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Planète \Environnement \AgricultureAgriculture chinoise : utilisation massive de pesticides et développement du bioDepuis les réformes économiques des années 80, la production alimentaire s'est diversifiée en Chine. L'utilisation d'engrais chimiques, de pesticides, insecticides et fongicides n'a cessé d'augmenter et le pays est aujourd'hui l'un des plus grands producteurs et utilisateurs au monde. Si la production annuelle de céréales est passée de 90 à 392 millions de tonnes entre 1950 et 1998 cela a des conséquences environnementales et sanitaires dont l'énorme coût se fait déjà sentir.
Fin 2005, 95 % des nappes phréatiques assurant 70 % de l'approvisionnement en eau urbaine étaient polluées, de même que 70 % des lacs et rivières du pays. Dans la province du Xinjiang, la plus vaste du pays, située à l’extrême ouest et principale région chinoise productrice de coton, l’attaque d’une araignée avait conduit les paysans, en 2001, à faire un usage massif d’insecticides qui ont décimé les espèces bénéfiques à l’équilibre des écosystèmes. Les pertes ont été considérables. La production biologique a débuté en Chine, en 1989, lorsque la section de recherche écologique rurale de l’Institut des sciences de l’environnement de Nankin est devenue le premier membre chinois de l’IFOAM (International Federation of Organic Agriculture Movements). Parallèlement, avec la multiplication des problèmes de sécurité alimentaire, le ministère de l’agriculture chinois a lancé, en 1990, un programme de développement de “produits verts ” (Green Food) avec deux labels non conformes aux critères européens bio mais dont la production est soumise à des règles limitant l’emploi de pesticides et d’engrais chimiques. Elles en interdisent certains et garantissent un environnement non pollué. Ces labels ont remporté un grand succès : fin 2003 le pays comptait 2047 entreprises certifiées, en général de grande taille, fournissant plus de 4000 denrées disponibles à travers le pays et surtout dans les zones urbaines . Si elle constitue un précédent, d’aucuns estiment que cette politique a freiné la production vraiment biologique puisque c’est ce type de certification, concernant surtout les fermes publiques, que les autorités ont soutenu. En revanche, ce sont souvent des entreprises chinoises et internationales qui travaillent directement avec les agriculteurs et les coopératives villageoises pour produire selon les standards bio internationaux. En 2005, l’administration en charge des certifications a émis le premier standard national pour les produits biologiques. Aujourd’hui les labels bio chinois sont conformes aux critères internationaux. Le nombre de bureaux de certification a sensiblement augmenté, passant de 6 organismes en 2004 à 26 fin 2005. Parmi eux on trouve des organismes étrangers (IMO, ECOCERT, BCS, etc.) certifiant les produits destinés à l’exportation et à certains supermarchés chinois. La Chine leader du bio en Asie Outre les céréales (riz et riz sauvage, maïs, soja), fruits et légumes, la Chine produit du thé,du miel,du vin, du taro, du gingembre biologiques mais aussi du lait et de la viande. La Chine est aujourd’hui, de loin, le leader asiatique du bio. Selon le Dr. Shi Shangbai, expert sur la question, le pays comptait, en 2005, plus de 1500 fermes ayant acquis une certification biologique et plus d’un million d’hectares de surface dédiée aux cultures bio. Elles se sont multipliées par dix, entre 1995 et 2005. Pour la seule année 2005, plus de 40 000 nouvelles certifications de produits ont été délivrées. Il n’en reste pas moins que l'agriculture biologique représente moins de 0,02 % de la production agricole totale. Autre aspect du problème, plus de la moitié de la production, en particulier les produits répondant aux critères les plus stricts, sont exportés vers l’Europe, le Japon, Hong Kong, Singapour, les Etats-Unis. Si l’agriculture biologique semble avoir de beaux jours devant elle dans l’empire du milieu, tirée par la demande croissante des pays importateurs, les obstacles à son développement sont nombreux. Selon le Dr. Shi, « les agriculteurs ne sont pas encouragés à se mettre au bio et la plupart d’entre eux ne connaissent pas les technologies permettant de produire du biologique avec de bons rendements ». Or beaucoup de paysans, dans le sud du pays surtout, travaillent des terrains de très petite taille (souvent un demi hectare) et pour survivre doivent atteindre des rendements élevés. C’est pourquoi le Dr. Shi souhaite que les autorités soutiennent des programmes de formation afin de diffuser les connaissances et techniques.
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