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En 2000, le Conseil régional d'Ile de France a réalisé une étude pour évaluer les besoins en matière d'Education à l'environnement, dans le cadre de l'éducation populaire (hors cadre scolaire). L'étude concluait qu'il s'agissait d'un secteur émergent dans lequel on pouvait dénombrer pour l'Ile de France une centaine de postes nécessaires. Le Conseil régional souhaitait alors mettre en place des emplois-jeunes. Pour répondre à cette demande de formation, un réseau associatif a vu le jour, VivaCités Ile de France, qui réunit des bénévoles et des professionnels (structures culturelles, sociales, environnementales, éducateurs, enseignants, animateurs, architectes, urbanistes...). VivaCités souhaite privilégier une démarche pluridisciplinaire, mêlant " acteurs du culturel, du social, de l'économique et de l'environnemental dans l'approche éducative de la ville." Dans cet esprit, pour la deuxième année, VivaCités, propose une formation d'Education à l'Environnement et au Développement durable, qui permet, en 28 jours (sur 4 mois), d'acquérir une culture générale et critique de l'environnement naturel et urbain (définition, approches et acteurs), et de se doter d'outils pédagogiques pour construire des projets d'animation et d'éducation. Un stage de 45 jours vient ensuite valider cette formation.
Un enjeu de placement important
En 2004, VivaCités a formé, grâce au financement du Conseil régional, une quinzaine de personnes (en emplois jeunes), qui travaillent pour la plupart en collectivités ou en structures environnementales et associatives : Point info énergie, Scouts de France, Maison de l'environnement, Mairie de Paris (ambassadrice du tri) ou encore Parc régional. Une autre personne a été embauchée pendant un an sur le Festival de l'OH, organisé par le Val de Marne, qui a même créé à cette occasion 10 emplois pendant neuf mois pour sensibiliser le public scolaire aux enjeux de l'eau. Ces emplois n'ont pas été renouvelés à ce jour... En 2005, VivaCités a réalisé un souhait qui lui tenait à cœur depuis plusieurs années : former des personnes au chômage, en les aidant à " s'insérer professionnellement dans le domaine de l'éducation à l'environnement grâce à un accompagnement individualisé ". C'est grâce à l'aide du Fonds social européen (23 000 euros) que le projet a pu aboutir. La formation est gratuite pour les demandeurs d'emplois. Au-delà de la recherche du financement, VivaCités fait un autre pari: " Nous avons toujours une crainte quant aux débouchés, reconnaît Patrick Neveu, formateur à VivaCités, le besoin n'est pas toujours en relation avec l'offre d'emploi dans ce domaine. De plus, le renouvellement de l'expérience est liée au fait que cette formation soit suivie d'une embauche ou d'une création d'emploi pour les stagiaires. Mais l'enjeu est ici de placer 8 personnes sur un bassin de 10 millions d'habitants, nous sommes assez optimistes."
Environnement pas très porteur ?
VivaCités espère aussi que la Stratégie nationale du développement durable serve de moteur, puisqu'elle prévoit que les décideurs publics, à tous niveaux, doivent veiller à l'éducation de leurs équipes à l'environnement et au développement durable. En matière d'éducation populaire, il n'existe pas de politique formelle (à la différence de l'Education nationale), et les initiatives sont dispersées et inégalement réparties selon les régions, comme en témoigne Sylvie Chauchoy, conseillère d'éducation populaire et jeunesse (CEPJ) à la DRDJS (Direction régionale de la Direction de la Jeunesse et des Sports) Ile de France : "Il faut un marché économiquement viable pour développer des activités, et l'éducation populaire est difficilement " rentable ", donc les collectivités vont hésiter à mettre de l'argent dans ces projets, et donc à créer des emplois. La création d'un poste d'animateur environnement est souvent rare, alors qu'on disposera de plusieurs animateurs sportifs ou culturels. L'environnement n'est pas très porteur. "
Mais alors pourquoi développer une formation d'éducation à l'environnement, parent pauvre, vraisemblablement, des emplois liés à l'environnement ? "Une formation comme celle proposée par VivaCités a toute sa raison d'être, explique Sylvie Chauchoy, car il faut justement des formations qualifiantes et sérieuses pour pouvoir pérenniser son emploi une fois qu'il est créé, et pour convaincre de sa nécessité et démultiplier les acteurs de l'éducation à l'environnement. " Les huit stagiaires de Vivacités, qui ont pour la plupart déjà travaillé (tourisme, management environnemental...) et disposent pour certains d'un très bon niveau de qualification (DESS, Master, médecine...) ont donc une mission importante à accomplir et leur motivation est importante. Ils trouvent du sens dans ce projet d'éducation à l'environnement, qu'ils souhaitent créer leur poste dans l'association où ils oeuvrent déjà ou mener une activité de conseil, voire des projets de sensibilisation dans des structures existantes... Du côté du Conseil régional Ile de France, il semblerait qu'une nouvelle impulsion vienne des emplois tremplins (1 000 en 2005), venus prendre la relève des emplois jeunes pour aider les associations à créer des emplois. Une nouvelle étude sur l'éducation à l'environnement est en cours... pour évaluer de nouveau les besoins.
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