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Le 24 janvier 2006, au collège Robert Doisneau à Montrouge (92), le photographe Yann Arthus-Bertrand a présenté l'exposition de photos pédagogiques " Le Développement durable, Pourquoi ? " destinée aux 50 000 écoles, collèges et lycées de France. Les deux ministres partenaires de l'opération étaient présents, Gilles de Robien pour l'éducation et Nelly Olin pour l'Ecologie et Développement durable. Cette exposition aborde les grands enjeux environnementaux et sociaux à travers 21 photos, extraites de l'ouvrage "La Terre vue du ciel". L'objectif est de rendre chaque élève plus conscient de sa propre responsabilité sur le monde qui l'entoure. Chaque photo donne des exemples du respect que l'homme doit avoir de la nature (Respecter l'autre, Vivre de son travail, Préserver l'eau, Réduire nos déchets, etc.) Elle est enrichie d'un court commentaire que viennent relayer des fiches pédagogiques, téléchargeables, rédigées par l'inspection générale et la direction de l'enseignement scolaire. Le but est d'inciter les enseignants dont les établissements souhaiteront disposer de ce matériel, à organiser un événement de sensibilisation au développement durable. " Le développement durable doit faire partie du socle commun de connaissance, a affirmé Gilles de Robien, qui est le bagage devant être détenu par tout jeune de 16 ans. Il s'agit avant tout d'une éducation à la citoyenneté ". Une circulaire quasi inefficace A travers ce dispositif ludique et prestigieux, l'Education nationale espère encourager l'Education à l'Environnement pour un Développement Durable (EEDD). En principe, tous les élèves doivent en bénéficier depuis la rentrée 2004-2005, comme le prévoit une circulaire du 8 juillet 2004. Si les moyens pédagogiques nécéssaires se multiplient (Le site officiel Eduscol vient, par exemple, de mettre à jour une série de conseils, fiches explicatives et compilation d'initiatives), la circulaire ne semble pas avoir entrainé la formalisation d'un cadre pour l'EEDD. Les projets et les enseignements relèvent de la sensibilité et du choix d'un professeur ou d'un établissement. Principale raison : la diffusion de la circulaire semble avoir été " défaillante (...) et n'avoir fait l'objet ni d'annonce de rentrée, ni, a fortiori, de projet pédagogique spécifique " comme le révèle l'enquête réalisée par l'Institut National de Recherche Pédagogique (INRP) au cours du premier trimestre 2004-2005. Ses deux auteurs, Régine Boyer et Muriel Pommier, ont voulu connaitre " les dispositions des enseignants à l'égard de l'EEDD, les représentations qu'ils en construisent et les formes de mise en œuvre qu'ils imaginent ". Une cinquantaine de professeurs de quatre disciplines (Sciences de la Vie et de la Terre, Sciences Physiques, Histoire-Géographie et Sciences Économiques et Sociales) ont été interrogés. Quels savoirs transmettre ? S'ils ne sont pas bien informés de la généralisation de l'EEDD, les professeurs sont curieux et réceptifs au sujet. Ils en ont une vision très complexe et témoignent de la difficulté, selon eux, d'inculquer des comportements et des valeurs. Il ne s'agit plus seulement de transmettre des savoirs et des outils pour comprendre le monde, l'EEDD relève de l'éducation à la citoyenneté. " Rendre les élèves respectueux de l'environnement, d'autrui et d'eux-mêmes passe par l'acquisition de gestes simples qui peuvent être appris dans le cadre scolaire, rapportent les deux chercheuses. Néanmoins, des enseignants expriment leurs doutes à l'égard du contenu idéologique de la transmission de valeurs à l'École. " Certains s'inquiètent de la limitation de leur propre savoir (la demande de formation revient souvent) mais aussi de devoir transmettre des connaissances non stabilisées. Enfin, les enseignants pressentent la nécessité de recourir à de nouvelles formes pédagogiques, voire d'animation, pour aborder l'EEDD de manière pluridisciplinaire et former l'esprit critique de leurs élèves. Ils demandent, par ailleurs, l'inscription claire de l'EEDD dans des programmes harmonisés avec des horaires dédiés. Actuellement, l'Education nationale préconise que l'EEDD fasse l'objet de projets menés aux marges des cours dans le cadre de dispositifs tels que les IDD (Itinéraires de découverte) ou les TPE (Travaux personnels encadrés). " L'Education nationale encourage ces pratiques, remarque Régine Boyer, mais d'une part les IDD ne sont pas dans tous les collèges et lycées, d'autre part, les TPE ont été supprimés, en 2005, pour les classes de terminale. Pour que les enseignants lui consacrent du temps, il faut donc que l'EEDD soit dans les programmes et fasse l'objet d'une épreuve au bac ". L'enquête conclue que pour les enseignants, parler de développement durable pose la question d'une transformation de la société et évoquer son enseignement renvoie à la transformation de leur rôle et des missions de l'École.
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