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L'Agriculture Biologique en quête de fonds

Planète \Environnement \Agriculture bio

Publié le 08-03-2004



Sur le stand de l’Agence Bio, groupement d’intérêt public spécialisé dans le développement et la promotion de l’agriculture biologique, les membres de la FNAB ont revêtu un large tee-shirt blanc. En lettres vertes, on peut y lire : « L’Europe y croit, pourquoi pas la France ? » Une interpellation politique qu’appuie François Thiéry, président de la FNAB : « La France a été dans les années 80 le fer de lance de l’agriculture bio en Europe. Aujourd’hui, nous en sommes le parent pauvre, loin derrière l’Autriche ou l’Allemagne. Seulement 3 % des producteurs français sont labellisés bio. Nous souhaitons qu’il y en ait 15 % en 2010 ».

Créée en 1978, la FNAB est un organisme professionnel à vocation syndicale, qui rassemble des agriculteurs biologiques français, répartis en groupes régionaux et départementaux. Son rôle est de défendre et de représenter ces agriculteurs à l’échelle nationale, pour encourager « un développement cohérent, durable et solidaire du mode de production biologique ».


Espoirs déçus


Si les premières années, l’agriculture biologique a rencontré un succès d’estime, un premier plan de développement en 1999 a provoqué une petite flambée des reconversions des agriculteurs traditionnels en producteurs bios. Mais l’embellie a été de courte durée, et la FNAB attendait beaucoup du plan de relance du bio annoncé par le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard.

Pourtant les espoirs sont déçus. En 2002, le Ministre de l’Agriculture commande au député de Haute-Savoie Gérard Saddier un rapport parlementaire. « Pendant le temps de réalisation du dossier, soit un an et demi, les aides à la reconversion ont été gelées », regrette François Thiery. Ce rapport attribue le retard de la France à un déficit de réglementation, et se prononce pour une harmonisation européenne. « Pourquoi pas, continue le président de la FNAB. Mais c’est un mauvais argument. Il nous semble que ce retard est davantage lié à un problème d’investissement et de reconnaissance. Pour se reconvertir, les agriculteurs ont besoin de garanties, de ne pas se sentir délaissés. » Après plusieurs mois de négociations, le Plan Gaymard se réduit à des Mesures Gaymard, qui sont adoptées sous le nom de Loi Rurale en janvier 2004.

Parmi ces mesures, certaines reçoivent tout de même un accueil favorable de la part de la FNAB, comme l’obligation pour chaque filière (lait, volaille, miel…) de créer une commission biologique. Dans les filières qui produisent peu de produits biologiques, ces groupes d’influence pourront permettre d’offrir une tribune au bio. Pour les autres, ce sera l’occasion d’agir de manière collective, de capitaliser les savoir-faire et les partager. Enfin, cette interprofessionnelle bio pourra décider d’actions de communication, et œuvrer ainsi de façon autonome pour son développement. « Sur le papier, c’est très bien, commente François Thiéry. Mais dans la pratique, cette interprofession va être lourde à gérer. Il existe cinquante filières différentes, qu’il va falloir former et suivre. Or aucun budget n’a été prévu pour la création et le développement de ces commissions. »


La FNAB réclame des moyens supplémentaires


Aujourd’hui, la FNAB craint d’être rapidement déficitaire et demande avant tout des moyens. Pour gérer cette commission ; pour faire face à une hausse de la conscience citoyenne, qui se traduit par une évolution de la demande en produits issus de l’agriculture biologique ; pour financer la recherche ; pour optimiser la formation des agriculteurs. La Fédération, financée par des fonds publics, demande à percevoir des fonds professionnels comme ceux l’ADAR (Agence de Développement Agricole et Rural, qui remplace l'ANDA), dont elle paie pourtant la taxe. Mais le ministère répond inlassablement qu'il n'a pas de budget alloué pour ce faire. Car si pour les responsables politiques, l’évolution de l’agriculture biologique est une priorité, le ministère de l'Agriculture semble considérer que c’est aux marchés privés d’en assurer le développement.

Gaëlle Bohé
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