Des mesures de relance pour la filière bio

Planète \Environnement \Agriculture bio

Publié le 13-02-2004

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Alors que 83% des français ont une image positive des produits bio (baromètre CSA / Agence bio), et que 37 % en consomment régulièrement, ce mode de production n'est pratiqué que sur 1,4% des surfaces agricoles contre 11% en Autriche et 8% en Italie.  Le plan de relance annoncé lundi 2 février par Hervé Gaymard, ministre de l'Agriculture, était donc particulièrement attendu par les acteurs de cette filière, qui demandent des mesures pérennes pour rattraper le retard français. Le dispositif d'Hervé Gaymard prévoit que la conversion de l'agriculture traditionnelle à l'agriculture biologique sera relancée par la mobilisation de 13% de l'enveloppe nationale des contrats agriculture durable (CAD), soit 50 millions d'euros engagés sur cinq ans. Par ailleurs,  dans le cadre du plan Etat-région, 10,8 millions d'euros sur trois ans seront consacrés aux actions d'animation. En 2004, la dotation de l'Agence Bio par le ministère de l'Agriculture sera en augmentation de 12% pour atteindre 1,1 million d'euros. Ces actions seront recentrées sur la communication, le développement de l'observatoire national de l'agriculture biologique et la coordination interprofessionnelle. Les interprofessions reconnues devront créer une section "agriculture biologique".

Si les professionnels réunis au sein de la FNAB (Fédération nationale de l'agriculture biologique) reconnaissent l'engagement du Ministre à " développer la production biologique ", ils regrettent en revanche qu' " aucune décision ne soit prise en terme d'aides pérennes à la production ". La FNAB souhaitait en effet que les aides versées pour convertir les surfaces traditionnelles en culture bio soient prolongées au-delà du délai de 5 ans, d'autant qu'elles sont pérennisées pour leurs homologues européens. Défendant l'enjeu sociétal et environnemental que représente l'agriculture bio, les acteurs de la filière estiment que ce plan " ne fait que confirmer ceux déjà mis en place par le passé et ne traduisent donc pas dans les faits les ambitions affichées. "

Du côté des consommateurs, des actions de communication seront co-financées par l'Europe , les professionnels et l'Etat pour un montant global de 4,5 millions d'euros sur trois ans. Le logo AB pourra être appliqué sur des produits importés, à condition qu'ils respectent son cahier des charges. Très connu par le grand public ( 64% des consommateurs identifient les produits bio grâce au logo AB),  la présence du logo AB sur un éventail plus large de produits devrait favoriser la consommation de ces produits.
Enfin, les professionnels attendaient des précisions sur la coexistence des cultures bio et transgéniques, et sur leur indemnisation en cas de  contamination -et donc de déclassement- de leurs productions. Cette question, particulièrement délicate au moment où le moratoire européen sur les OGM est en passe d'être levé, n'a pas été abordée par le gouvernement.
Véronique Smée
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