surface des sols arrosés et à s'y accumuler. Ce phénomène de salinisation des terres tend d'abord à diminuer les rendements puis stérilise complètement celles-ci. L'Ouzbékistan ainsi que d'autres nouvelles républiques asiatiques sont particulièrement concernées par ce phénomène. L'irrigation irraisonnée des terres à proximité de la mer d'Aral a ainsi non seulement contribué stériliser les terres mais à également fait baisser de façon alarmante le niveau de l'eau de cette mer.
Cette situation préoccupante n'est toutefois pas irréversible. Il existe d'intéressantes pistes destinées à limiter ces phénomènes. L'une d'entre elle passe très certainement par une réduction des pertes constatées entre la production et la consommation. Ces pertes sont non seulement improductives mais également fortement contributrices à l'augmentation des volumes de déchets. Ces substances chimiques et organiques participent aussi, potentiellement, à la dégradation de la qualité de l'eau ainsi qu'au réchauffement climatique.
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