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Une campagne pour des campus acteurs d'un développement durable

Graines de changement, une agence d'information sur le développement durable, en partenariat avec le WWF et le Comité 21, vient de lancer la campagne Campus responsables. L'idée est d'exercer une pression amicale sur les grandes écoles et les universités pour les inciter à intégrer le développement durable dans tous les enseignements et dans la gestion de leurs établissements.

"Permettre aux établissements de rattraper leur retard sur leurs concurrents internationaux et de se différencier pour attirer élèves et enseignants," tel est le premier argument de la campagne "Campus responsables" que vient d'initier l'agence d'information Graines de changement, fondée par Elisabeth Laville (fondatrice d'Utopies) et Marie Balmain. En partenariat avec le WWF et le Comité 21, cette campagne veut "inciter les établissements d'enseignements supérieurs (grandes écoles de commerce et d'ingénieurs, universités, etc.) à intégrer progressivement le développement durable aux programmes d'enseignement et de recherche mais aussi à l'ensemble des activités administratives des établissements (services généraux, gestion, architecture, relations avec les entreprises, les riverains et les autres publics externes, politiques des stages, etc.)." Une Charte d'engagement "campus responsables", un site proposant des ressources, une lettre d'information dès la rentrée, un recensement et des échanges de bonnes pratiques, une journée de bilan prévue pendant la semaine nationale du développement durable 2007... telles sont les actions qui devraient être menées dans le cadre de cette campagne.

A ce jour, cinq établissements sont engagés dans cette campagne, HEC, l'ESCP-EAP, Euromed Marseille, Bordeaux école de management et l'université technologique de Troyes. Elisabeth Laville espère voir rapidement cette liste s'étoffer. "Les écoles répondent aujourd'hui à la demande de leurs clients, comme le font les entreprises, explique-t-elle, pragmatique. Si au début de la formation, les clients sont les étudiants, pour les formations supérieures, les entreprises dictent les choix. Les écoles attendent donc une demande des entreprises en faveur de compétences et savoirs différents, comme cela ne vient pas, les écoles ne s'y mettent pas. Avec la campagne Campus Responsables, nous espérons, grâce à une amicale pression, faire changer cela. Car à l'étranger, elles sont déjà nombreuses à jouer de leurs engagements comme argument commercial de différenciation."  Dans les bonnes pratiques recensées sur le site de Campus responsables, seules deux initiatives émanent en effet d'établissements français, Audencia et l'ESCEM de Tours-Poitiers, qui viennent de publier chacun un rapport pour faire le bilan de leurs premières actions. Pour le reste, les initiatives étrangères dominent : Centre pour l'environnement d'Harvard, bilan économique de l'Université de Caroline du Sud, rapports, selon le référentiel de la GRI, des universités de Hong-Kong et de Floride, constructions durables d'universités en Angleterre, dans l'Ohio ou en Allemagne...

Des arguments marketing pour convaincre

Les écoles et universités françaises ne semblent pas encore convaincues, même en terme d'image. Pour les inciter à s'y mettre, la campagne "Campus durable" liste les enjeux actuels et futurs que les écoles et les universités se doivent d'appréhender : "anticiper la demande de la société civile et des pouvoirs publics (la période 2005-2014 a été baptisée "Décennie de l'Education au Développement Durable" par les Nations-Unies), contribuer à l'objectif de "développement de la prise en compte du développement durable dans la formation professionnelle" figurant dans la Stratégie Nationale de développement durable, anticiper la demande des entreprises en professionnels connaissant le sujet (70 % des 250 premières entreprises françaises cotées disent avoir entamé une démarche de développement durable), devancer les attentes des étudiants (dont 70 % veulent intégrer des critères éthiques dans leur recherche d'emploi), anticiper les futurs critères d'accréditation et enfin réaliser des économies (éco-efficacité)."

Une pression grandissante mais pour quel enseignement ?

Le monde de l'enseignement français est décidément de plus en plus interpellé sur sa participation à un développement soutenable, et sur sa part de responsabilité dans la réalisation de ce changement : contribuer à l'évolution des mentalités, comme conclut l'étude de l'association Alliance sur l'enseignement de la RSE  (voir article du dossier), assurer l'égalité des chances, comme le souligne le récent rapport de l'institut Montaigne "Ouvrir les grandes écoles à la diversité", montrer l'exemple, comme les y invite la campagne de Greenpeace Solar Génération...
Une pression positive qui rappelle celle à laquelle sont soumises depuis quelques années les entreprises. Sera t-elle suffisante pour répondre aux grands enjeux auxquels devront faire face les étudiants d'aujourd'hui et de demain ?

Voir le site de la campagne Campus Responsables

Sylvie Touboul
Mis en ligne le : 23/08/2006
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