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Concept riche mais aux contours mal définis, le développement durable souffre d’un manque de clarté notamment auprès du grand public. Afin de pallier cette carence, le WWF-France a présenté, le 21 septembre, une initiative originale : créer en France le premier pôle de développement durable (le nom officiel n’est pas encore dévoilé). « L’idée consiste à incarner la mission du WWF à travers un site pédagogique dédié au développement durable », explique Cédric Du Monceau, directeur général de la célèbre ONG. Concrètement, l’organisation de défense de la nature, qui souhaite également déplacer ses locaux, s’est fixée quatre objectifs : mettre en valeur le milieu naturel du site tout en protégeant sa biodiversité ; bâtir un projet architectural et technique suivant une démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) ; constituer un pôle économique autour d’activités respectueuses de l’environnement et mener un projet pédagogique fédérateur. Réhabiliter le domaine Le domaine de Longchamp, à Paris, sera ce site d’accueil. En effet, la Mairie de Paris, propriétaire du lieu, a préféré privilégier ce projet plutôt que laisser s’y installer un énième restaurant, hôtel ou centre sportif. « Ce sera aussi, pour l’Ouest de Paris, une formidable opportunité de création d’une vitrine tournée vers le commerce équitable, les artisans et les PME respectant les règles de construction de Haute qualité environnementale, ainsi que les agriculteurs et les commerçants promouvant l’agriculture biologique et les produits qui en découlent », notait Lyne Cohen-Solal, adjointe au maire lors du conseil municipal du 10 mai dernier qui attribuait la concession du site au WWF-France. Pour l’heure, de la coupe aux lèvres, il y a encore un budget de six millions d’euros à boucler. Car, inoccupés depuis 1999 et dévastés par la tempête de la même année, les trois hectares de l’espace domanial nécessitent d’importants travaux de réhabilitation. C’est pourquoi toutes les (bonnes) volontés sont les bienvenues. D’ores et déjà, un appui de poids a pris part au projet, en la personne de Yann Arthus-Bertrand qui occupera un pavillon sur le site et se concentrera sur les aspects pédagogiques du pôle. Célèbre pour ses clichés du monde, le photographe est avant tout un citoyen déterminé à faire prendre « conscience que chacun est responsable jusque dans ses gestes quotidiens. » Et de s’enflammer, « la France est tout de même le dernier pays d’Europe en termes de développement des énergies renouvelables et de commerce équitable ! » Appel à projets Le lancement officiel des travaux ce mois de septembre 2004 offre au WWF et à Yann Arthus-Bertrand l’occasion de déclencher une campagne médiatique autour du projet afin de faire converger de multiples initiatives. Les protecteurs de la nature comptent sur les soutiens de tous les acteurs : « Privés, institutionnels… tout le monde peut participer à la condition d’y croire vraiment », souligne Yann Arthus-Bertrand. Un appel du pied est clairement fait en direction des Conseils régional et départemental, de la Mairie, du Ministère de l’Environnement ou encore du rectorat de la ville de Paris. Concernant les apports éventuels des entreprises, « évidement, nous pouvons refuser certaines demandes, il en va de notre crédibilité, précise Cédric Du Monceau. L’image est capitale. Mais nous comptons avant tout sur les individus qui composent les entreprises », poursuit-il. Des soutiens bienvenus puisque les organisateurs visent la gratuité de la majeure partie des animations. « Nous ciblons avant tout un public jeune, celui des enfants des écoles primaires, voire des collèges », indique Cédric Du Monceau. En attendant le financement, les idées fusent : un cinéma, un restaurant bio, des expositions permanentes, une éolienne de 30 mètres pour alimenter le site en énergie… avec pour dénominateur commun, découvrir et goûter l’authenticité. « Nous ne cherchons pas à concurrencer la Villette, conclut Yann Arthus-Bertrand, il s’agit d’une fondation avec peu de moyens mais beaucoup de passion. » L’ouverture au public est programmée pour le début d’année 2006.
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