Danemark : quelle relance pour le marché du bio ?
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Publié le 30-07-2003
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Au Danemark, le marché de l'alimentation bio plafonne depuis deux ans. Plusieurs pistes de relance sont avancées, ont expliqué les Danois lors d'une conférence au Parlement européen en juin 2003: une coopération accrue entre les différents acteurs, un contrôle des prix, et des informations qui touchent directement le consommateur.
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Le marché des produits alimentaires biologiques au Danemark est l'un des plus importants en Europe. L'alimentation bio représente environ 5% du marché alimentaire. Un lait sur quatre vendu dans ce pays est bio. Pourtant, depuis deux ans, les ventes des produits de ce type « plafonnent », a rapporté Klaus Melvin Jensen, de l'organisation danoise de consommateurs Active Consumers Denmark (ACD), lors d'une conférence au Parlement européen sur la distribution de produits responsables en Europe, organisée par le Réseau européen pour une consommation responsable (RECR). Plusieurs facteurs ont contribué au ralentissement de ce marché, estime ACD. Les producteurs sont trop petits pour développer des nouveaux produits, tandis que les supermarchés ne laissent pas beaucoup de temps à ces produits pour s'imposer. Les consommateurs semblent pour leur part « las d'être invités à sauver le monde », et attendent plus des aliments bio qu'ils soient produits dans le respect de l'environnement, le bien-être des animaux et la santé humaine, soit des informations qui les touchent plus directement. Les consommateurs recherchent aussi une « identité d'achat », rapporte ACD, car les ventes directes, à la ferme ou sur Internet, ont de leur côté augmenté. Aarstiderne, qui vend en ligne des paniers de fruits et légumes bio, a été cité en exemple, car cette société, qui livre aujourd'hui 30.000 clients, insiste sur d'autres critères que le bio comme le fait qu'ils vendent des produits frais, à domicile, proposent des recettes etc. Aarstiderne prévoit aussi en 2003 de rendre transparentes toutes ses transactions, y compris les contrats de travail, les salaires, ou les coûts énergétiques. Chez les distributeurs, le marketing fait défaut. Les produits bio ne sont pas bien présentés, alors qu'il faudrait mettre en lumière la qualité, la fraîcheur et la transparence, selon ACD, qui suggère un étiquetage complet sur étiquettes ou brochures. « Il faut faire davantage pour faire des produits bio des marques et ainsi les vendre plus cher», rapporte ACD. Le gouvernement a de son côté lancé une grande campagne d'information pour promouvoir l'alimentation bio, en insistant sur les différences avec la production traditionnelle, et va prochainement faire campagne pour le label bio de l'UE. Mais peu d'agriculteurs bio ont introduit des demandes, et les fonds d'aide à ce type d'agriculture ne sont pas utilisés en totalité. Certains intervenants ont suggéré que le secteur public achète des quantités plus élevées de produits bio, et développent par exemple des cours d'alimentation bio dans les cuisines des hôpitaux. Pour développer ce marché, a suggéré Mogens Werge, directeur environnement et nourriture bio pour COOP Danemark, l'un des plus gros distributeur de détail du pays, il faut développer la « coopération entre les distributeurs, les producteurs et les pouvoirs publics », et garder en tête la limite de 20% de différence de prix avec les produits classiques. « Car si les prix des produits bio dépassent de 20% ceux des produits conventionnels, c'est difficile d'en vendre plus», explique-t-il. En 1993, COOP Danemark a réduit les prix de vente de ses produits bio, ce qui a conduit à un accroissement des ventes (+ 10,9 % en 2001). Au total, les produits bio vendus par les COOP représentent 5% du chiffre d'affaires.
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Anne Renaut
© 2003 Novethic - Tous droits réservés
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