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Depuis une dizaine d’années, le désert attire. Naturellement, les principaux tours opérateurs ont accordé dans leurs catalogues une place importante à cette destination. De la visite du désert express, en une journée, aux randonnées pédestres d’une semaine, le touriste occidental dispose désormais d’une offre complète adaptée à ses goûts et à son budget. Généralement bien pensées, ces offres standardisées tendent toutefois souvent à perdre en authenticité. Depuis 1994, l’association Croq’Nature propose des produits touristiques alliant la découverte du désert à la rencontre avec ses habitants. Promoteur d’un tourisme équitable, cet organisme construit son offre avec l’aide et le support des communautés d’accueil. L’assurance d’une distribution juste et optimale des revenus touristiques renforce considérablement la cohésion communautaire autours de ces projets et sensibilise la population sur leurs enjeux. Cette approche éthique permet notamment à Croq’Nature de préserver l’authenticité de ses séjours tout en professionnalisant les prestations de ses partenaires. Novethic a pu mesurer les effets positifs de cette approche dans le sud marocain. Un impact économique substantiel Le point de départ de l’aventure équitable de Croq’Nature se situe dans la ville sud marocaine de Zagora. En 1993, la rencontre entre Jean-Luc Gantheil - directeur et fondateur de l’association Croq’Nature - et la famille Azizi a profondément modifié le destin de cette famille de nomades sédentarisés. A l’époque, la famille Azizi était particulièrement démunie et faisait vivre difficilement ses 17 membres. Grâce au tourisme équitable, cette famille est aujourd’hui à la tête d’une véritable PME du désert qui fait travailler 25 personnes à l’année et jusqu’à 80 personnes en saison. « Nous devons notre développement au tourisme équitable» rapporte Naji Azizi, le gestionnaire de la famille. « Pour nous, il s’agit essentiellement de permettre à nos visiteurs de découvrir dans les meilleures conditions possibles le désert et la culture du nomadisme. La solidarité et la redistribution des richesses faisait déjà partie de nos valeurs, » ajoute-t-il. Cette solidarité familiale et nomade demeure au cœur des décisions de la famille. L’abandon des randonnées de 15 jours au profit d’excursions plus courtes tient autant à la difficulté de vendre ce type de produit qu’à la possibilité de permettre une rotation des équipes. « En réorganisant notre offre, nous avons non seulement rationalisé notre gestion du personnel mais également permis aux personnes travaillant avec nous d’obtenir des revenus plus réguliers ainsi qu’une meilleure répartition dans la communauté, » analyse Brahim Bouchentouf, le responsable du bivouac d’Ouled Driss. « En rémunérant correctement tous le monde, nous assurons à nos clients un voyage fraternel dans le désert tout en contribuant à la protection du nomadisme, » précise-t-il. Des touristes enthousiastes A la vue de la mine réjouie des personnes revenant d’excursions, il semble que le pari est gagné. « Cela faisait longtemps que nous souhaitions visiter un pays autrement. Cette découverte fraternelle du désert fut un enchantement, » s’enthousiasme Jean après 5 jours de randonnées. « Notre voyage fut avant tout une rencontre avec des personnes. Le fait que cela représente un bénéfice réel y ajoute réellement du sens, » renchérit-il. A écouter ces touristes, il semble que leur séjour étaient à la hauteur de leurs espérances. Des conditions de marche adaptées aux bivouacs traditionnels, les personnes que nous avons rencontré ne tarissaient pas d’éloge pour leurs conditions de séjour. « On a toujours très bien mangé. On ne sais pas d’où ça sort mais c’est toujours frais, » s’étonne même Monique en bonne Française. « A part quelques petits détails, tout était parfait, » analyse Michel, un médecin de Cholet. « Plus nature, on ne fait pas. C’est justement ce que nous cherchions, » ajoute-t-il. Pour certaines personnes, cette découverte du désert donne en outre un aperçu des bienfaits du commerce équitable « Au fur et à mesure de notre randonnées, on se rend réellement compte du dénuement extrême de certaines familles vivant le long de la route de la caravane. Alors qu’en France, et bien que cliente, je suis parfois sceptique sur le commerce équitable, j’ai pu constater que cette forme de tourisme bénéficie réellement aux populations locales, » rapporte Annick. Ces témoignages rendent hommage au travail réalisé par Croq’Nature et la famille Azizi. Ils ont sans conteste réussi à élaborer un tourisme différent en alliant professionnalisme et solidarité.
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